Déchets radioactifs et démantèlement

Le stockage en couche géologique profonde : historique et travaux de recherche au laboratoire souterrain

Puits d'accès au laboratoire de Bure, ou laboratoire de recherche souterrain de Meuse/Haute-Marne (LSMHM) © ANDRA

Dans la décennie qui a suivi la mise en exploitation des premières centrales nucléaires d’EDF en France, plusieurs possibilités étaient envisagées pour la gestion des déchets radioactifs produits par l’industrie électronucléaire et par la recherche. Des études préliminaires ont eu lieu à partir de 1987 dans quatre sites de nature géologique différente : le granite (dans les Deux-Sèvres), le schiste (dans le Maine-et-Loire), le sel (dans l’Ain) et l’argile (dans l’Aisne).

Au terme des 15 années de recherches sur la gestion des déchets de haute et moyenne activité à vie longue dont les conclusions ont été rendues en 2005 et examinées par l’ASN en 2006, la loi du 28 juin 2006 de programme relative à la gestion durable des matières et déchets radioactifs a fixé une feuille de route pour la gestion des déchets radioactifs. Elle précise notamment que « les déchets radioactifs ultimes ne pouvant pour des raisons de sûreté nucléaire ou de radioprotection être stockés en surface ou en faible profondeur font l'objet d'un stockage en couche géologique profonde ».

Le principe du stockage en couche géologique profonde

Le stockage de déchets radioactifs en couche géologique profonde consiste à mettre en place, sans intention de les reprendre, des colis de déchets radioactifs dans une installation souterraine implantée dans une couche géologique dont les caractéristiques permettent de confiner les substances radioactives contenues dans ces déchets. Une telle installation de stockage — contrairement aux installations d'entreposage — doit être conçue de telle sorte que la sûreté à long terme soit assurée de manière passive, c'est-à-dire sans dépendre d'actions humaines (comme par exemple des activités de surveillance ou de maintenance) qui nécessitent un contrôle institutionnel dont la pérennité ne peut être garantie au-delà d'une période de temps limitée.

Enfin, la profondeur des ouvrages de stockage doit être telle qu'ils ne puissent être affectés de façon significative par les phénomènes naturels externes attendus (érosion, changements climatiques, séismes...) ou par des activités humaines « banales ».

Stockage / entreposage : quelle différence ?

Les concepts d’entreposage et de stockage sont définis à l’article L.542-1-1 du code de l’environnement :

  • « L'entreposage de matières ou de déchets radioactifs est l'opération consistant à placer ces substances à titre temporaire dans une installation spécialement aménagée en surface ou en faible profondeur à cet effet, avec intention de les retirer ultérieurement. »
  • « Le stockage de déchets radioactifs est l'opération consistant à placer ces substances dans une installation spécialement aménagée pour les conserver de façon potentiellement définitive dans le respect des principes énoncés à l'article L. 542-1, sans intention de les retirer ultérieurement.
    Le stockage en couche géologique profonde de déchets radioactifs est le stockage de ces déchets radioactifs dans une installation souterraine spécialement aménagée à cet effet, dans le respect du principe de réversibilité. »

Trois ans après le vote de la loi du 30 décembre 1991, l’ANDRA explore deux formations géologiques sur quatre sites : l'argile (dans le Gard, la Haute-Marne et la Meuse) et le granite (dans la Vienne). Les deux sites en projet dans la Meuse et la Haute-Marne sont réunis en un seul, situé à Bure (Meuse).

Les études menées dans le laboratoire du site géologique de Bure ont confirmé que la zone présente des caractéristiques favorables à un stockage en profondeur. Une couche d'argile de plus de 130 mètres d'épaisseur, à 500 mètres de profondeur, atteste de qualités réputées suffisantes (stabilité depuis 100 millions d'années au moins, circulation particulièrement lente de l'eau souterraine, capacité de rétention élevée des éléments).

Au terme de 15 ans de recherche, le stockage des déchets HA-MAVL en couche géologique profonde est apparu comme une solution de gestion définitive paraissant incontournable, comme le soulignait l'ASN dans son avis du 1er février 2006. Cela ne préjuge pas de la position que l'ASN prendra, au regard des exigences de sûreté, dans le cadre de l'instruction d'une demande d'autorisation de création.

Le Laboratoire souterrain de Bure

Zone d’intérêt pour la reconnaissance approfondie (ZIRA) © ANDRA

L’ASN a indiqué en 2006 que « des résultats majeurs relatifs à la faisabilité et à la sûreté d’un stockage ont été acquis sur le site de Bure […] L’ASN juge qu’il apparaît désormais raisonnable, si le Parlement décide du principe du stockage géologique des déchets de haute activité et à vie longue, de rechercher un périmètre propice pour leur stockage dans la zone de transposition définie par l’ANDRA au nord et à l’ouest du laboratoire de Bure. En effet, les résultats obtenus indiquent la forte probabilité de pouvoir démontrer la sûreté d’une installation de stockage sur la zone de transposition précitée ».

L’ASN s’est d’abord prononcée sur la zone de transposition (environ 250 km2) définie par l’ANDRA en 2005, puis sur la « zone d’intérêt pour la reconnaissance approfondie » (ZIRA) d’environ 30 km2, proposée par l’ANDRA en 2009, dans laquelle des travaux de reconnaissance plus poussés ont été menés. L’ASN estime dans son avis du 5 janvier 2010 que la localisation proposée par l’ANDRA pour cette zone (« ZIRA ») est satisfaisante.

Pour en savoir plus :

Date de la dernière mise à jour : 20/05/2019