Radon et qualité radiologique des eaux potables: l’ASN a participé à deux réunions d’information en Haute Vienne

Publié le 15/07/2010 à 15:59

Note d'information

L’ASN a participé à deux réunions d’information les 25 et 28 juin 2010. Ces réunions ont été organisées à l’initiative des maires de plusieurs communes de Haute-Vienne, après la diffusion sur France 3 de l’émission Pièces à conviction consacrée à la qualité de l’eau et plus particulièrement au reportage « radon au robinet » diffusé le 19 mai 2010.

La première réunion organisée le 25 juin, à Bessines sur Gartempe (87) par la Société d'Aménagement Urbain et Rural (SAUR) visait à donner aux élus locaux des éléments d'information sur la présence de radon[1] dans l'eau de consommation.

La seconde réunion était une réunion publique organisée par les élus locaux le 28 juin 2010. Environ 150 personnes étaient présentes parmi lesquelles des habitants des communes concernées ainsi que des représentants d’associations locales.

Cette réunion publique a été l’occasion pour l’ASN et l’IRSN de faire un point sur l'état des connaissances en matière de risque lié au radon ainsi que sur la réglementation relative au radon et à la qualité radiologique des eaux potables.

L’Agence régionale de santé (ARS) a, pour sa part, présenté les résultats du contrôle sanitaire dans le département de Haute-Vienne.

 A cette occasion, l’ASN a rappelé que :

  • le risque associé à l’exposition domestique au radon est en premier lieu celui du cancer du poumon (par inhalation) et ce, quelle que soit la voie d’entrée du radon dans les locaux : via le bâti ou via le dégazage[2] de l’eau du robinet ;
  • en revanche, des incertitudes persistent au niveau scientifique sur le risque lié à l’ingestion de radon ; les estimations disponibles conduisent cependant à penser qu’il s’agit d’un risque faible dans la mesure où les doses estimées[3] restent inférieures à la dose annuelle moyenne reçue par la population du fait des autres sources de rayonnements ionisants d’origine naturelle ;

 

Les sources d’exposition aux rayonnements ionisants de la population française (moyennes annuelles). in Rapport de l’ASN sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2009.

 

  • le contrôle de la qualité radiologique des eaux de consommation, mis en place à partir de 2005, est conforme aux normes internationales : directive européenne 98/83/CE relative à la qualité des eaux destinées à la consommation humaine et recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ;
  • le 1er bilan national 2005-2007 sur la qualité radiologique des eaux de consommation, publié en 2009 par l'ASN, en collaboration avec la direction générale de la santé et l’IRSN, est très satisfaisant. Ce bilan montre que, sur plus de 50 000 analyses réalisées au captage ou sur les eaux mises en distribution, les références réglementaires de qualité radiologique ont été respectées. Pour 2007, la qualité radiologique de l'eau distribuée au robinet des consommateurs a été évaluée pour près de 87% de la population française. Il en ressort que la dose d'exposition aux rayonnements ionisants attribuable à l'ingestion d'eau pendant une année est restée inférieure dans 99,9% des cas à la valeur de référence de qualité fixée par la réglementation.

 

Bien que la question du radon dans l’eau ne présente pas d’enjeu sanitaire immédiat, le contrôle sanitaire réalisé par le ministère de la santé, pourrait être prochainement complété par la mesure directe du radon dans l’eau distribuée et l'introduction de niveaux d'actions spécifiques (entre 100 et 1000 Bq/L) recommandés par la Commission européenne et l'OMS. Des études préalables sont néanmoins nécessaires pour parvenir à une réglementation ciblée[4] qui tiendrait compte de la nature géologique du sous-sol et de la configuration des réseaux de distribution.

En savoir plus :

  • Lire le communiqué relatif à la mesure de la radioactivité des eaux distribuées par les réseaux publics (10 juin 2009)

[1] Le radon, gaz radioactif de la chaîne de désintégration de l’uranium 238, est présent naturellement dans la croûte terrestre. Certains types de roches, notamment le granit, en contiennent davantage. Une partie du radon ainsi produit peut être transférée vers l’atmosphère, via la porosité des roches et du sol. Il peut également être dissous dans l’eau qui stagne ou circule dans les roches. Ces deux modes de propagation lui permettent, malgré sa période radioactive relativement courte de 3,82 jours (pour le radon 222 ; période au bout de laquelle la radioactivité initiale du radon est diminuée de moitié) d’entrer en contact avec la surface et ainsi entraîner une exposition de l’homme (source : IRSN).

[2] On parle de dégazage lors du passage du radon dissous dans l’eau à un état gazeux, ce changement d’état résultant de la différence de pression entre l’eau dans les tuyaux et la pression atmosphérique. Le gaz émis vient s’ajouter au radon ambiant émis par les terrains sur lesquels la maison est construite.

[3] Les calculs de dose par ingestion, selon les modèles internationaux, conduisent à des estimations comprises entre 0,2 mSv/an et 1,8 mSv, pour une activité de 1000 Bq/l en radon et une consommation de 2 litres par jour. Source : Recommandation (2001/928/Euratom) de la commission européenne du 20 décembre concernant la protection de la population contre l’exposition au radon dans l’eau potable.

[4] Cette réglementation ciblée viserait à rendre la mesure du radon au robinet obligatoire dans certaines zones géographiques (zones prioritaires radon) et dans le cas de réseaux courts où le dégazage naturel (du fait des réservoirs) est moins important, entre le captage et le robinet du consommateur.

Date de la dernière mise à jour : 18/09/2017