Incident de transport de matières radioactives entre la Suède et les Etats-Unis : les examens médicaux pratiqués sur des agents FedEx font apparaître que la dose reçue serait de l'ordre de 15 millisieverts et que le colis était

Publié le 02/05/2002 à 00:00

Communiqué de presse

Le 7 janvier 2002, l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) avait été informée, par les Autorités de sûreté suédoise et américaine, d'un incident lors d'un transport de matière radioactive entre la Suède et les USA, via l'aéroport de Roissy, impliquant un colis dont le débit de dose était anormalement élevé.

Début février, le colis a été ouvert dans les locaux de la société américaine SPEC, destinataire du colis, en présence de représentants des autorités compétentes américaines et suédoises, ainsi que de l'expéditeur suédois Studsvik Nuclear AB afin de déterminer les causes de ce débit de dose anormalement élevé.

Il apparaît que les bouchons de deux des trois tubes contenant les pastilles de matière radioactive étaient dévissés, et que des pastilles s'étaient répandues à l'intérieur du pot réalisant la protection biologique.

Ce colis, expédié le 27 décembre 2001, contenait 366 TBq d'iridium-192 sous forme solide destiné à la fabrication de sources pour la radiographie industrielle. Le transport aérien avait été réalisé en avion cargo par la société FedEx, depuis Stockholm jusqu'à La Nouvelle Orléans, via les aéroports de Roissy et de Memphis.

A la livraison du colis à La Nouvelle Orléans le 2 janvier 2002, le destinataire avait détecté un débit de dose anormalement élevé : 4 millisieverts par heure à 25 mètres, alors que la réglementation n'autorise que 2 millisieverts par heure au contact du colis. Le conducteur de la société SPEC aurait reçu une dose de 3,4 millisieverts (1) lors du transport routier entre l'aéroport américain et le site.

L'ASN a procédé le 9 janvier à une inspection de la société FedEx sur l'aéroport de Roissy en collaboration avec l'OPRI et la Direction générale de l'aviation civile (DGAC). Depuis lors les examens médicaux pratiqués sur deux agents de FedEx font apparaître que la dose reçue serait de l'ordre de 15 millisieverts et que le colis était déjà défaillant lors de son passage à l'aéroport de Roissy. L'Autorité de sûreté nucléaire a donc demandé à FedEx de faire procéder à des examens médicaux complémentaires sur d'autres membres de son personnel.

Les Autorités suédoise et américaine ont été informées de ces nouveaux éléments.

L'Autorité compétente suédoise avait déjà classé cet incident au niveau 3 de l'échelle INES, du fait de la défaillance de la protection contre les rayonnements.

(1) Cette dose doit être comparée à la dose maximale admise pour une personne du public, soit 1 millisievert par an, et à la dose maximale admise pour un travailleur de l'industrie nucléaire, soit 20 millisieverts par an.

Date de la dernière mise à jour : 18/09/2017