Site Orano de La Hague

Vue générale du site AREVA N.C. de La Hague

La localisation de l'établissement

L'établissement Orano de La Hague est implanté sur la pointe nord-ouest de la presqu'île du Cotentin, dans le département de la Manche (50), à 20 km à l'ouest de Cherbourg et à 6 km du cap de La Hague. Le site se trouve à une quinzaine de kilomètres des îles anglo - normandes.

L'exploitation de l'établissement

Les installations de retraitement des combustibles nucléaires, dont les premières ont été mises en service en 1966, sont autorisées à retraiter annuellement près de 1700 tonnes de combustibles nucléaires usés issus de centrales nucléaires françaises et étrangères.

L'établissement de La Hague, destiné au retraitement des combustibles irradiés dans les réacteurs de puissance (UNGG puis REP), est exploité par Orano.

Les traitements effectués

Les combustibles usés sont traités au moyen d'un procédé permettant d'atteindre un taux de récupération de 99,9 % de l'uranium et du plutonium.

Le traitement des combustibles usés consiste à séparer les matières fissiles présentes dans le combustible usé, l'uranium et le plutonium, des autres produits présents, produits de fission ou d'activation. L'uranium et le plutonium peuvent en effet être réutilisés dans les centrales nucléaires sous forme de combustibles MOX tandis que les autres produits ne peuvent pas être réutilisés.

Cette séparation effectuée, les matières fissiles sont conditionnées puis entreposées sur le site avant d'être rendues à leur propriétaire qui pourra ainsi les réutiliser.

Quant aux autres produits, ils sont conditionnés en colis de déchets. Les déchets faiblement radioactifs sont expédiés vers le centre de stockage de l'Aube tandis que les produits plus actifs sont entreposés sur le site dans l'attente d'une solution définitive de gestion des déchets français de haute activité ou dans l'attente de leur retour vers les clients étrangers auxquels ils appartiennent.

En savoir plus sur les opérations réalisées dans les usines, les installations du site, les ateliers des usines de La Hague, le cadre réglementaire, les rejets, effluents et déchets.

Appréciations 2017

L’ASN considère que le bilan des usines exploitées par Areva NC sur le site de La Hague est assez satisfaisant pour ce qui concerne la sûreté nucléaire, la maîtrise de l’exposition des personnels aux rayonnements ionisants et le respect des limites de rejets dans l’environnement.

L’ASN a noté des faiblesses de la documentation opérationnelle et des pratiques lors d’exercices de mise en situation menés en 2017 qui avaient pour objectif d’évaluer l’organisation de ­l’exploitant en situations dégradées. Areva NC doit améliorer la robustesse de la gestion opérationnelle de situations accidentelles, notamment en vérifiant la complétude de ses procédures de gestion et la préparation des équipes d’exploitation. L’ ASN a autorisé en octobre 2017 les modifications du plan d’urgence interne (PUI), relatives notamment aux modalités et critères de déclenchement du PUI, à l’organisation locale de crise, aux fiches réflexes, aux exercices et formations des équipes de crise et à l’actualisation des scénarios d’accident.

L’ASN a relevé des insuffisances en matière de maîtrise et de surveillance d’appareils de manutention, révélatrices d’une dégradation de la rigueur dans l’application des consignes. Ces dysfonctionnements ont donné lieu à 2 événements significatifs pour la sûreté associés à des chutes de charge.

Des contrôles du système d’autorisation interne ont mis en évidence des défaillances dans la prise en compte de recommandations formulées par les experts de l’exploitant lors des analyses de sûreté des dossiers d’autorisation de modification. L’ASN a également constaté des faiblesses en matière de recours à ­l’expertise facteurs organisationnels et humains du site pour l’analyse, la mise en œuvre ou le suivi de projets de réorganisation du site. En 2017, l’ASN a procédé à plusieurs actions de contrôle ciblées, pour certaines inopinées, afin de vérifier la conformité de l’organisation avec la modification autorisée le 12 octobre 2016. Ces contrôles par sondage n’ont pas révélé de dégradation du niveau de sûreté de l’organisation.

L’ analyse de 3 événements significatifs pour la sûreté révélateurs de dysfonctionnements du système de management intégré d’Areva NC a mis en évidence la nécessité de renforcer les organisations en place en matière de capacité d’analyse des enjeux de sûreté liés à des situations d’exploitation dégradées, de surveillance des intervenants extérieurs et, plus généralement, d’attitude interrogative vis-à-vis des conditions de réalisation d’opérations d’exploitation ou de démantèlement.

En matière de radioprotection, l’organisation d’Areva NC est globalement satisfaisante. Toutefois, l’exploitant doit maintenir une attention particulière aux conditions d’accès en zone rouge.

Au cours de l’année 2017, Areva NC a poursuivi les opérations de démantèlement de l’usine UP2-400 autorisées par les décrets publiés en novembre 2013 pour les INB 33, 38 et 47 et en juillet 2009 pour l’INB 80. Areva NC a terminé la reprise de la matière fissile dans le local 107 de l’atelier MAPu et des déchets dans le dissolveur 222-51 de l’atelier HADE. Areva NC a mis en œuvre un plan d’action pour reprendre les matières résiduelles dans les cellules des décanteurs de l’atelier STE2 (INB 38) et lancé des analyses complémentaires sur le génie civil de l’atelier ÉLAN IIB (INB 47) afin de conforter le scénario de démantèlement de l’installation. Enfin, Areva NC a engagé un plan d’action visant à redéfinir le scénario global de démantèlement de l’atelier HAO Sud (INB 80). L’ASN retient que les projets de démantèlement des INB 33, 38, 47 et 80 ont un avancement contrasté et que certains présentent des risques de non-respect d’échéance réglementaire des décrets de démantèlement. Areva NC doit faire progresser la culture de sûreté des intervenants extérieurs et des personnels d’Areva NC chargés de la maîtrise des opérations de démantèlement, améliorer les modalités de surveillance des intervenants extérieurs et mener une évaluation de ses actions de surveillance. Par ailleurs, l’ASN a poursuivi l’instruction des demandes de démantèlement complet des INB 33 et 38 déposées par Areva NC en juillet 2015 ainsi que des réexamens de sûreté des INB 33, 38 et 47.

Pour la reprise et le conditionnement des déchets anciens, enjeu majeur de sûreté, l’ASN note qu’Areva NC a poursuivi la production de colis CSD-U pour conditionner les produits de fission issus des combustibles UNGG (uranium naturel-­graphite-gaz), sans toutefois atteindre l’objectif de production pour 2017. L’ASN a constaté en juillet 2016, lors d’une inspection, qu’Areva NC n’avait pas commencé la reprise effective des déchets entreposés dans le silo 130. Au vu des justifications apportées par Areva NC sur les difficultés techniques rencontrées et considérant que l’échéance finale du 31 décembre 2023 de fin des opérations de reprise de l’ensemble des déchets n’était pas remise en cause, l’ASN a porté par décision n° 2017-DC-0612 du 26 octobre 2017 la date de début de reprise au 30 avril 2018. L’ASN relève l’avancement des travaux relatifs au projet de reprise des déchets du silo 130, notamment l’installation des équipements du procédé pour débuter la reprise des déchets solides, ainsi que la fin de la construction de la cellule de reprise et de conditionnement des déchets du silo HAO.

Date de la dernière mise à jour : 13/04/2018