Site Orano de La Hague

L'établissement Orano de La Hague est implanté sur la pointe nord-ouest de la presqu'île du Cotentin, dans le département de la Manche (50), à 20 km à l'ouest de Cherbourg et à 6 km du cap de La Hague. Le site se trouve à une quinzaine de kilomètres des îles anglo - normandes.

Les usines de retraitement Orano Cycle de La Hague en fonctionnement

Vue générale du site Orano Cycle de La Hague

Les usines de La Hague, destinées au traitement des assemblages de combustibles irradiés dans les réacteurs nucléaires, sont exploitées par Orano Cycle La Hague.

La mise en service des différents ateliers des usines UP3-A (INB 116) et UP2‑800 (INB 117) et de la station de traitement des effluents STE3 (INB 118) s’est déroulée de 1986 (réception et entreposage des assemblages combustibles usés) à 2002 (atelier de traitement du plutonium R4), avec la mise en service de la majorité des ateliers de procédé en 1989‑1990.

Les décrets du 10 janvier 2003 fixent la capacité individuelle de traitement de chacune des deux usines à 1 000 tonnes par an, comptées en quantité d’uranium et de plutonium contenus dans les assemblages combustibles avant irradiation (passage en réacteur) et limitent la capacité totale des deux usines à 1 700 tonnes par an. Les limites et conditions de rejet et de prélèvement d’eau du site sont définies par deux décisions de l’ASN n°2015-DC-0535 et n°2015-DC-0536 du 22 décembre 2015.

Les opérations réalisées dans les usines

Les usines de retraitement comprennent plusieurs unités industrielles, chacune destinée à une opération particulière. On distingue ainsi les installations de réception et d’entreposage des assemblages de combustibles usés, de cisaillage et de dissolution de ceux‑ci, de séparation chimique des produits de fission, de l’uranium et du plutonium, de purification de l’uranium et du plutonium et de traitement des effluents, ainsi que de conditionnement des déchets.

À leur arrivée dans les usines, les assemblages de combustibles usés disposés dans leurs emballages de transport sont déchargés soit « sous eau » en piscine, soit à sec en cellule blindée étanche. Les assemblages sont alors entreposés dans des piscines pour refroidissement.

Les assemblages sont ensuite cisaillés et dissous dans l’acide nitrique, afin de séparer les morceaux de gaine métallique du combustible nucléaire usé. Les morceaux de gaine, insolubles dans l’acide nitrique, sont évacués du dissolveur, rincés à l’acide puis à l’eau et transférés vers une unité de compactage et de conditionnement.

La solution d’acide nitrique comprenant les substances radioactives dissoutes est ensuite traitée afin d’en extraire l’uranium et le plutonium et d’y laisser les produits de fission et les autres éléments transuraniens.

Après purification, l’uranium est concentré et entreposé sous forme de nitrate d’uranyle UO2(NO3)2. Il est destiné à être converti, dans l’installation TU5 du site du Tricastin, en un composé solide (U3O8), dit « uranium de retraitement ».

Après purification et concentration, le plutonium est précipité par de l’acide oxalique, séché, calciné en oxyde de plutonium, conditionné en boîtes étanches et entreposé. Le plutonium est ensuite destiné à la fabrication de combustibles MOX dans l’usine Orano Cycle de Marcoule (Mélox).

Les effluents et les déchets produits par le fonctionnement des usines

Les produits de fission et autres éléments transuraniens issus du retraitement sont concentrés, vitrifiés et conditionnés en colis standard de déchets vitrifiés (CSD‑V). Les morceaux de gaines métalliques sont compactés et conditionnés en colis standard de déchets compactés (CSD‑C).

Par ailleurs, les opérations de retraitement décrites au paragraphe précédent mettent en œuvre des procédés chimiques et mécaniques qui, par leur exploitation, produisent des effluents gazeux et liquides ainsi, que des déchets solides.

Les déchets solides sont conditionnés sur le site, soit par compactage, soit par enrobage dans du ciment. Les déchets radioactifs solides issus du traitement des assemblages combustibles usés dans des réacteurs français sont, selon leur composition, envoyés au Centre de stockage de l’Aube ou entreposés sur le site Orano Cycle La Hague dans l’attente d’une solution pour leur stockage définitif (notamment les CSD‑V et CSD‑C).

Conformément à l’article L. 542‑2 du code de l’environnement, les déchets radioactifs issus du traitement des assemblages combustibles usés d’origine étrangère sont réexpédiés à leurs propriétaires. Cependant, il est impossible de séparer physiquement les déchets en fonction des combustibles dont ils proviennent. Afin de garantir une répartition équitable des déchets issus du traitement des combustibles de ses différents clients, l’exploitant a proposé un système comptable permettant le suivi des entrées et des sorties de l’usine de La Hague. Ce système, appelé système Exper, a été approuvé par arrêté du 2 octobre 2008 du ministre chargé de l’énergie.

Les effluents gazeux se dégagent principalement lors du cisaillage des assemblages et pendant l’opération de dissolution. Le traitement de ces effluents gazeux s’effectue par lavage dans une unité de traitement des gaz. Les gaz radioactifs résiduaires, en particulier le krypton et le tritium, sont contrôlés avant d’être rejetés dans l’atmosphère.

Les effluents liquides sont traités et généralement recyclés. Certains radionucléides, tels que l’iode et le tritium, sont dirigés, après contrôle, vers l’émissaire marin de rejet en mer. Cet émissaire, comme les autres émissaires du site, sont soumis à des limites de rejets. Les autres effluents sont dirigés vers des unités de conditionnement du site (matrice solide de verre ou de bitume).

Faits marquants de l’année 2020

Afin de remplacer les évaporateurs concentrateurs de produit de fission de La Hague, qui présentent une corrosion plus avancée que prévue à leur conception, Orano construit de nouveaux ateliers, dénommés Nouvelles concentrations de produits de fission (NCPF) et comprenant six nouveaux évaporateurs. Ce projet, particulièrement complexe, a nécessité plusieurs autorisations et a fait l’objet d’une décision de l’ASN en 2020, portant sur le procédé de trois de ces évaporateurs (NCPF T2). Les autorisations de raccordement de ces nouveaux équipements aux ateliers existants feront l’objet d’autres décisions et autorisations dans les prochains mois.

Certains points qui avaient été insuffisamment étudiés dans le cadre du premier réexamen périodique de l’INB 117 (UP2‑800) ont fait l’objet d’engagements de la part d’Orano, en particulier une étude plus approfondie de la tenue du génie civil de la piscine NPH en cas de séisme, et des risques d’agression de l’INB 117 par l’atelier Haute Activité Oxyde (HAO) de l’usine UP2‑400 en démantèlement. Des études complémentaires et des propositions de renforcements ont été fournies par Orano en 2020.

Orano a demandé en avril 2017 une modification du décret de création de l’usine UP3-A pour pouvoir étendre l’entreposage de CSD‑C. Cette extension a été autorisée par le décret du 27 novembre 2020, sur lequel l’ASN avait rendu un avis favorable le 8 septembre 2020. Elle permet de disposer de marges significatives vis‑à‑vis du risque de saturation des capacités françaises d’entreposage de ce type de déchets.

Les opérations de mise à l’arrêt définitif et démantèlement de certaines installations

L’ancienne usine de traitement des combustibles irradiés UP2‑400 (INB 33) a été mise en service en 1966 et est arrêtée définitivement depuis le 1er janvier 2004.

L’arrêt définitif concerne également trois INB associées à l’usine UP2‑400 : l’INB 38 (qui regroupe la station de traitement des effluents et des déchets solides n° 2 – STE2, et l’atelier de traitement des combustibles nucléaires oxyde n° 1 – AT1), l’INB 47 (atelier de fabrication de sources radioactives – ELAN IIB) et l’INB 80 (atelier HAO).

En 2020, l’ASN a poursuivi l’instruction des demandes d’autorisation de démantèlement partiel des INB 33 et 38 transmises en avril 2018. Les reports demandés par l’exploitant conduisent à des échéances de fin de démantèlement en 2046 et 2043, au lieu de la date de 2035 actuellement prescrite pour les deux INB. L’ASN note que les reports d’échéances demandés sont significatifs et sont dus en grande partie aux retards pris dans la reprise et le conditionnement des déchets anciens. De ce fait, l’ASN poursuivra en 2020 sa démarche de contrôle de la gestion de ces projets. À la suite des compléments apportés au dossier par Orano concernant, d’une part, la suppression des interactions en cas de séisme entre l’atelier « Moyenne Activité Plutonium » (MAPu) et l’atelier d’entreposage de l’oxyde de plutonium (BST1) et, d’autre part, le mémoire en réponse à l’avis de l’autorité environnementale, l’enquête publique s’est déroulée du 20 octobre au 20 novembre 2020.

Les opérations de reprise et de conditionnement des déchets anciens

Contrairement aux déchets conditionnés directement en ligne, que produisent les nouvelles usines UP2-800 et UP3-A de La Hague, la majeure partie des déchets produits par la première usine UP2‑400 a été entreposée en vrac, sans conditionnement définitif. Les opérations de reprise de ces déchets sont complexes et nécessitent la mise en œuvre de moyens importants. Elles présentent des enjeux de sûreté et de radioprotection majeurs, que l’ASN contrôle particulièrement.

La reprise des déchets contenus dans les entreposages anciens du site de La Hague constitue, en outre, un préalable aux opérations de démantèlement et d’assainissement de ces entreposages.

Reprise et conditionnement des boues de STE2

La station STE2 d’UP2‑400 servait à collecter les effluents de l’usine UP2‑400, à les traiter et à entreposer les boues de précipitation issues du traitement. Les boues de STE2 sont ainsi les précipités qui fixent l’activité radiologique contenue dans les effluents et elles sont entreposées dans sept silos. Une partie des boues a été enrobée dans du bitume et conditionnée dans des fûts en acier inoxydable dans l’atelier STE3. À la suite de l’interdiction du bitumage par l’ASN en 2008, Orano a étudié d’autres modes de conditionnement pour les boues non conditionnées ou entreposées.

Le scénario concernant la reprise et le conditionnement des boues de STE2 présenté en 2010 était découpé en trois étapes :

  • reprise des boues entreposées dans des silos de STE2 (INB 38) ;
  • transfert et traitement, initialement envisagé par séchage et compactage, dans STE3 (INB 118) ;
  • conditionnement des pastilles obtenues en colis dénommés « C5 » en vue du stockage en couche géologique profonde.

L’ASN a autorisé la première phase de travaux pour la reprise des boues de STE2 en 2015 et le décret d’autorisation de création de la station de traitement des effluents STE3 a été modifié par décret du 29 janvier 2016, afin de permettre l’implantation du procédé de traitement des boues de STE2.

Fin 2017, Orano Cycle a cependant informé l’ASN que le procédé retenu pour le traitement des boues dans STE3 pouvait entraîner des difficultés pour l’exploitation et la maintenance des équipements. Orano Cycle a proposé un scénario alternatif par centrifugation et a transmis en août 2019 un dossier d’options de sûreté (DOS), qui repose cependant sur des hypothèses encore trop peu étayées.

Une inspection réalisée fin 2019 a confirmé que le projet n’était pas suffisamment mûr pour que l’ASN puisse donner un avis sur ce DOS. Celui‑ci devait être révisé, en particulier sur les options structurantes du projet concernant le traitement des effluents et les rejets dans l’environnement, ainsi que la maîtrise du risque d’incendie.

En 2020, l’ASN a engagé l’instruction du nouveau DOS, transmis en juillet 2020 par Orano et apportant des compléments, en particulier sur les sujets liés à la réactivité des boues et au traitement des effluents. L’ASN a par ailleurs poursuivi l’instruction de la demande d’autorisation pour l’implantation des équipements de reprise sur les toits des silos de l’atelier STE2, en portant une attention particulière au risque d’incendie, dont la maîtrise n’est pas complètement démontrée. Sur ce dernier sujet, des compléments restent attendus par l’ASN.

Silo 130

Le silo 130 est un entreposage enterré en béton armé, muni d’un cuvelage en acier noir utilisé pour l’entreposage à sec de déchets solides issus du traitement des combustibles des réacteurs uranium naturel-graphite-gaz (UNGG), ainsi que de déchets technologiques et de terres et gravats contaminés. Le silo a reçu des déchets de ce type à partir de 1973, jusqu’à son incendie en 1981, qui a contraint l’exploitant à noyer ces déchets. L’étanchéité du silo ainsi rempli d’eau n’est aujourd’hui assurée qu’au moyen d’une unique barrière de confinement, constituée d’une « peau » en acier. La surveillance de l’étanchéité du silo 130 est effectuée par un réseau de piézomètres situés à proximité. Le scénario de reprise et de conditionnement de ces déchets comporte quatre étapes :

  • reprise et conditionnement des déchets UNGG solides ;
  • reprise des effluents liquides ;
  • reprise et conditionnement des déchets UNGG résiduels et des boues de fond de silo ;
  • reprise et conditionnement des terres et gravats.

Orano Cycle a construit une cellule de reprise au‑dessus de la fosse contenant les déchets et un nouveau bâtiment dédié aux opérations de tri et de conditionnement. En 2020, la préparation des opérations de reprise des déchets s’est poursuivie et l’étape clé de la constitution du premier fût de reprise de déchets du silo 130 a été franchie. Après un arrêt prolongé des installations en raison du confinement lié à la gestion de la crise sanitaire et à l’intégration de modifications matérielles préalable à la reprise des opérations, dont le remplacement des câbles de la herse, Orano a procédé à la reprise de l’exploitation en octobre 2020, après avoir effectué la première expédition de fûts vers l’atelier d’entreposage/désentreposage de déchets solides (E/D EDS) sur le site de La Hague.

Orano a par ailleurs mené un premier retour d’expérience de la mise en service de cette cellule de reprise et a identifié des améliorations organisationnelles dans la conduite de ce type de projet. Ces améliorations portent notamment sur le renforcement de la méthodologie de transfert de l’installation entre les équipes projet, dont celles en charge des essais, vers celles du futur exploitant. L’ASN considère que cette démarche est positive.

Silo HAO et stockage organisé des coques

L’atelier HAO (INB 80) assurait les premières étapes du processus de traitement des combustibles nucléaires usés : réception, entreposage, puis cisaillage et dissolution. Les solutions de dissolution produites dans l’INB 80 étaient ensuite transférées dans l’ensemble industriel UP2‑400, dans lequel avait lieu la suite des opérations de traitement.

L’INB 80 est composée de :

  • HAO Nord, lieu de déchargement et d’entreposage des combustibles usés ;
  • HAO Sud, où étaient effectuées les opérations de cisaillage et dissolution ;
  • le bâtiment « filtration », qui comporte le système de filtration de la piscine de HAO Sud ;
  • le silo HAO, dans lequel sont entreposés des coques et embouts (morceaux de gaine et embouts de combustible) en vrac, des fines provenant essentiellement du cisaillage, des résines et des déchets technologiques issus de l’exploitation de l’atelier HAO entre 1976 et 1997 ;
  • le stockage organisé des coques, composé de trois piscines dans lesquelles sont entreposés des fûts contenant coques et embouts.

En 2020, l’exploitant a poursuivi les opérations préalables à la reprise des déchets du silo HAO (notamment l’aménagement de la future cellule de reprise des déchets) et les essais importants pour la sûreté débutés en 2019.

Les solutions anciennes de produits de fission entreposées dans l’unité SPF2 de l’usine UP2‑400 

Pour le conditionnement des produits de fission issus du retraitement de combustibles provenant des réacteurs de la filière UNGG et contenant notamment du molybdène (PF UMo), l’exploitant a retenu la vitrification en creuset froid. Le colis ainsi produit est un colis standard de déchets UMo vitrifiés. Le traitement et le conditionnement des produits de fissions dits « UMo » contenus dans les cuves de l’atelier SPF2 se sont achevés en juillet 2020, respectant ainsi le délai fixé par la décision n° 2019-DC-0665 de l’ASN du 9 avril 2019. L’ASN estime que la vitrification de ces solutions constitue une amélioration significative de la sûreté de ces installations anciennes, du fait de la diminution du terme source mobilisable de ces ateliers en cas d’accident.

Appréciations 2020

En 2020, l’ASN considère que les performances de l’établissement Orano de La Hague sont satisfaisantes pour ce qui concerne la sûreté nucléaire, la radioprotection et la protection de l’environnement.

En ce qui concerne la gestion de la crise sanitaire liée à la pandémie de Covid‑19, l’ASN relève qu’Orano a su adapter son organisation et ses modes de fonctionnement pour faire face au risque sanitaire, tout en maintenant le niveau de sûreté attendu dans ses installations en fonctionnement. Orano a par ailleurs maintenu l’activité de certains chantiers de démantèlement présentant des enjeux importants.

En matière de sûreté nucléaire, l’ASN considère que les performances de l’établissement sont restées satisfaisantes. Toutefois, la détection de nouveaux retards concernant la réalisation de plusieurs contrôles périodiques doit interroger l’exploitant sur le caractère suffisant des actions correctives déjà mises en œuvre pour respecter la fréquence prévue.

Concernant la conduite et les activités d’exploitation, Orano devra faire preuve de plus de rigueur quant à la formalisation des habilitations des opérateurs en salle de commande. De plus, l’ASN continuera d’être vigilante au gréement des différentes équipes de conduite de l’installation.

Des actions d’amélioration ont également été engagées pour la gestion des risques impliquant des substances dangereuses et la maîtrise la conformité des installations classées pour la protection de l’environnement de l’établissement. L’ASN considère qu’elles sont satisfaisantes et sera vigilante sur l’apparition possible de nouvelles dérives à ce sujet.

L’ASN estime que l’exploitant doit encore poursuivre les efforts engagés pour la surveillance des intervenants extérieurs, notamment par l’amélioration des supports de surveillance et les évolutions de son organisation. Par ailleurs, l’exploitant devra apporter plus de rigueur à la surveillance de certaines prestations, notamment celles comportant un plus faible nombre d’activités, en veillant à y intégrer les exigences règlementaires applicables. Enfin, l’ASN instruira en 2021 la demande d’Orano de déroger au principe de responsabilité opérationnelle directe de l’exploitant, conséquence de la restructuration du groupe Orano. Dans ce cadre, l’ASN contrôlera la plus‑value apportée par cette nouvelle organisation et veillera au maintien de la compétence technique de l’exploitant pour l’exploitation courante des installations en démantèlement sur le site.

L’ASN considère que l’organisation de l’exploitant concernant la maîtrise des risques liés à l’incendie s’est dégradée en 2021. Des retards ont notamment été notés dans la réalisation de certains travaux de remise en conformité. L’exploitant devra également s’attacher à tirer pleinement le retour d’expérience de l’incendie survenu en février 2020 sur la plateforme d’entreposage du linge. Enfin, l’ASN sera particulièrement attentive, en 2021, à l’adéquation entre les délais d’intervention en cas d’incendie prévus dans sa démonstration de sûreté nucléaire et ceux observés lors d’exercices, ainsi qu’à l’efficience de l’organisation opérationnelle en matière de lutte contre l’incendie. Des mises en situations inopinées continueront d’être réalisées à ce sujet.

En matière de radioprotection, l’ASN relève que l’organisation du site de La Hague et les résultats obtenus sont globalement satisfaisants. Cependant, les contrôles menés par sondage révèlent qu’il subsiste toujours des écarts entre les documents opérationnels et les différents outils informatiques de suivi des contrôles réglementaires. L’exploitant devra ainsi veiller à la bonne exhaustivité de réalisation de ces contrôles. L’ASN considère qu’Orano doit également améliorer la traçabilité de la prise en compte des recommandations ou des réserves formulées lors des comités de radioprotection. Enfin, l’ASN restera vigilante au retour d’expérience de la nouvelle organisation de la radioprotection mise en œuvre sur le site de La Hague.

Concernant la protection de l’environnement, les performances de l’établissement sont globalement satisfaisantes. L’ASN note favorablement le plan d’action mis en œuvre pour la prévention des écoulements et la dispersion non prévus dans l’environnement de substances liquides radioactives ou dangereuses. Néanmoins, une plus grande rigueur doit être apportée aux modalités de dépose des déchets aux points de collecte prévus à cet effet dans les installations.
Concernant la conduite des projets de démantèlement et de reprise et de conditionnement des déchets anciens, l’ASN considère que les réflexions de l’exploitant sur les améliorations structurantes de l’organisation et de la gestion des projets doivent se poursuivre afin que les dates d’engagements d’Orano, transcrites dans des prescriptions de l’ASN ou des décrets, soient respectées. S’agissant du pilotage des projets, l’ASN a relevé la mise en œuvre de modalités de fonctionnement favorables à une plus grande robustesse. En outre, l’exploitant devra définir l’impact potentiel de la crise sanitaire sur les délais des différents projets ou opérations et prendre les mesures correctives adaptées. En 2021, l’ASN portera une attention particulière à l’évaluation du bénéfice de la mise en œuvre de ces différentes améliorations par Orano, notamment en ce qui concerne la rigueur dans la gestion de projet et l’analyse de risques des activités.

Les installations arrêtées, en démantèlement :

INB 80 : atelier haute activité oxyde (HAO)

  • HAO/Nord : atelier de déchargement sous eau et d’entreposage des éléments combustibles usés
  • HAO/Sud : atelier de cisaillage et de dissolution des éléments combustibles usés

INB 33 : usine UP2‑400, première unité de retraitement

  • HA/DE : atelier de séparation de l’uranium et du plutonium des produits de fission
  • HAPF/SPF (1 à 3) : atelier de concentration et d’entreposage des produits de fission
  • MAU : atelier de séparation de l’uranium et du plutonium, de purification et d’entreposage de l’uranium sous forme de nitrate d’uranyle
  • MAPu : atelier de purification, de conversion en oxyde et de premier conditionnement de l’oxyde de plutonium
  • LCC : laboratoire central de contrôle qualité des produits
  • ACR : atelier de conditionnement des résines

INB 38 : installation STE2, collecte, traitement des effluents et entreposage des boues de précipitation et atelier AT1, installation prototype en cours de démantèlement

INB 47 : atelier ÉLAN IIB, installation de recherche en cours de démantèlement

Les installations en fonctionnement :

INB 116 : usine UP3-A

  • T0 : atelier de déchargement à sec des éléments combustibles usés
  • Piscines D et E : piscines d’entreposage des éléments combustibles usés
  • T1 : atelier de cisaillage des éléments combustibles, de dissolution et de clarification des solutions obtenues
  • T2 : atelier de séparation de l’uranium, du plutonium et des produits de fission, et de concentration/entreposage des solutions de produits de fission
  • T3/T5 : ateliers de purification et d’entreposage du nitrate d’uranyle
  • T4 : atelier de purification, de conversion en oxyde et de conditionnement du plutonium
  • T7 : atelier de vitrification des produits de fission
  • BSI : atelier d’entreposage de l’oxyde de plutonium
  • BC : salle de conduite de l’usine, atelier de distribution des réactifs et laboratoires de contrôle de marche du procédé
  • ACC : atelier de compactage des coques et embouts
  • AD2 : atelier de conditionnement des déchets technologiques
  • ADT : aire de transit des déchets
  • EDS : entreposage de déchets solides
  • D/E EDS : désentreposage/entreposage de déchets solides
  • ECC : ateliers d’entreposage et de reprise des déchets technologiques et de structures conditionnés
  • E/EV sud‑est : atelier d’entreposage des résidus vitrifiés
  • E/EV/LH et E/EV/LH 2 : extension de l’entreposage des résidus vitrifiés

INB 117 : usine UP2‑800

  • NPH : atelier de déchargement sous eau et d’entreposage des éléments combustibles usés en piscine
  • Piscine C : piscine d’entreposage des éléments combustibles usés
  • R1 : atelier de cisaillage des éléments combustibles, de dissolution et de clarification des solutions obtenues (incluant l’URP : atelier de redissolution du plutonium)
  • R2 : atelier de séparation de l’uranium, du plutonium et des produits de fission et de concentration des solutions de produits de fission (incluant l’UCD : unité centralisée de traitement des déchets alpha)
  • R4 : atelier de purification, de conversion en oxyde et de premier conditionnement de l’oxyde de plutonium
  • SPF (4, 5, 6) : ateliers d’entreposage des produits de fission
  • BST1 : atelier de deuxième conditionnement et d’entreposage de l’oxyde de plutonium
  • R7 : atelier de vitrification des produits de fission
  • AML – AMEC : ateliers de réception et d’entretien des emballages

INB 118 : installation STE3, collecte, traitement des effluents et entreposage des colis bitumés

  • D/E EB : entreposage des déchets alpha
  • MDS/B : minéralisation des déchets de solvant
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Date de la dernière mise à jour : 27/05/2021