Sortie du domaine autorisé pendant l'arrêt du réacteur 3

Publié le 26/05/2003

Centrale nucléaire de Paluel Réacteurs de 1300 MWe - EDF

Le 10 avril 2003, sur le réacteur 3 de la centrale de Paluel, les opérateurs ont détecté un écart sur un paramètre chimique. Comme le prévoient les règles d'exploitation dans ce cas, ils ont entrepris l'arrêt du réacteur. Au cours de cette manoeuvre, en raison d'une analyse de sûreté incomplète, le réacteur est momentanément sorti du domaine de fonctionnement autorisé.

L'origine de cet incident est un écart sur le « circuit d'injection de sécurité » du réacteur 3. Ce circuit permet, en situation d'urgence, d'introduire de l'eau borée dans le coeur du réacteur, pour étouffer la réaction nucléaire et améliorer le refroidissement. Il se compose de réservoirs, appelés accumulateurs, contenant de l'eau dont la teneur en bore doit être bien calibrée. En situation d'urgence, ces réservoirs se vident automatiquement dans le circuit primaire du réacteur. Si jamais les opérateurs détectent un écart sur la concentration en bore dans les accumulateurs, les règles d'exploitation leur imposent d'engager l'arrêt du réacteur dans l'heure qui suit. Cela revient à arrêter la réaction nucléaire, et à amener le circuit primaire du réacteur dans des conditions de température et de pression bien définies.

Par ailleurs, dans chaque état du réacteur, les règles d'exploitation définissent un domaine autorisé : les opérateurs doivent maintenir la pression et la température du circuit primaire dans des fourchettes précises, et veiller à ce que ces paramètres ne varient pas trop rapidement.

Le 10 avril 2003, les opérateurs du réacteur 3 ont détecté un écart sur la concentration en bore dans le circuit d'injection de sécurité. Ils ont décidé de rétablir la bonne teneur en bore, tout en engageant l'arrêt du réacteur, comme le demandent les procédures. Une analyse de sûreté incomplète n'a pas permis de voir que, si ces deux opérations étaient effectués en parallèle, de l'eau borée se déverserait dans le circuit primaire du réacteur, provoquant des variations rapides de la température et de la pression. Le réacteur est sorti du domaine autorisé, défini dans les règles d'exploitation, pendant plus d'une heure. EDF a finalement identifié l'origine du problème et ramené le réacteur dans le domaine prescrit.

Afin de mieux comprendre les causes de cet incident, l'Autorité de sûreté nucléaire a procédé à une inspection sur le site de Paluel le 25 avril 2003.

L'événement du 10 avril n'a eu aucune conséquence sur la santé des travailleurs, ni sur l'environnement. Toutefois, une analyse de sûreté incomplète a conduit le réacteur en dehors du domaine autorisé. Cet incident est donc classé au niveau 1 de l'échelle INES.

 

 

Date de la dernière mise à jour : 03/09/2021

Classement de l’incident (INES)

Niveau 1

Anomalie