Rupture d'intégrité de la troisième barrière de confinement pendant les opérations de maintenance du réacteur

Publié le 04/12/2008

Centrale nucléaire du Tricastin Réacteurs de 900 MWe - EDF

Le 29 octobre 2008, pendant les opérations de déchargement du réacteur n°2, des erreurs dans la configuration de plusieurs vannes ont conduit à mettre en communication l'atmosphère du bâtiment du réacteur avec l'environnement extérieur.

En cas d'accident, les substances radioactives qui pourraient être libérées seraient confinées à l'intérieur des installations par une enceinte en béton. Les bâtiments susceptibles de contenir des substances radioactives sont en outre maintenus en dépression par rapport à l'environnement extérieur, ce qui apporte une deuxième garantie d'absence de dissémination de radioactivité.

Le risque de libérer des substances radioactives par endommagement des gaines étanches qui contiennent le combustible nucléaire est plus élevé lors des opérations de chargement ou de déchargement du coeur : pour cette raison, les conditions d'exploitation sont alors renforcées vis-à-vis de l'étanchéité de la barrière de confinement.

Les règles d'exploitation prévoient ainsi que pendant les opérations de déchargement du combustible, l'ouverture des « trous d'homme » de l'enveloppe secondaire des générateurs de vapeur ne peut être effectuée que si les vannes d'isolement des circuits connectés aux générateurs de vapeur sont rapidement manoeuvrables depuis la salle de commande.

Le 29 octobre 2008, alors que les opérations de déchargement du coeur du réacteur n°2 étaient en cours, cette prescription n'a pas été respectée sur les points suivants :

  • d'une part sur l'un des circuits connecté au générateur de vapeur n°2, une des vannes d'isolement était ouverte et enclenchée sur le mode « manuel » alors qu'elle aurait dû être enclenchée sur le mode automatique pour autoriser sa fermeture depuis la salle de commande ;
  • d'autre part, l'exploitant a réalisé après coup qu'il avait mal interprété les règles d'exploitation et qu'il s'était servi, pour effectuer la vidange des trois générateurs de vapeur, de vannes qui auraient dû rester fermées.


Durant cet incident, la fonction de sûreté liée au confinement du bâtiment réacteur n'était plus assurée que par la mise en dépression du bâtiment réacteur par rapport à l'environnement extérieur. L'anomalie, détectée à l'issue de l'opération de vidange des générateurs de vapeur, a duré quelques heures. Aucun relâchement de radioactivité n'a été constaté durant cet incident.

Compte tenu de son impact sur la sûreté des installations, cet incident est classé au niveau 1 de l'échelle INES.

Date de la dernière mise à jour : 03/09/2021

Classement de l’incident (INES)

Niveau 1

Anomalie