Non respect du délai de repli du réacteur suite à la découverte de grappes de commande non manœuvrables - Réacteur n°3

Publié le 14/08/2009

Centrale nucléaire de Dampierre-en-Burly Réacteurs de 900 MWe - EDF

Le 30 avril 2009, la non manœuvrabilité d’un groupe de grappes de commande du réacteur n°3 de la centrale de Dampierre a été détectée lors d’un essai périodique. Dans cette situation, les spécifications techniques d’exploitation demandent la mise à l’arrêt du réacteur en moins de deux heures. La mise à l’arrêt a été réalisée en 3 heures et 43 minutes.

Pour contrôler la réaction nucléaire dans le cœur du réacteur, l’exploitant dispose de deux moyens principaux :

  • ajuster la concentration en bore dans le circuit primaire, le bore ayant la propriété d’absorber les neutrons produits dans la réaction nucléaire,
  • introduire les grappes de commande dans le cœur ou les en retirer, ces grappes de commande contenant des matériaux absorbant les neutrons.
  • Il est nécessaire, en marche normale du réacteur, de pouvoir manœuvrer les grappes de commande, notamment pour assurer une bonne répartition du flux de neutrons.

Lors de l’essai mensuel de manœuvrabilité des grappes de commande du 30 avril 2009, une anomalie a été détectée lors de la remontée d’un groupe de grappes. La manœuvrabilité de ce groupe n’ayant pu être retrouvée dans l’heure suivante, malgré une intervention de réparation, l’exploitant a commencé à 19h37 la mise à l’arrêt du réacteur conformément aux spécifications techniques d’exploitation. A 20h13, l’exploitant a décidé d’interrompre les opérations de mise à l’arrêt afin de rechercher l’origine de la panne, mais cette tentative a échoué. L’état d’arrêt du réacteur a finalement été atteint à 23h20, c’est-à-dire 3 heures et 43 minutes après le début du repli du réacteur.

Le délai de mise à l’arrêt autorisé par les spécifications techniques d’exploitation dans cette situation est pourtant de 2 heures au maximum.

Il a pu être déterminé a posteriori que les grappes de commande n’étaient pas physiquement bloquées, mais simplement non manœuvrables. C’est pourquoi, en cas d’arrêt automatique du réacteur, ces dernières auraient pleinement assuré leur fonction.

Compte tenu du non respect des spécifications techniques d'exploitation, l’ASN a classé cet événement au niveau 1 de l’échelle INES.

Date de la dernière mise à jour : 03/09/2021

Classement de l’incident (INES)

Niveau 1

Anomalie