Non-respect de la conduite à tenir prévue par les règles générales d’exploitation

Publié le 15/04/2022

Centrale nucléaire de Paluel Réacteurs de 1300 MWe - EDF

Le 29 mars 2022, EDF a déclaré à l’ASN un événement significatif pour la sûreté relatif au non-respect de la conduite à tenir prévue par les règles générales d’exploitation du réacteur 4 concernant une concentration en bore du circuit primaire inférieure à la concentration requise.

Les règles générales d’exploitation sont un recueil de règles approuvées par l’ASN qui définissent le domaine autorisé de fonctionnement de l’installation et les prescriptions de conduite des réacteurs associées. Elles précisent notamment les concentrations minimales en bore dans le circuit primaire selon les différents états du réacteur.

Le bore, présent dans l’eau du circuit primaire sous forme d’acide borique dissous, permet de modérer, par sa capacité à absorber les neutrons, la réaction en chaîne. La concentration en bore est ajustée pendant le cycle en fonction de l’épuisement progressif du combustible en matériau fissile.

Le 26 mars 2022, dans le cadre des opérations de mise à l’arrêt du réacteur pour maintenance programmée, l’exploitant a procédé à la baisse progressive de la puissance du réacteur. Alors que le réacteur se trouvait à huit pour cent de la puissance nominale, l’exploitant a lancé une opération d’injection d’eau borée dans le circuit primaire afin de stopper la réaction nucléaire et d’arrêter le réacteur. Cette opération n’a pas été maîtrisée, ce qui a conduit à ce que la concentration en bore du circuit primaire soit, durant une heure et dix-neuf minutes, inférieure à celle requise par les règles générales d’exploitation dans l’état d’arrêt normal sur générateurs de vapeur.

Cet évènement n’a pas eu de conséquence pour les personnes et l’environnement. Néanmoins, il a affecté la fonction de sûreté liée à la réactivité du réacteur et a été classé au niveau 1 de l'échelle internationale des événements nucléaires INES.

Le réacteur 4 a retrouvé la plage de fonctionnement autorisée au bout d’une heure et dix-neuf minutes, à la suite d’actions de pilotage du réacteur engagées par l’équipe de conduite.

L’ASN a procédé à une inspection réactive le 7 avril 2022 afin de contrôler les premières analyses sur les causes de l’évènement ainsi que les dispositions mises en œuvre pour son traitement. Les inspecteurs ont notamment relevé que des actions réactives de formation avaient été mises en place à destination des équipes de conduite.

L’exploitant doit désormais transmettre à l’ASN, sous deux mois, une analyse détaillée des causes humaines et organisationnelles de cet évènement, et des actions correctives qu’il sera amené à mettre en œuvre.

Date de la dernière mise à jour : 15/04/2022

Classement de l’incident (INES)

Niveau 1

Anomalie