Cruas 3 : montée en puissance du réacteur sans attendre que la distribution du xénon se soit stabilisée

Publié le 01/02/2015

Centrale nucléaire de Cruas-Meysse Réacteurs de 900 MWe - EDF

Le 25 janvier 2015, l'exploitant de la centrale nucléaire de Cruas-Meysse a déclaré à l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) un événement significatif pour la sûreté relatif à la montée en puissance du réacteur n°3 alors que la distribution du xénon n’était pas stabilisée.

Lorsqu’un réacteur est en fonctionnement, la réaction nucléaire produit en permanence un gaz radioactif, le xénon 135, qui est un absorbeur de neutrons. Lors des variations de puissance du réacteur, la concentration de ce gaz augmente pendant quelques heures, ce qui fait baisser la réactivité du cœur du réacteur et peut compliquer son pilotage. En particulier, lorsque l’exploitant manœuvre les barres de commande qui contrôlent la réactivité du cœur du réacteur, il peut se créer temporairement un déséquilibre dans la concentration en xénon, et dans la puissance produite, entre le haut et le bas du cœur du réacteur. Lorsque ce déséquilibre se produit, les spécifications techniques d’exploitation du réacteur imposent à l’exploitant d’attendre sa disparition avant de pouvoir augmenter la puissance du réacteur.

Le 17 décembre 2014, lors des opérations de redémarrage du réacteur 3 à la suite de sa visite décennale, des difficultés dans la conduite du réacteur avaient conduit l’exploitant à dépasser très brièvement la limite de variation de puissance fixée par les spécifications techniques d'exploitation (2% de la puissance nominale par minute au moment de l’événement). A la suite de cet écart, le CNPE de Cruas avait déclaré à l’ASN un évènement significatif pour la sûreté, qui avait été classé au niveau 0 de l’échelle INES.

L’analyse effectuée a posteriori a révélé l’apparition d’un déséquilibre dans la distribution du xénon 135 à la suite de la manœuvre des barres de commande lors de l’évènement du 17 décembre 2014. Ce déséquilibre n’a pas été correctement pris en compte par les opérateurs, qui ont augmenté de 39,4% à 49,5% la puissance du réacteur sans attendre que la distribution du xénon se soit stabilisée.

Cet événement n’a pas eu de conséquence sur les installations, sur l’environnement ou sur les travailleurs.

En raison du non-respect des spécifications techniques d'exploitation, l’incident du 17 décembre 2014 a été reclassé au niveau 1 de l’échelle INES le 25 janvier 2015.

Date de la dernière mise à jour : 03/09/2021

Classement de l’incident (INES)

Niveau 1

Anomalie