Arrêts des réacteurs n°1, 2 et 4 du fait d'une arrivée d'algues sur les prises d'eau en mer

Publié le 22/07/2004

Centrale nucléaire de Paluel Réacteurs de 1300 MWe - EDF

Le 23 juin 2004, une arrivée massive d'algues, arrachées des fonds marins par la houle, a conduit à l'arrêt de trois réacteurs de la centrale nucléaire de Paluel. Une partie des installations de la station de pompage de la centrale a été endommagée. Aujourd'hui, la situation est stable et les réparations se poursuivent.

Les eaux prélevées en mer par la station de pompage de la centrale nucléaire permettent de refroidir les réacteurs lorsque la centrale produit de l'électricité. Ces eaux sont préalablement filtrées sur des « tambours filtrants », au nombre de deux par réacteur, afin que les matières en suspension ne colmatent pas les circuits de refroidissement.

Le 23 juin 2004, les vents forts soufflant sur le littoral normand ont déplacé une quantité importante d'algues vers la centrale nucléaire de Paluel. Les deux tambours filtrants du réacteur n°3 ont été endommagés, ainsi qu'un des deux tambours filtrants du réacteur n°2. Par mesure de prévention, EDF a arrêté les réacteurs n°1, 2 et 4 – le réacteur n°3 étant déjà à l'arrêt pour maintenance et rechargement en combustible. Dans une telle configuration, le refroidissement des réacteurs est assuré par les générateurs de vapeur, eux-mêmes alimentés par des réserves d'eau autonomes sur site.
Le réacteur n°1 a redémarré dès le lendemain. Le réacteur n°2 a repris la production d'électricité le 30 juin. Le réacteur n°4 devait faire l'objet d'un arrêt pour maintenance et rechargement en combustible à partir du 26 juin, programmé de longue date ; il n'a donc pas redémarré.
Le 2 juillet, sous l'effet de vents toujours forts, une nouvelle arrivée massive d'algues a conduit EDF à arrêter de nouveau le réacteur n°2. Cependant, le dispositif de vigilance mis en oeuvre par l'exploitant depuis le 23 juin a permis d'éviter des dégâts matériels. Le réacteur n°2 a depuis redémarré à puissance réduite.
Les trois tambours filtrants endommagés ont fait l'objet d'expertises et sont actuellement en cours de réparation. La durée des travaux est évaluée à plusieurs semaines.

Les inspecteurs de l'Autorité de sûreté nucléaire se sont rendus sur place dès le 24 juin, afin de mieux apprécier les dispositions prises par l'exploitant pour assurer la sûreté des installations et la sécurité du personnel. Ils n'ont pas relevé de lacune notable dans ces domaines, et les dispositions de vigilance prises par l'exploitant ont semblé adaptées.
Dès les premières arrivées d'algues, le 23 juin, EDF a mis en oeuvre une organisation de crise, et mobilisé les équipes d'astreinte pendant plusieurs jours. L'Autorité de sûreté nucléaire a suivi de façon étroite la gestion de la situation par l'exploitant et l'évolution des conditions météorologiques.
Aujourd'hui, la situation est stable. Aucune arrivée d'algues importante n'a été détectée depuis le 2 juillet. EDF a engagé au niveau national des travaux visant à fiabiliser les stations de pompage des centrales nucléaires situées en bord de mer à l'égard de ce phénomène.

Cet incident n'a pas eu de conséquence sur la santé des personnes ni sur l'environnement. Cependant, l'arrivée massive d'algues a conduit à l'arrêt de plusieurs réacteurs et entraîné des dégâts matériels. L'incident est donc classé au niveau 1 de l'échelle internationale des événements nucléaires (INES).

Date de la dernière mise à jour : 03/09/2021

Classement de l’incident (INES)

Niveau 1

Anomalie