Arrêt automatique du réacteur et non-respect du domaine d’exploitation « pression - température » lors du redémarrage après arrêt pour maintenance et rechargement en combustible.

Publié le 03/08/2010

Centrale nucléaire de Cruas-Meysse Réacteurs de 900 MWe - EDF

Le 24 juillet 2010, un arrêt automatique du réacteur n°4 s’est produit et la pression du circuit primaire a dépassé les limites autorisées.

L’unité de production n°4 de la centrale nucléaire de Cruas-Meysse est un réacteur de type « eau pressurisée ». L’énergie thermique servant à la production d’électricité provient de la chaudière, où le combustible nucléaire baigne dans de l’eau maintenue à haute pression et à haute température. Les règles générales d'exploitation définissent, à tout instant, les limites minimales et maximales autorisées pour la pression et la température de cette eau, garantissant le respect des hypothèses de conception du réacteur.

A la suite de son arrêt pour maintenance et rechargement en combustible, alors que le réacteur n°4 était cours de redémarrage le 24 juillet 2010, une défaillance du transformateur électrique alimentant le réacteur a provoqué un arrêt automatique du réacteur et l’exploitant du CNPE de Cruas-Meysse a détecté que les soupapes du pressuriseur du circuit primaire principal ont été sollicitées.

Les soupapes du pressuriseur, en s’ouvrant et en libérant de la vapeur, permettent de limiter une augmentation excessive de la pression du circuit primaire. Le circuit primaire principal est un circuit fermé, contenant de l’eau sous pression. Le pressuriseur est un réservoir de forme cylindrique dont la fonction est de contrôler la pression de ce circuit. Les limites de pression et de température de ce circuit, imposées par les spécifications techniques d’exploitation, garantissent une marge qui permet de se prémunir contre tout risque d’ébullition de l’eau. L’ébullition diminuerait, en effet, l’efficacité du refroidissement et risquerait de conduire à un endommagement du combustible. Elle risquerait, en outre, d’endommager les pompes primaires.

Le 24 juillet, à la suite de l’arrêt automatique du réacteur, et en raison d’opérations de conduite inappropriées, ces soupapes se sont ouvertes quelques secondes à plusieurs reprises. La vapeur radioactive évacuée a été collectée dans le réservoir prévu à cet effet dans le bâtiment réacteur. Cet évènement n’a pas eu de conséquence sur les installations, sur l’environnement ou sur les travailleurs.

Compte tenu de l’arrêt automatique du réacteur suivi du non respect des paramètres de pression définis par les spécifications techniques d’exploitation, l’exploitant du CNPE de Cruas-Meysse a proposé à l’Autorité de sûreté nucléaire de classer cet incident au niveau 1 de l’échelle INES.

Date de la dernière mise à jour : 03/09/2021

Classement de l’incident (INES)

Niveau 1

Anomalie