Non-respect d’une prescription technique relative aux risques de radiolyse d’une cuve de liquides radioactifs

Publié le 18/04/2013

Atalante Laboratoire de recherche et de développement et étude de production des actinides - CEA

Le 20 mars 2013, le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) de Marcoule a déclaré à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) un événement significatif concernant le non respect d’une prescription technique relative aux risques de radiolyse d’une cuve de liquides radioactifs utilisée dans une cellule blindée de l’installation nucléaire de base (INB) ATALANTE[1].

Cet évènement a été détecté par l’équipe sûreté de l’installation lors d’un contrôle interne réalisé le 15 mars 2013. Ce contrôle a mis en évidence que le volume de solution radioactive présent dans la cuve[2] ne permettait pas de respecter la prescription technique relative au dégagement d’hydrogène de radiolyse[3]. Le contrôle interne du CEA a également mis en évidence que cette situation durait depuis le 9 novembre 2012, date à laquelle une opération de dilution avait été réalisée sur cette cuve par des expérimentateurs.

L’ASN a réalisé une inspection réactive le 26 mars 2013 afin d’examiner les circonstances de cette opération, d’identifier les causes à l’origine de l’évènement et de vérifier les mesures prises par l’exploitant. Il ressort de l’inspection que l’opération du 9 novembre 2012 ne s’est pas réalisée dans des conditions organisationnelles satisfaisantes et que l’exploitant a manqué de rigueur dans sa préparation, sa réalisation et sa traçabilité. De plus, l’écart, qui aurait dû être détecté dès la fin de l’opération, n’a pas fait l’objet d’un signalement interne et, de ce fait, aucune action corrective immédiate n’a été engagée.

L’inspection de l’ASN a également montré que l’équipe sûreté de l’installation, après avoir détecté l’écart le 15 mars 2013, a immédiatement pris des mesures adéquates pour remettre l’installation en conformité et déclarer l’évènement à l’ASN.

Cet évènement n’a eu aucune conséquence sur le public, les travailleurs et l’environnement. Les limites autorisées étant calculées avec suffisamment de marges, la sûreté de l’installation n’a pas été remise en cause. A l’issue de l’inspection, l’ASN a demandé au CEA de :

  • lui remettre sous deux mois un rapport d’analyse complet relatif à cet évènement comprenant notamment un plan d’action visant à ce que ce type de situations ne se renouvèle pas ;
  • revoir son organisation, en ce qui concerne l’exploitation de la cellule blindée contenant la cuve en question, afin d’améliorer la préparation, le contrôle et la formalisation des opérations menées ;
  • sensibiliser son personnel, notamment les expérimentateurs, à l’importance de signaler immédiatement les écarts aux règles de sûreté.

Tous les dysfonctionnements relevés par l’ASN lors de son inspection ainsi que les demandes d’actions correctives qui en découlent sont détaillés dans la lettre de suite, accessible sur le site Internet de l’ASN.

En raison d’une accumulation de défauts de rigueur et compte tenu de l’importance de maîtriser les procédés mis en œuvre, l’ASN reclasse cet évènement au niveau 1 de l’échelle INES, graduée de 0 à 7 par ordre croissant de gravité.

Pour en savoir plus :


[1] La chaîne blindée où s’est produit l’évènement est dédiée aux études de procédés de retraitement en haute activité. L’exploitant y manipule des matières radioactives et des liquides réactifs pour tester ou mettre au point des procédés de retraitement à l’échelle du laboratoire avant de les transposer à l’échelle industrielle. Ces opérations produisent des solutions radioactives, en petites quantités (de 10 à 100 litres), qui sont conservées et surveillées dans des cuves avant leur transfert pour traitement.

[2] La cuve objet de l’évènement, d’un volume utile de 11 litres, contenait des résidus de dissolution de matières radioactives en suspension dans une solution liquide (8,6 litres), d’une puissance spécifique inférieure à 1W/l.

[3] Sous l’effet des rayonnements ionisants, l’eau se décompose et produit de l’hydrogène, gaz dont il faut limiter la concentration pour éviter tout risque d’inflammation ou d’explosion. La prescription technique édictée par l’ASN dit que l’entreposage des liquides radioactifs doit être réalisé de telle sorte que :

  • en fonctionnement normal, la concentration volumique en hydrogène dans le ciel du récipient d’entreposage reste inférieure à 2%,
  • en fonctionnement dégradé, l’exploitant dispose d’un délai supérieur ou égal à 48 heures pour mettre l’installation en état sûr, c'est-à-dire effectuer un balayage gazeux pour diluer l’hydrogène produit par la radiolyse.

Date de la dernière mise à jour : 17/01/2014