Les comprimés d’iode stable

Cette série de questions/réponses ne s'appliquent que dans les zones de 20 km de rayon autour des centrales nucléaires françaises

A quoi servent les comprimés d’iode ?

En cas de rejet radioactif, l’objectif des pouvoirs publics est de limiter au maximum l’exposition des personnes aux rejets radioactifs.

L’iodure de potassium, appelé iode stable, est indispensable au bon fonctionnement de la glande thyroïde. La prise d’iode stable, associée à la mise à l’abri est un moyen de protéger efficacement la thyroïde contre les effets de l’iode radioactif rejeté lors d’un accident nucléaire.

En cas d’accident nucléaire, le rejet d’iode radioactif dans l’atmosphère pourrait constituer un risque sanitaire pour les personnes. Respiré ou avalé, l’iode radioactif se fixe sur la glande thyroïde et accroît le risque de cancer de cet organe, surtout chez les enfants. L’iode stable sature la glande qui, ainsi, ne peut plus capter ou fixer l’iode radioactif.

Prendre ses comprimés d’iode sur instruction du préfet fait partie des actions de protection des personnes en cas d’accident avec l’évacuation, la mise à l’abri, etc.

Tout le monde peut-il prendre des comprimés d’iode ?

Tout le monde peut prendre des comprimés d’iode stable mais ils sont particulièrement recommandés pour les femmes enceintes (fœtus), les enfants et les jeunes car leur thyroïde est plus sensible.

Quelle est la posologie des comprimés d’iode ?

Chaque boîte contient 10 comprimés d’iode stable dosés à 65 mg. La posologie est la suivante :

  • Adulte : 2 comprimés (y compris les femmes enceintes et les jeunes de plus de 12 ans) ;
  • Enfant de 3 à 12 ans : 1 comprimé ;
  • Enfant de 1 mois à 3 ans : ½ comprimé ;
  • Nourrisson : ¼ de comprimé pour les bébés jusqu’à 1 mois.

ATTENTION : si vous souffrez d’une maladie thyroïdienne ou si vous avez des antécédents de pathologies thyroïdiennes, demandez conseil à votre médecin.

Est-il possible de développer une allergie à l’iode ?

Les allergies connues à l’iode sont extrêmement rares. En revanche, il est possible d’être allergique aux excipients contenus dans les comprimés d’iode, mais c’est également très rare. En cas d’allergie avérée, il existe une alternative aux comprimés d’iode qui est la solution iode-iodurée forte de Lugol. En cas de doute, demandez conseil à votre médecin.

À quel moment doivent être pris ces comprimés ?

En cas d’accident nucléaire, le comprimé doit être pris lorsque le préfet en donne la consigne et uniquement à ce moment-là. Le préfet utilisera tous les moyens d’informations existants pour alerter les personnes et donner les consignes à suivre : les sirènes, la télévision, la radio, les véhicules avec haut-parleurs des pompiers et des gendarmes. C’est pourquoi il est très important de suivre les informations données sur France Bleu, France Info et France Télévisions, afin de vous tenir prêt.

J’ai avalé trop de comprimés par erreur. Est-ce dangereux ?

Non, l’iodure de potassium n’est pas toxique. Si vous avez avalé trop de comprimés, vous pourrez éventuellement noter une coloration brunâtre des muqueuses, des nausées, des vomissements, des troubles gastro-intestinaux.

J’ai eu une ablation de la thyroïde, les comprimés d’iode me servent-ils à quelque chose ?

Non, si vous avez eu une ablation totale de la thyroïde, les comprimés d’iode ne vous sont pas utiles. Si l’ablation de la thyroïde est partielle, la thyroïde est incapable de concentrer l’iode. En cas de doute, demandez conseil à votre médecin.

Pourquoi distribue-t-on des comprimés d’iode dans la zone PPI ?

Les campagnes de distribution des comprimés d’iode ont pour objectif de mettre à disposition des riverains des centrales nucléaires des comprimés d’iode stable leur permettant de protéger leur thyroïde en cas de rejet accidentel d’iode radioactif dans l’atmosphère.

Ces campagnes de distribution ont lieu régulièrement depuis 1997 et concernent la zone du Plan particulier d’intervention (PPI), c’est-à-dire la zone située dans un rayon de 10 km autour de chaque centrale nucléaire. Depuis 2019 et l’extension des rayons des PPI, la pré-distribution a lieu jusqu’à 20 km.

Les campagnes de distribution d’iode stable concernent l’ensemble des établissements recevant du public (ERP), à savoir les écoles, administrations et entreprises publiques et privées, et les 2 200 000 personnes réparties dans les 1 100 communes concernées par le PPI.

Les campagnes de pré-distribution ont lieu au minimum tous les 7 ans du fait de la durée de validité des comprimés.

Quel est l’intérêt des campagnes d’information et de pré-distribution d’iode ?

Les campagnes de distribution d’iode stable sont l’occasion de sensibiliser sur les risques et de mobiliser les citoyens.

Le citoyen est au cœur de cette démarche, car, en dernier ressort, en cas de crise, c’est lui qui devra agir pour se protéger selon les consignes qu’il recevra.

Le citoyen est le premier responsable de sa sécurité. Il n’est pas de gestion de crise efficace sans implication du citoyen.

Dans ce but, de nombreux acteurs de terrain, comme les maires, les commissions locales d’information (CLI), les professionnels de santé, sont mobilisés aux côtés des pouvoirs publics et d’EDF afin de diffuser les informations relatives aux bons réflexes à avoir en cas d’alerte nucléaire.

Que dois-je faire des comprimés obtenus lors des campagnes précédentes ?

Si vous êtes en possession de comprimés périmés, vous devez les rapporter en pharmacie.

Si la prise de comprimés d’iode était nécessaire au-delà du rayon des 20 km, comment serait organisée la distribution ?

La prise d’iode stable s’appuie sur deux dispositifs de distribution :

  • une mise à disposition préventive, autour des installations présentant un risque d’émission d’iode radioactif (centrales nucléaires, certaines usines et bases navales), dans un rayon de planification défini dans les plans ORSEC–PPI. Cette distribution permet de répondre à des événements au déroulement rapide ;
  • une distribution en situation d’urgence dans le cadre des plans ORSEC iode départementaux. L’État a constitué des stocks de comprimés d’iode pour être en mesure de protéger les personnes se trouvant en dehors des périmètres définis autour des installations nucléaires et de couvrir les besoins de la population française en cas de risque d’exposition à de l’iode radioactif.

Santé Publique France est chargée de répartir les comprimés au niveau de ses plates-formes de stockage situées dans chaque zone de défense et de sécurité, ainsi que sur ses plates-formes départementales.

Santé Publique France est en mesure, à partir de ses plates-formes, de mettre les comprimés d’iode à disposition des préfets qui ont organisé des plans de distribution à la population, selon des modalités actualisées par une circulaire interministérielle datée du 11 juillet 2011 (plan ORSEC iode départemental). Si au vu des informations dont ils disposent, les préfets considèrent que la situation nécessite la prise de comprimés d’iode stable, les stocks sont déployés vers des points de distribution de proximité alors indiqués au public, notamment par la radio. Des mesures de mise à l’abri, évacuation ou restriction de consommation peuvent compléter ce dispositif, afin de soustraire les personnes à l’ensemble des risques liés à des rejets radioactifs.

Chaque préfet de département a donc la responsabilité de mettre en place un plan ORSEC iode départemental décrivant de façon concrète les modalités de mise en oeuvre de la distribution des comprimés (sites de distribution, tournées d’acheminement, etc.) en faisant notamment appel à l’échelon communal. Cette distribution permet de répondre à des événements dont l’étendue géographique est plus grande mais dont le déroulement est plus lent.

Où stocker les comprimés ?

Les comprimés doivent être stockés dans un endroit aisément mémorisable, sec et frais mais ne doivent pas être mis au réfrigérateur. Il est recommandé de ne pas stocker les comprimés d’iode dans une cuisine, une salle de bain ou une buanderie : la pièce où ils se trouvent ne doit pas être humide.

Le recours aux comprimés d’iode s’est-il déjà avéré nécessaire en France ?

Ce cas ne s’est jamais présenté en France. La distribution de boîtes de comprimés d’iode est une distribution préventive.