Phénomène de corrosion sous contrainte détecté sur le circuit d’injection de sécurité du réacteur 1 de la centrale de Civaux - Arrêt des réacteurs de 1 450 MWe pour réalisation de contrôles

Publié le 16/12/2021 à 10:25

Note d'information

Le 21 octobre 2021, à la suite de contrôles par ultrasons réalisés au titre de la visite décennale du réacteur 1 de la centrale nucléaire de Civaux, EDF a informé l’ASN de la détection d’indications [1] sur des soudures des coudes de la tuyauterie raccordant le système d’injection de sécurité [2] au circuit primaire principal du réacteur (voir image ci-après). Afin d’identifier l’origine de ces indications, les parties de tuyauteries concernées ont été découpées pour expertise métallurgique en laboratoire.

EDF a  par ailleurs pris la décision d’arrêter le réacteur 2 de la centrale de Civaux pour réaliser, de manière anticipée, ces contrôles des zones concernées, les précédents contrôles datant de 2012. Les résultats préliminaires de ces contrôles ont confirmé la présence d’indications similaires à celles du réacteur 1.

Le principe de fonctionnement d’un réacteur à eau sous pression

Le 15 décembre 2021, EDF a informé l’ASN que les premières expertises métallurgiques réalisées sur les parties déposées des tuyauteries du réacteur 1 de la centrale de Civaux avaient mis en évidence la présence de fissuration résultant d’un phénomène de corrosion sous contrainte. EDF poursuit ses investigations afin de caractériser les facteurs à l’origine de ce phénomène et d’identifier les zones possiblement concernées.

Coude de la tuyauterie et soudures adjacentes faisant l’objet d’un contrôle décennal (palier N4)

Au regard de l’origine inattendue des fissurations constatées, EDF a pris la décision de mettre à l’arrêt, dans les meilleurs délais, les réacteurs de conception similaire. Les réacteurs B1 et B2 de la centrale nucléaire de Chooz seront ainsi prochainement arrêtés afin de réaliser des contrôles complémentaires à ceux réalisés en 2019 et 2020 lors de leur visite décennale.

L'ASN considère que cette décision, prise par EDF en tant que premier responsable de la sûreté, est appropriée à la situation.

L’ASN, avec l’appui technique de l’IRSN, suit avec attention les investigations menées par EDF et les conclusions qui en seront tirées, notamment vis-à-vis du suivi en service sur ces équipements. L’ASN autorise les interventions sur les équipements concernés et se prononcera sur leur remise en service.

Photo montrant les soudures présentant des fissures

[1] Une indication est un signal (typiquement un écho pour des contrôles par ultrason) mettant en évidence la possible présence d’un défaut dans le matériau contrôlé.

[2] Le circuit d’injection de sécurité (RIS) permet, en cas d'accident causant une brèche importante au niveau du circuit primaire du réacteur, d'introduire de l'eau borée sous pression dans celui-ci afin d'étouffer la réaction nucléaire et d'assurer le refroidissement du cœur.

 

Date de la dernière mise à jour : 27/01/2022