L’ASN valide la poursuite d’exploitation du réacteur de Chooz A en démantèlement au vu des conclusions de son réexamen périodique

Publié le 31/05/2022 à 10:05

Note d'information

Le réacteur nucléaire de Chooz A, exploité par EDF, est le premier exemplaire de la filière des réacteurs à eau sous pression (REP) à être démantelé en France. Ce réacteur, d’une puissance d’environ 300 MWe, a la particularité d’être situé dans une caverne.

Inspection de l'ASN sur le chantier de démantèlement du réacteur Chooz A - © ASN/Sipa/P. Magne

Après un démantèlement partiel, qui a débuté en 1999, et qui a consisté à évacuer le combustible, à vidanger des circuits, à démanteler et à déconstruire la salle des machines, la station de pompage et des bâtiments nucléaires situés à l’extérieur de la caverne, le décret du 27 septembre 2007 a autorisé EDF à engager les opérations de démantèlement complet. Ainsi, le démantèlement du circuit primaire du réacteur, à l’exception de la cuve, a été réalisé. Actuellement, la principale opération en cours est le démantèlement des équipements internes de la cuve [1], qui est réalisé sous eau. Le décret de 2007 prescrit ensuite à EDF la surveillance des eaux issues des drains des roches de la caverne, jusqu’à l’atteinte d’une concentration des effluents de tritium compatible avec l’arrêt de leur traitement éventuel et de leur contrôle avant rejet. Enfin, la dernière étape comprendra le démantèlement complet des équipements résiduels des cavernes et de la station de traitement des effluents, la démolition des bâtiments et le réaménagement du site.

Les enjeux de sûreté présentés par l’installation, au vu de l’avancement des opérations de démantèlement, sont relativement limités. En revanche, les enjeux de radioprotection des travailleurs restent importants.

Dans ce contexte, l’ASN a analysé le rapport de conclusions du réexamen (RCR) périodique de l’installation nucléaire de base (INB) 163 remis par EDF.

Le réexamen d’une INB consiste à vérifier la conformité de l’installation aux règles qui lui sont applicables et à améliorer son niveau de sûreté au regard des meilleures pratiques disponibles. Dans le cas particulier de l’INB 163, au regard des instructions réalisées précédemment, de l’avancement des opérations de démantèlement présentant le plus d’enjeux, et de leur achèvement prescrit au plus tard en 2047, l’objectif principal du réexamen réside dans l’analyse de conformité.

Au cours de l’instruction, une inspection sur le thème du réexamen a été menée sur site. Cette inspection a permis de souligner la bonne tenue de l’installation et les actions pertinentes mises en œuvre pour la lutte contre l’incendie et la gestion des déchets. Elle a toutefois montré que le suivi du plan d’action sur site était perfectible.

De manière générale, le dossier de réexamen transmis par EDF comprenait des lacunes et manquait de précision, concernant par exemple la gestion de certaines pollutions résiduelles. Par ailleurs, l’examen de la conformité de l’installation à son référentiel d’exploitation est resté superficiel, sans que des contrôles concrets soient réalisés sur le terrain concernant l’état réel des équipements et des structures. Enfin, les cas de contamination interne constatés ces dernières années ont montré que les plans d’actions mis en œuvre par EDF depuis 2018 afin de maîtriser le risque de contamination n’avaient pas pleinement atteint leurs objectifs. L’ensemble de ces constats a amené l’ASN à adresser à EDF une série de demandes par courrier.

L’instruction de ce dossier, ainsi que celle des rapports de conclusions des réexamens des réacteurs uranium naturel-graphite-gaz (ou « UNGG ») met en lumière la nécessité qu’EDF renforce son organisation en vue des prochains réexamens périodiques de ses installations en démantèlement.

Au terme de son analyse, et sous la réserve de la prise en compte des demandes qu’elle a adressées à EDF, l’ASN n’a pas d’objection à la poursuite d’exploitation de l’INB 163 pour les années à venir.

L’ASN a transmis les conclusions de son analyse à la ministre chargée de la sûreté nucléaire.

En savoir plus :

Le démantèlement des installations nucléaires

En France, l'industrie nucléaire civile a pris son essor dans les années 1960.
Plusieurs installations construites dans cette période sont arrivées en fin de vie et leur exploitation à des fins de production ou de recherche a cessé. Elles doivent faire l'objet d'une série d'opérations d'assainissement et de démontage que l'on regroupe sous le vocable de "démantèlement".

 

[1] Équipements situés à l’intérieur de la cuve du réacteur assurant notamment le support et le maintien des assemblages combustibles et des tubes guides de grappes

Date de la dernière mise à jour : 31/05/2022