Arrêt pour maintenance et rechargement en combustible du réacteur n° 4 de la centrale nucléaire de Gravelines (Nord)

Publié le 26/06/2013

Le réacteur n° 4 de la centrale nucléaire de Gravelines a été arrêté pour maintenance et rechargement en combustible du 23 février 2013 au 6 mai 2013.

Cet arrêt avait notamment pour objectif le renouvellement d’une partie du combustible avant de démarrer un nouveau cycle de production. En outre, les contrôles et activités de maintenance préventives et curatives, prévus ou non, ont été menés à bien. Les principaux chantiers réalisés à l'occasion de cet arrêt et contrôlés par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) ont été les suivants :

  • remplacement de trente neuf cannes chauffantes1 du pressuriseur2,
  • contrôle des pénétrations de fond de cuve3 du réacteur,
  • réparation des défauts de quinze taraudages de la bride de cuve4,
  • travaux de maintenance curative sur l’une des deux sources électriques externes auxiliaires,
  • réalisation de la modification matérielle post-Fukushima d’appoint en eau de secours au circuit primaire5,
  • réalisation de la modification matérielle post-Fukushima facilitant la réalimentation en eau par les équipes de la force d’action rapide nucléaire (FARN) de réservoirs de systèmes de sauvegarde,
  • le renouvellement d’une partie du combustible.

Six évènements significatifs pour la sûreté ont été classés au niveau 0 de l’échelle INES6. Ces événements concernent des écarts de conformité de matériels, une surpression d’une portion du circuit d’injection de sécurité (RIS)7, la condamnation physique non-conforme d’une vanne et l’absence de prise en compte du risque de dilution lors de la réalisation d’une modification locale.

Un événement significatif pour la radioprotection a été classé au niveau 0 de l’échelle INES. Il est consécutif à l’intervention, au sein de deux locaux classés en zone orange, de deux intervenants disposant d’autorisations d’accès non valides.

L’ASN a demandé à l’exploitant de mettre en œuvre les actions correctives, efficaces et pérennes, permettant d’éviter le renouvellement de ces écarts.

Pendant cet arrêt, l’ASN a procédé à trois journées d’inspection de chantier inopinée qui portaient notamment sur :

  • l’affichage des consignes de chantiers identifiant les risques et parades associées,
  • le balisage de l’accès aux chantiers,
  • la réalisation des activités de décontamination après intervention,
  • la propreté des locaux.

Hormis ces événements significatifs et la transmission tardive d’informations de certains écarts, l’ASN considère que les conditions de sûreté et de radioprotection ont été globalement satisfaisantes au cours de cet arrêt de réacteur.

Après examen des résultats des contrôles et des travaux effectués, l’ASN a donné le 30 avril 2013 son


1. Cannes chauffantes : résistances électriques permettent de réguler la pression du circuit primaire.

2. Pressuriseur : gros composant forgé de forme cylindrique, dont la fonction est de réguler la pression du circuit primaire. En fonctionnement normal, il contient de l'eau en phase liquide et en phase vapeur.

3. Pénétration de fond de cuve : tube implanté dans le fond de la cuve du réacteur et permettant l’introduction de sondes d’instrumentation dans le cœur du réacteur.

4. Taraudages de la bride de cuve : trous dans lesquels viennent s’insérer les goujons de fixation du couvercle de la cuve.

5. Circuit primaire : circuit fermé, contenant de l’eau sous pression participant au refroidissement du combustible contenu dans la cuve du réacteur.

6.International Nuclear Event Scale (échelle internationale de gravité des incidents ou accidents nucléaires).

7. Circuit d’injection de sécurité : circuit permettant en cas d’accident, par exemple une fuite importante du circuit primaire, d’introduire de l’eau borée sous haute pression dans celui-ci afin d’étouffer la réaction nucléaire et d’assurer le refroidissement du cœur.

Date de la dernière mise à jour : 17/01/2014

Dates de l'arrêt du réacteur

Date de l'arrêt : 06/02/2013

Date de redémarrage : 06/05/2013