Découverte de sources radioactives et présence de contamination radioactive résiduelle

Publié le 12/10/2020

Hôpitaux Universitaires de Strasbourg (HUS) 67000 Strasbourg

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a reçu, le 9 octobre 2020, la déclaration, par les Hôpitaux Universitaires de Strasbourg (HUS), d’un événement significatif concernant la radioprotection (ESR) relatif à la découverte de sources radioactives anciennes, ainsi qu’une contamination radioactive en résultant, dans un bâtiment sur son site de l’Hôpital civil à Strasbourg. Cette information complète une première déclaration adressée à l’ASN le 10 août 2020, et fait état des résultats des investigations conduites depuis.

Ces sources, ainsi que la présence de contamination radioactive, proviennent des activités nucléaires médicales (curiethérapie, radiothérapie, médecine nucléaire) mises en œuvre par le Centre Paul Strauss et par les HUS depuis les années 1930 sur le site. Les activités nucléaires dans ces locaux ont été arrêtées au milieu des années 1990. Le bâtiment concerné a été définitivement fermé en novembre 2019, à la suite du transfert de l’ensemble des activités de traitement du cancer vers le nouvel Institut de cancérologie Strasbourg-Europe (ICANS) à Hautepierre.

Cette découverte, ainsi que les premières mesures et caractérisations, ont été réalisées par l’unité de radiophysique et de radioprotection des HUS, à l’occasion d’un état des lieux de la situation radiologique des locaux en prévision d’un projet de réaffectation. L’ensemble des résultats disponibles a été présenté à l’ASN, qui a réalisé une visite des locaux concernés.

Les principaux radionucléides identifiés correspondent à ceux qui ont été historiquement utilisés dans le cadre des techniques de traitement qui se sont succédé au XXe siècle, notamment le radium-226 et le césium-137.

Outre les sources découvertes dans différents conditionnements anciens dans des zones peu accessibles du bâtiment, aujourd’hui condamnées, plusieurs anciens locaux de travail montrent une contamination résiduelle au niveau des surfaces de travail, des sols, et de certaines canalisations. Les HUS mènent actuellement des investigations pour évaluer si des personnes étant intervenues dans ces locaux dans le passé ont pu être exposées, en vue de les en informer.

Enfin, plusieurs aménagements maçonnés (fosses, dalles de béton) ont été identifiés comme ayant potentiellement servi, dans le passé, lors d’interventions de gestion et de confinement de déchets radiologiques. Ces aménagements doivent faire l’objet d’investigations et de caractérisations complémentaires afin d’évaluer les conséquences potentielles sur l’environnement et de décider des actions à mener pour assainir ces locaux.

L’ASN a demandé aux HUS de présenter une stratégie et un plan d’action pour remédier à cette situation. En particulier, l’identification des sources radioactives historiques devra être réalisée en vue de leur évacuation du bâtiment, de leur reconditionnement et de leur prise en charge dans des filières d’élimination appropriées. Des mesures radiologiques devront être réalisées dans les locaux, après retrait des sources, afin d’évaluer précisément la contamination résiduelle des locaux et de définir, si nécessaire, des actions de décontamination.

En l’état actuel de sa connaissance de la situation, l’ASN classe provisoirement cet événement au niveau 1 de l’échelle INES (échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques graduée de 0 à 7 par ordre croissant de gravité). Ce classement pourra évoluer suivant les sources radioactives découvertes ou le nombre de personnes exposées.

Date de la dernière mise à jour : 03/09/2021

Classement de l’incident (INES)

Niveau 1

Anomalie