Usine de traitement des combustibles irradiés (UP2 400)

Le décret autorisant les opérations de Mise à l’Arrêt Définitif et le Démantèlement (MAD/DEM) de UP2 400 sur le site de La Hague a été signé le 31 juillet 2009 et publié au Journal Officiel ce 4 août 2009.

Transformation de substances radioactives - Orano Cycle

L’ancienne usine UP2‑400 (INB 33) a été mise en service en 1966 et est arrêtée définitivement depuis le 1er janvier 2004. L’arrêt définitif concerne également trois INB associées à l’usine UP2‑400 : l’INB 38 (installation STE2 et atelier AT1), l’INB 47 (atelier ELAN IIB) et l’INB 80 (atelier HAO). Les opérations en cours dans les quatre INB concernent la reprise et le conditionnement de déchets anciens (RCD) et le démantèlement.

Les opérations de reprise et de conditionnement des déchets anciens

Contrairement aux déchets conditionnés directement en ligne, que produisent les nouvelles usines UP2‑800 et UP3-A de La Hague, la majeure partie des déchets produits par la première usine UP2‑400 a été entreposée en vrac, sans conditionnement définitif. Les opérations de reprise de ces déchets sont techniquement délicates et nécessitent la mise en œuvre de moyens importants. Elles présentent des enjeux de sûreté et de radioprotection majeurs, que l’ASN contrôle particulièrement.

La reprise des déchets contenus dans les entreposages anciens du site de La Hague constitue, en outre, un préalable aux opérations de démantèlement et d’assainissement de ces entreposages.

Le calendrier initialement prévu pour la reprise de ces déchets a fortement dérivé et a continué de dériver ces dernières années. L’ASN considère que tout report d’échéance devra être justifié par Orano Cycle et accompagné de mesures compensatoires permettant de réduire le risque à un niveau aussi bas que possible, car les bâtiments dans lesquels ces déchets anciens sont entreposés vieillissent et ne répondent pas aux standards de sûreté actuels. En particulier, l’ASN considère qu’il est nécessaire qu’Orano Cycle entreprenne au plus tôt la reprise des déchets anciens produits par le fonctionnement de l’usine UP2‑400, notamment les boues entreposées dans les silos de STE2, les déchets du silo HAO et du silo 130, et poursuive le traitement des solutions de produits de fission entreposées dans l’unité SPF2.

L’ASN a encadré par des prescriptions l’ensemble des programmes de reprise et conditionnement des déchets anciens de La Hague, par décision n° 2014-DC-0472 du 9 décembre 2014. Cette décision définit les priorités en termes de sûreté des opérations de RCD et fixe des jalons pour chacun des programmes concernés.

Les solutions anciennes de produits de fission stockées dans l’unité SPF2 de l’usine UP2‑400

Pour le conditionnement des produits de fission issus du retraitement de combustibles provenant des réacteurs de la filière UNGG et contenant notamment du molybdène (PF UMo), l’exploitant a retenu la vitrification en creuset froid. Le colis ainsi produit est un colis standard de déchets UMo vitrifiés (CSD‑U).

La mise en exploitation du creuset froid a été autorisée par décision du 20 juin 2011. Des aléas ont été rencontrés lors de son développement et de sa mise en œuvre. Orano Cycle n’a, de ce fait, pas pu respecter l’échéance de fin de reprise fixée au 31 décembre 2017 par décision de l’ASN du 26 juin 2012 et a demandé à reporter cette échéance, sur la base de la cadence de production de CSD‑U en 2018, à fin 2019. Cette demande est en cours d’instruction par l’ASN.

Usine UP2‑400, station de traitement des effluents STE2 et installation ÉLAN IIB

Orano Cycle a déposé en juillet 2015 des dossiers de démantèlement complets pour les INB 33 et 38. Il a également transmis les rapports de réexamen des INB 33, 38 et 47. L’instruction des réexamens, conjointe avec celle des dossiers de démantèlement, permet notamment de s’assurer que les dispositions de maîtrise du vieillissement sont compatibles avec la stratégie de démantèlement envisagée par l’exploitant, en particulier avec la durée prévisionnelle de l’ensemble du projet de démantèlement. L’exploitant doit notamment réaliser des études complémentaires concernant la tenue au séisme du Laboratoire central de contrôle (LCC). En 2018, Orano Cycle a déposé des mises à jour des dossiers de démantèlement des INB 33 et 38. L’exploitant a poursuivi la réalisation des opérations de démantèlement autorisées par décrets de 2013, notamment dans l’INB 33. Le démantèlement de l’INB 33 avance de façon satisfaisante, tandis que celui de l’INB 38 rencontre des difficultés, dues principalement aux incertitudes sur le contenu radiologique et chimique des cellules. Concernant l’INB 47, les résultats des caractérisations complémentaires, préalables nécessaires aux opérations de démantèlement, ont conduit Orano Cycle à engager la révision du scénario de démantèlement, qui sera présentée à l’ASN en 2019. L’ASN note toutefois qu’Orano Cycle s’attache à définir des plans d’action pour maîtriser les dérives de calendrier.

Date de la dernière mise à jour : 16/05/2019