Station de traitement des effluents et déchets solides (STE2) et atelier de traitement des combustibles nucléaires oxyde (AT1)

Installation STE 2 : collecte, traitement des effluents et entreposage des boues de précipitation et atelier AT1, installation prototype en cours de démantèlement.

Transformation de substances radioactives - Orano Cycle

Installation STE 2 sur le site de La Hague : collecte, traitement des effluents et entreposage des boues de précipitation et atelier AT1, installation prototype en cours de démantèlement.

Le scénario présenté en 2010 concernant la reprise et le conditionnement des boues de STE2 était découpé en trois étapes :

  • reprise des boues entreposées dans des silos de STE2 (INB 38) ;
  • transfert et traitement, initialement par séchage et compactage, dans STE3 (INB 118) 
  • conditionnement des pastilles obtenues en colis dénommés « C5 » en vue du stockage en couche géologique profonde.

L’ASN a autorisé la première phase de travaux pour la reprise des boues de STE2 en 2015. Orano Cycle a transmis, au cours de l’année 2017, des compléments liés à la première phase des travaux, ainsi qu’une demande d’autorisation concernant le procédé de reprise des boues de STE2 et leur transfert vers STE3. Ce dossier est en cours d’instruction.

Le décret d’autorisation de création de la station de traitement des effluents STE3 a été modifié par décret du 29 janvier 2016, afin de permettre l’implantation du procédé de traitement des boues de STE2.

Usine UP2‑400, station de traitement des effluents STE2 et installation ÉLAN IIB

L’ancienne usine UP2-400 (INB 33) a été mise en service en 1966 et est arrêtée définitivement depuis le 1er janvier 2004.

L’arrêt définitif concerne également trois INB associées à l’usine UP2-400 : l’INB 38 (installation STE2 et atelier AT1), l’INB 47 (atelier ELAN IIB) et l’INB 80 (atelier HAO).

En 2019, l’ASN a finalisé l’instruction des dossiers de réexamen de sûreté des INB 33, 38 et 47. La décision n°2019-DC-0673 de l’ASN, encadrant la poursuite de leur démantèlement, a été publiée le 25 juin 2019.

L’ASN a poursuivi l’instruction des demandes d’autorisation de démantèlement partiel pour les INB 33 et 38 transmises en avril 2018. Les reports demandés par l’exploitant conduisent à des échéances de fin de démantèlement en 2046 et 2043, au lieu de 2035 actuellement pour les deux INB. Orano doit compléter, début 2020, d’une part, le dossier de démantèlement de l’INB 33 concernant la suppression des interactions en cas de séisme entre l’atelier MAPu et l’atelier BST1 par la démolition des étages supérieurs du MAPu, d’autre part, son mémoire en réponse à l’avis de l’Autorité environnementale, avant le lancement de l’enquête publique.

L’ASN note que les reports d’échéances demandés sont significatifs et sont dus en grande partie aux retards pris dans la reprise et le conditionnement des déchets anciens. De ce fait, l’ASN poursuivra en 2020 sa démarche de contrôle de la gestion de ces projets.

Appréciations 2020

Reprise et conditionnement des boues de STE2

La station STE2 d’UP2‑400 servait à collecter les effluents de l’usine UP2‑400, à les traiter et à entreposer les boues de précipitation issues du traitement. Les boues de STE2 sont ainsi les précipités qui fixent l’activité radiologique contenue dans les effluents et elles sont entreposées dans sept silos. Une partie des boues a été enrobée dans du bitume et conditionnée dans des fûts en acier inoxydable dans l’atelier STE3. À la suite de l’interdiction du bitumage par l’ASN en 2008, Orano a étudié d’autres modes de conditionnement pour les boues non conditionnées ou entreposées.

Le scénario concernant la reprise et le conditionnement des boues de STE2 présenté en 2010 était découpé en trois étapes :

  • reprise des boues entreposées dans des silos de STE2 (INB 38) ;
  • transfert et traitement, initialement envisagé par séchage et compactage, dans STE3 (INB 118) ;
  • conditionnement des pastilles obtenues en colis dénommés « C5 » en vue du stockage en couche géologique profonde.

L’ASN a autorisé la première phase de travaux pour la reprise des boues de STE2 en 2015 et le décret d’autorisation de création de la station de traitement des effluents STE3 a été modifié par décret du 29 janvier 2016, afin de permettre l’implantation du procédé de traitement des boues de STE2.

Fin 2017, Orano Cycle a cependant informé l’ASN que le procédé retenu pour le traitement des boues dans STE3 pouvait entraîner des difficultés pour l’exploitation et la maintenance des équipements. Orano Cycle a proposé un scénario alternatif par centrifugation et a transmis en août 2019 un dossier d’options de sûreté (DOS), qui repose cependant sur des hypothèses encore trop peu étayées.

Une inspection réalisée fin 2019 a confirmé que le projet n’était pas suffisamment mûr pour que l’ASN puisse donner un avis sur ce DOS. Celui‑ci devait être révisé, en particulier sur les options structurantes du projet concernant le traitement des effluents et les rejets dans l’environnement, ainsi que la maîtrise du risque d’incendie.

En 2020, l’ASN a engagé l’instruction du nouveau DOS, transmis en juillet 2020 par Orano et apportant des compléments, en particulier sur les sujets liés à la réactivité des boues et au traitement des effluents. L’ASN a par ailleurs poursuivi l’instruction de la demande d’autorisation pour l’implantation des équipements de reprise sur les toits des silos de l’atelier STE2, en portant une attention particulière au risque d’incendie, dont la maîtrise n’est pas complètement démontrée. Sur ce dernier sujet, des compléments restent attendus par l’ASN.

EN SAVOIR PLUS

Règles de reprise et de conditionnement des déchets anciens à La Hague

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A La Hague, l'ASN prescrit à AREVA les modalités de reprise et de conditionnement des déchets radioactifs anciens.

Le silo 130

Le silo 130 est un entreposage enterré en béton armé, muni d’un cuvelage en acier noir utilisé pour l’entreposage à sec de déchets solides issus du traitement des combustibles des réacteurs UNGG, ainsi que de déchets technologiques et de terres et gravats contaminés. Le silo a reçu des déchets de ce type à partir de 1973, jusqu’à son incendie en 1981, qui a contraint l’exploitant à noyer ces déchets. L’étanchéité du silo ainsi rempli d’eau n’est aujourd’hui assurée qu’au moyen d’une unique barrière de confinement, constituée d’une « peau » en acier. La surveillance de l’étanchéité du silo 130 est effectuée par un réseau de piézomètres situés à proximité. Le scénario de reprise et de conditionnement de ces déchets comporte quatre étapes :

  • reprise et conditionnement des déchets UNGG solides ;
  • reprise des effluents liquides ;
  • reprise et conditionnement des déchets UNGG résiduels et des boues de fond de silo ;
  • reprise et conditionnement des terres et gravats.

Orano Cycle a construit une cellule de reprise au‑dessus de la fosse contenant les déchets et un nouveau bâtiment dédié aux opérations de tri et de conditionnement. En 2020, la préparation des opérations de reprise des déchets s’est poursuivie et l’étape clé de la constitution du premier fût de reprise de déchets du silo 130 a été franchie. Après un arrêt prolongé des installations en raison du confinement lié à la gestion de la crise sanitaire et à l’intégration de modifications matérielles préalable à la reprise des opérations, dont le remplacement des câbles de la herse, Orano a procédé à la reprise de l’exploitation en octobre 2020, après avoir effectué la première expédition de fûts vers l’atelier d’entreposage/désentreposage de déchets solides (E/D EDS) sur le site de La Hague.

Orano a par ailleurs mené un premier retour d’expérience de la mise en service de cette cellule de reprise et a identifié des améliorations organisationnelles dans la conduite de ce type de projet. Ces améliorations portent notamment sur le renforcement de la méthodologie de transfert de l’installation entre les équipes projet, dont celles en charge des essais, vers celles du futur exploitant. L’ASN considère que cette démarche est positive.

Comprendre

Les enjeux de sûreté associés au silo 130

Le silo 130 a été conçu et construit selon les exigences de sûreté en vigueur dans les années 1960. La structure du génie civil du silo 130 est aujourd’hui fragilisée par le vieillissement et par l’incendie survenu en 1981. En outre, les déchets, initialement entreposés à sec, se retrouvent submergés pour partie dans un volume important d’eau, depuis l’extinction de l’incendie de 1981. L’eau est donc en contact direct avec les déchets et peut contribuer à la corrosion du cuvelage en acier noir, qui est aujourd’hui l’unique barrière de confinement. Ainsi, un des risques majeurs concerne la dispersion des substances radioactives dans l’environnement (infiltration de l’eau contaminée dans la nappe phréatique).

Un autre facteur pouvant compromettre la sûreté du silo 130 est lié à la nature des substances présentes dans les déchets, comme le magnésium qui est pyrophorique. L’hydrogène, gaz hautement inflammable, peut aussi être produit par des phénomènes de radiolyse ou de corrosion (présence d’eau). Ces éléments contribuent aux risques d’incendie et d’explosion.

Schéma de reprise et de conditionnement des déchets du silo 130

Silo 130 - Schéma général
Silo 130 - Schéma détaillé 1
Silo 130 - Schéma détaillé 2

Date de la dernière mise à jour : 27/05/2021