La sûreté nucléaire et la radioprotection dans la région Normandie en 2016 : l’ASN dresse un bilan globalement satisfaisant

Publié le 20/09/2017 à 10:30

Communiqué de presse

La division de Caen de l’ASN a présenté le 20 septembre 2017, à Caen, le bilan de son action de contrôle de la sûreté nucléaire et de la radioprotection dans la région Normandie pour l’année 2016.

Cette conférence de presse fait suite à la publication par l’ASN de son Rapport sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2016.

Au regard des résultats de son action de contrôle et notamment des 194 inspections qu’elle a réalisées en 2016, l’ASN considère que le niveau de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en région Normandie reste globalement satisfaisant. Cependant, les exploitants doivent rester rigoureux dans la conduite de leurs activités.

Installations de La Hague exploitées par Areva NC 

L’ASN considère que le bilan est assez satisfaisant pour ce qui concerne la sûreté nucléaire, la maîtrise de l’exposition des personnels aux rayonnements ionisants et le respect des limites de rejets dans l’environnement. Cependant, l’ASN considère qu’Areva NC doit améliorer la surveillance des intervenants extérieurs, la rigueur accordée à la gestion des déchets et les dispositions en matière de maîtrise du risque d’incendie.  

La corrosion, plus rapide que celle initialement prévue à la conception, des évaporateurs de concentration de produits de fission des ateliers R2 et T2 de La Hague a amené l’ASN à prendre une décision le 23 juin 2016 pour encadrer la poursuite du fonctionnement de ces équipements.

En 2016, l’ASN a instruit, puis autorisé par décision du 12 octobre 2016, une modification notable de l’organisation de l’exploitation du site de La Hague ayant conduit au regroupement des activités d’exploitation au sein de trois unités opérationnelles.

En 2017, Areva NC doit poursuivre ses efforts pour assurer, dans le respect des échéances prescrites, la reprise et le conditionnement des déchets anciens entreposés sur le site dans des conditions de sûreté qui ne répondent plus aux exigences actuelles. L’ASN contrôlera la poursuite de fonctionnement des évaporateurs de produits de fission, mènera l’instruction des dossiers des nouvelles unités de concentration des produits de fission, et poursuivra son suivi du dossier relatif à la pollution radioactive de la zone nord-ouest du site.

Centrale nucléaire de Flamanville d’EDF

L’ASN considère que ses performances en matière de sûreté nucléaire, de radioprotection et de protection de l’environnement rejoignent globalement l’appréciation générale portée sur EDF. L’ASN observe des performances globalement satisfaisantes en matière d’exploitation et de conduite des réacteurs mais considère que le site doit améliorer la rigueur dans la maintenance des systèmes électriques.

En matière de radioprotection, l’ASN estime que la surveillance des intervenants doit être renforcée pour mieux maîtriser les risques de contamination.

En 2017, l’ASN contrôlera l’arrêt du réacteur 2 ainsi que la préparation du site en vue des deux visites décennales à venir. En février 2017, le réacteur 1 a connu une détonation et un départ de feu au niveau d'un ventilateur situé sous l'alternateur dans la salle des machines. Cet événement n’a pas eu de conséquences sur la sûreté nucléaire ni sur l'environnement. Le réacteur a été mis à l’arrêt et l’exploitant a mené d’importants travaux de remise en état de son alternateur.

Centrales nucléaires exploitées par EDF en Seine-Maritime

L’ASN considère que les performances des sites de Paluel et de Penly en matière de sûreté nucléaire, de radioprotection et de protection de l’environnementrejoignent l’appréciation générale portée par l’ASN sur EDF.

Chantier du réacteur EPR Flamanville 3

Au regard du contrôle exercé sur le chantier du réacteur EPR Flamanville 3 conduit par EDF, l’ASN considère que l’organisation mise en place par l’exploitant est satisfaisante mais qu’elle doit être améliorée dans certains domaines comme la protection de l’environnement, la conservation des équipements, la gestion du risque d’introduction de corps étrangers dans les circuits et le traitement des écarts détectés lors de la surveillance effectuée par EDF sur les intervenants extérieurs. Par ailleurs, la rigueur de réalisation des premières activités de contrôle des soudures du circuit primaire principal a dû être améliorée à l’issue d’un contrôle de l’ASN.

Concernant les équipes chargées de la future exploitation du réacteur, l’ASN considère que l’organisation mise en œuvre par EDF doit progresser sur la validation des documents d’exploitation lors des essais de démarrage et l’appropriation des futurs moyens et locaux de crise.

Concernant la cuve de l’EPR Flamanville 3, l’ASN a présenté le 28 juin 2017 sa position à la suite de l’analyse des dossiers transmis par Areva NP et EDF, menée par sa direction des équipements sous pression nucléaires et l’IRSN, et de l’avis de son groupe permanent d’experts pour les équipements sous pression nucléaires. Les caractéristiques mécaniques du fond et du couvercle de la cuve sont suffisantes au regard des sollicitations auxquelles ces pièces sont soumises mais il est nécessaire qu’EDF mette en œuvre des contrôles périodiques supplémentaires pour s’assurer de l’absence d’apparition ultérieure de défauts. La faisabilité technique de tels contrôles sur le couvercle de la cuve n’est pas acquise ; l’utilisation du couvercle devra donc être limitée dans le temps. Le projet d’avis ASN est mis à la consultation du public du 10 juillet au 12 septembre 2017.

Autres installations nucléaires contrôlées par l’ASN situées à proximité de Cae

Pour le Centre de stockage de la Manche exploité par l’Andra et le Grand accélérateur national d’ions lourds exploité par le GIE Ganil, l’ASN considère que leur niveau de sûreté est globalement satisfaisant.

Domaine médical—

Dans le domaine médical, l’ASN maintient ses priorités d’inspection en radiothérapie et en imagerie interventionnelle. Les inspections conduites en radiothérapie en 2016 confirment l’amélioration de l’organisation permettant l’assurance de la qualité des soins. Toutefois, malgré les renforts en personnels dans la plupart des centres de radiothérapie, un nombre limité de centres normands connaissent encore une insuffisance ou une instabilité de leurs effectifs, notamment de physique médicale et de médecins radiothérapeutes. En imagerie interventionnelle, l’optimisation des doses reçues par les patients et les professionnels, notamment au niveau du cristallin, reste l’objectif majeur.

Utilisations industrielles des rayonnements ionisants 

S’agissant des utilisations industrielles des rayonnements ionisants, le contrôle de la radiographie industrielle demeure une priorité pour l’ASN du fait des enjeux importants de radioprotection des travailleurs. Les inspections de l’ASN ont conduit à constater, comme les années précédentes, une situation très contrastée suivant les entreprises : si les conditions d’intervention s’améliorent de manière globale, l’organisation et les pratiques de quelques entreprises en matière de radioprotection restent un motif de vigilance pour l’ASN.   

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Date de la dernière mise à jour : 20/09/2017