Centrale nucléaire de Fessenheim

La centrale nucléaire de Fessenheim comprend deux réacteurs à eau sous pression d’une puissance unitaire de 900 MWe, qui produisent l’équivalent de la consommation d’électricité de l’Alsace (de l’ordre de 12 TWh annuels). Elle est située à 1,5 km de la frontière allemande et à 30 km environ de la Suisse. Les deux réacteurs, qui constituent les INB 75, ont été mis en service en 1977.

Réacteurs de 900 MWe - EDF

Installation contrôlée par :

la division de Strasbourg

L'installation en bref

La centrale nucléaire de Fessenheim comprend deux réacteurs à eau sous pression, d’une puissance unitaire de 900 MWe. Elle est située à 1,5 km de la frontière allemande et à 30 km environ de la Suisse. Les deux réacteurs ont été mis en service en 1977 et s’arrêteront définitivement en 2020.

Appréciations 2019

L’ASN considère que la performance de la centrale nucléaire de Fessenheim reste à un niveau satisfaisant en matière de sûreté nucléaire, tant au plan de l’exploitation des réacteurs que de la mise en œuvre des programmes de maintenance des installations ; l’installation se situe favorablement par rapport à la moyenne nationale dans les domaines de la sûreté et de l’environnement, et dans la moyenne dans le domaine de la radioprotection.

Ainsi, après une bonne année 2018, l’exploitation en 2019 a fait apparaître quelques événements en lien avec la fiabilisation des interventions et des opérations de conduite, mais sans remettre en cause le jugement globalement positif de l’ASN. Les bons résultats sur le nombre d’arrêts automatiques montrent le maintien rigoureux des actions de prévention en la matière. Le site est également très performant sur le transport externe et interne des substances radioactives. L’organisation du site pour la mise en œuvre du plan d’urgence interne (PUI) apparaît solide, et la réactivité des équipiers d’intervention et des agents en charge du déploiement des moyens locaux de crise a été très positivement remarquée lors des inspections de l’ASN.

L’ASN a constaté en 2019 plusieurs événements montrant une relative faiblesse du site en matière de gestion du risque d’incendie, par exemple sur la configuration des circuits, la surveillance des équipements de protection contre l’incendie, ou sur les capacités des moyens d’intervention présents sur le site.

En revanche, il n’a pas été détecté d’écart sur les sujets des permis de feu, de la sectorisation et des charges calorifiques, qui paraissent bien gérés.

L’année 2019 a été marquée par un programme de maintenance particulier, avec deux arrêts de réacteur pour visite partielle, planifiés tardivement compte tenu du report de la date d’arrêt définitif initialement prévue, et avec des chantiers adaptés au contexte de fermeture prochaine. Ce programme a été conduit de manière correcte. L’ASN a noté une forte volonté du site de maintenir les installations dans un état exemplaire, avec un bon niveau d’implication des agents et de la hiérarchie dans la maintenance et l’état des installations.

En matière de gestion de l’environnement, aucun événement ne conduit à remettre en cause le jugement globalement positif des années précédentes.

Enfin, en matière de radioprotection, l’année 2019 a été marquée par quelques événements relatifs à des accès en zone classée ou à la maîtrise du risque de dispersion de contamination. Ce dernier point révèle une fragilité potentielle sur les activités atypiques de décontamination, qui nécessitera une vigilance particulière dans le cadre des activités futures du site. Quelques écarts ponctuels ont été relevés par rapport à la réglementation incendie pour la sécurité des travailleurs, mais la performance du site en matière de sécurité au travail reste satisfaisante.

Préparation de la mise à l’arrêt définitif du site de Fessenheim

EDF a transmis à la ministre chargée de la sûreté nucléaire et à l’ASN, en septembre 2019, la déclaration d’arrêt définitif de la centrale nucléaire de Fessenheim, qui constitue l’INB 75, conformément à l’article L. 593‑26 du code de l’environnement. Le réacteur 1 s’est arrêté le 22 février 2020 et le réacteur 2 s’arrêtera le 30 juin 2020. Conformément au code de l’environnement, EDF a joint à sa déclaration d’arrêt un plan de démantèlement décrivant la stratégie envisagée pour réaliser le démantèlement de la centrale. EDF devra ensuite déposer un dossier de démantèlement dans le but d’obtenir un décret qui lui permettra d’engager les opérations de démantèlement. Ce dossier de démantèlement fera l’objet d’une instruction technique et sera soumis à enquête publique.

Le démantèlement des réacteurs à eau sous pression bénéficie déjà d’un bon retour d’expérience international. En France, le réacteur de Chooz A, dans les Ardennes, utilise la même technologie et est également en cours de démantèlement. Pour la centrale de Fessenheim, EDF prévoit aujourd’hui 5 ans d’opérations préparatoires au démantèlement, qui s’étaleront de l’arrêt définitif à l’obtention du décret de demantèlement. Ces opérations préparatoires comprennent notamment l’évacuation du combustible du cœur du réacteur, ainsi que des combustibles usés entreposés dans les piscines. Une fois le décret de démantèlement paru, EDF envisage une durée des opérations de démantèlement de 15 ans jusqu’à l’atteinte de l’état final, puis le déclassement de l’INB.

De façon générale, le plan de démantèlement de la centrale nucléaire de Fessenheim transmis par EDF n’est pas suffisamment détaillé pour une installation aussi proche de son arrêt définitif. L’ASN a donc demandé à EDF, en décembre 2019, de justifier et préciser davantage sa stratégie, notamment concernant les délais des opérations de démantèlement et la gestion des déchets. L’ASN constate, dans ce cadre, qu’EDF prévoit d’envoyer les anciens générateurs de vapeur actuellement entreposés sur site en Suède, pour qu’ils soient valorisés dans son usine de Cyclife Sweden, alors que des modalités de ce type de valorisation restent à élaborer au regard du droit français.

En outre, EDF a déposé en juin 2018 un dossier d’orientation du réexamen des réacteurs de Fessenheim. En effet, EDF devra déposer, avant le 10 septembre 2020 pour le premier réacteur, et le 28 août 2022 pour le second, les rapports de conclusion du réexamen. Ce dossier d’orientation permet de cadrer le contour des analyses de conformité et des réévaluations de sûreté qui devront être menées pour le réexamen périodique. L’ASN a également demandé à EDF en décembre 2019 des précisions notamment sur le périmètre de l’examen de conformité proposé par EDF, et la justification des méthodologies employées et des aléas considérés pour la réévaluation de sûreté. Les rapports de réexamen devront permettre à l’ASN de s’assurer du maintien de la sûreté de l’installation durant les phases préparatoires au démantèlement et de démantèlement.

En novembre 2019, une inspection de revue a eu lieu à la Direction des projets de déconstruction et déchets (DP2D) d’EDF, ainsi que sur le site de Fessenheim. L’ASN a constaté des lots du projet insuffisamment détaillés et l’avancement insuffisant des études techniques à ce stade du projet de démantèlement.

EDF doit renforcer le pilotage du projet de démantèlement de Fessenheim afin de disposer d’une vision globale du projet, intégrant toutes ses interactions. Elle estime, en outre, qu’EDF doit améliorer son organisation pour établir et valider les décisions structurantes pour le scénario de démantèlement, à partir d’hypothèses justifiées et formalisées.

Sur le plan opérationnel local, le site a d’ores et déjà engagé la planification et la préparation des opérations de mise à l’arrêt des réacteurs en 2020, ainsi que la gestion des effectifs et des compétences pendant la période préalable au démantèlement. L’ASN a observé le maintien à un niveau très satisfaisant de l’implication du personnel, et considère que la gestion des enjeux organisationnels et humains, dans le contexte de la perspective de fermeture du site, a été d’un excellent niveau.

Par ailleurs, un certain nombre de prescriptions réglementaires, notamment celles liées à la mise en œuvre des améliorations de sûreté faisant suite au retour d’expérience de l’accident de Fukushima, nécessite d’être adaptées à la configuration d’un site qui ne sera plus en production, mais en attente de son démantèlement. En conséquence, l’ASN a engagé la modification de certaines prescriptions, en particulier l’exigence de construction de diesels d’ultime secours et la désignation des moyens attendus au titre du « noyau dur » (voir chapitre 10, point 2.9).

Principales étapes réglementaires

 Réacteur 1

 Réacteur 2

 Décret d'utilité publique

 15/09/1971

 Décret de création et décret(s) modificatif(s) éventuel(s)

 03/02/1972
10/12/1985

 Date de 1ère divergence

 07/03/1977

 27/06/1977

 Autorisation d'utiliser le MOX

 /

 Arrêtés de rejets d'effluents radioactifs
- gazeux - liquides

 17/11/1977

 Arrêté préfectoral de rejets d'eaux non radioactifs

 26/05/1972
 et
 17/04/1974

 Nouvel arrêté de rejets d'effluents liquides et gazeux

 /

 Mise en service

 31/12/1977

 18/03/1978

Date de la dernière mise à jour : 28/05/2020