Centrale nucléaire de Cattenom

Le site de Cattenom abrite la centrale nucléaire exploitée par EDF dans le département de la Moselle, à 5 km de Thionville.
Le site se trouve à 10 km du Luxembourg et de l'Allemagne. Cette centrale nucléaire est constituée de 4 réacteurs à eau sous pression d'une puissance de 1300 MWe.
Les réacteurs 1, 2, 3 et 4 constituent respectivement les installations nucléaires de base (INB) 124, 125, 126 et 137.

Réacteurs de 1300 MWe - EDF

L'installation en bref

La centrale nucléaire de Cattenom est située sur la rive gauche de la Moselle, à 5 km de la ville de Thionville et à 10 km du Luxembourg et de l’Allemagne.

Le site comprend quatre réacteurs à eau sous pression d’une puissance unitaire de 1 300 MWe, mis en service entre 1986 et 1991, et qui produisent chaque année environ 37 TWh, soit 7 % de la production nationale d’EDF. Les réacteurs 1, 2, 3 et 4 constituent respectivement les INB 124, 125, 126 et 137.

Appréciations 2020

L’ASN considère que la performance de la centrale de Cattenom est en progrès en matière de sûreté, et rejoint, malgré quelques fragilités persistantes, l’appréciation générale que l’ASN porte sur les centrales nucléaires d’EDF en matière de protection de l’environnement et de radioprotection.

Ainsi l’année 2020 a été marquée par une certaine amélioration des performances du site en matière de sûreté, dont les résultats se distinguent favorablement par rapport à ceux des centrales nucléaires d’EDF. Pour autant, cette orientation doit s’analyser dans un contexte d’une année 2020 relativement peu chargée en activité de maintenance et plus favorable à de bons résultats. Cette tendance reste donc à confirmer au regard de programmes de maintenance significativement plus chargés dans les années à venir et de la consolidation des résultats attendus du déploiement du plan d’amélioration de la rigueur d’exploitation lancé en 2020.

L’ASN a noté une forte implication des équipes de conduite des réacteurs pour l’application rigoureuse des règles d’exploitation, qui s’illustre par l’absence d’arrêt automatique en 2020 ou d’événements lors de plusieurs replis de réacteurs.

Dans le domaine de la maintenance, les efforts ont conduit à une amélioration du niveau de surveillance des gestes techniques réalisés, ainsi qu’à des actions permettant de limiter les écarts lors des interventions et des chantiers. Cette amélioration est cependant contrebalancée par des remises en service de systèmes rallongées avec impact sur les durées de fin d’arrêt. Par ailleurs, l’impact de la crise sanitaire a bien été maîtrisé et anticipé.

Le nombre d’événements significatifs a suivi la tendance à l’amélioration observée sur le plan qualitatif, avec 40 événements déclarés par le site contre 51 en 2019. Toutefois, un nombre important de ces événements sont encore à associer à des défaillances organisationnelles ou humaines, dans la ligne des années précédentes ; ainsi, des contrôles réalisés en 2020 ont mis en lumière de nombreuses défaillances dans la réalisation des examens de conformité réalisés dans le cadre des visites décennales des réacteurs 1 et 2 en 2016 et 2018, conduisant le site à devoir réaliser de nouveau de nombreux examens de conformité a posteriori. En outre, plusieurs indisponibilités répétées des systèmes de mesure de la radioactivité (KRT) ou du système de réfrigération intermédiaire (RRI) sont à noter. Enfin, certains écarts mineurs ont été identifiés dans l’intégration ou la prise en compte des modifications à apporter aux systèmes de lutte contre l’incendie. La capacité du site à déclarer et analyser les événements significatifs reste satisfaisante, les délais étant respectés et les analyses réalisées de bonne qualité.

Le plan d’amélioration de la rigueur d’exploitation mis en place par EDF à la suite du diagnostic d’une tendance négative en 2019 a ainsi apporté des premiers résultats globalement encourageants ; il conviendra d’en poursuivre la mise en œuvre afin de confirmer et compléter ces résultats, notamment pour l’organisation, la réalisation et la surveillance des activités de maintenance à venir.

En matière d’environnement, l’année 2020 a été moins contrainte que l’année 2019, qui avait été marquée par un étiage long de la Moselle. Toutefois, l’exposition du site aux enjeux climatiques, nécessitant notamment des besoins accrus de nettoyage des échangeurs du système de réfrigération intermédiaire, reste un sujet de vigilance. Par ailleurs, un dépassement du premier seuil en concentration en légionnelle dans le circuit de refroidissement tertiaire a été constaté en 2020. Il s’agit d’un enjeu, spécifique au site, nécessitant un pilotage particulier, sur l’ensemble de l’année, des campagnes de traitements biocides.

Quelques événements liés à des déversements accidentels de produits chimiques (hydrazine, ferrolin) rappellent la nécessité d’améliorer les pratiques du site en matière de gestion et de confinement des produits.

Dans le domaine de la radioprotection, la préparation des chantiers sous l’angle des enjeux radiologiques et la maîtrise de la contamination ont fait l’objet d’efforts sensibles ; elle pourra gagner à s’appuyer sur une prise en compte plus directe de l’état réel des installations et de son évolution, plutôt que sur des approches théoriques de la démarche d’optimisation. Par ailleurs, plusieurs écarts identifiés sur des points fondamentaux, tels que la maîtrise des accès aux zones rouges, ont été notés et nécessitent des actions spécifiques de l’exploitant.

Enfin, dans le domaine de la sécurité au travail, la centrale de Cattenom a montré une bonne capacité à mettre en place les mesures nécessaires dans le cadre de la crise sanitaire, et à adapter l’organisation du site en conséquence. L’incident de déversement d’hydrazine mentionné ci‑dessus a mis en lumière une situation sensible au sein d’une entreprise prestataire, qui a fait l’objet d’une attention particulière de l’inspecteur du travail.

Principales étapes réglementaires

 Réacteur 1

 Réacteur 2

 Réacteur 3

 Réacteur 4

 Décret d'utilité publique

 11/10/1978

 Décret de création et décret(s) modificatif(s) éventuel(s)

 24/06/1982

 29/02/1984

 Date de 1ère divergence

 24/10/1986

 07/08/1987

 16/02/1990

 04/05/1991

 Autorisation d'utiliser le MOX

 -

 Arrêtés de rejets d'effluents radioactifs
 - gazeux
 - liquides

 Anciens arrêtés abrogés

 Arrêté préfectoral de rejets d'eaux non radioactifs

 Anciens arrêtés abrogés

 Nouvel arrêté de rejets d'effluents liquides et gazeux

 23/06/2004

 Mise en service

 24/06/1992

 06/07/1994

Date de la dernière mise à jour : 27/05/2021