Monts d'Arrée EL4 D (Brennilis)

Le site des Monts d'Arrée est implanté dans le département du Finistère, à 55 km au nord de Quimper.

Stockage et dépôt de substances radioactives - EDF

Installation contrôlée par

la division de Caen

L'installation en bref

La centrale nucléaire de Brennilis est implantée dans le département du Finistère, sur le site des Monts d’Arrée, à 55 km au nord de Quimper. Dénommé EL4-D, cette installation (INB 162) est un prototype industriel de centrale nucléaire modérée à l’eau lourde et refroidie au dioxyde de carbone (70 MWe), arrêté définitivement en 1985. Le décret du 27 juillet 2011 a autorisé une partie des opérations de démantèlement, à l’exception du démantèlement du bloc réacteur. Le décret du 16 novembre 2016 a prolongé le délai de réalisation des opérations de démantèlement, notamment celles portant sur :

  • le démantèlement des échangeurs de chaleur ;
  • l’assainissement et la démolition de la station de traitement des effluents.

En juillet 2018, EDF a déposé un dossier de demande concernant le démantèlement complet de son installation. Ce dossier, qui doit permettre de prescrire par décret le démantèlement du bloc réacteur, est en cours d’instruction.

Appréciations 2019

Au cours de l’année 2019, EDF a poursuivi les aménagements préalables (préparation des accès et échafaudages), ainsi que les travaux de sécurisation et désamiantage de l’enceinte du réacteur afin de préparer les opérations de prélèvements d’échantillons dans le bloc réacteur. Ces opérations de prélèvements ont été autorisées par l’ASN par décision n° CODEP‑DRC-2019‑039420 du 20 septembre 2019. EDF a également réalisé des essais préparatoires en 2019 afin de mener ces opérations de prélèvements au début de l’année 2020.

En ce qui concerne le démantèlement de la station de traitement des effluents (STE), les travaux de démolition du radier engagés en août 2016 se sont prolongés et ont été achevés en début d’année 2018. L’exploitant a ensuite procédé au retrait des terres contaminées sous‑jacentes à la STE après l’approbation de son plan de gestion des terres par l’ASN en avril 2018. Des contrôles contradictoires ont été menés par l’ASN après le retrait des terres, dont les résultats seront connus en 2020.

En outre, à la suite de la fuite d’eau contaminée décelée en mars 2017 dans un local situé dans l’enceinte du réacteur, EDF a réalisé en 2019 des investigations visant à identifier l’origine de la fuite et a préparé les investigations complémentaires à mener en amont des travaux de démantèlement du bloc réacteur.

L’ASN considère que l’exploitant conduit ses travaux dans le respect des exigences de sûreté et de radioprotection, mais doit s’améliorer dans la gestion des délais de réalisation des opérations autorisées.

En 2020, l’ASN poursuivra l’instruction du dossier de démantèlement complet, ainsi que du rapport de conclusion du réexamen périodique de l’installation de Brennilis qui a été déposé en fin d’année 2019.

Principales étapes réglementaires

La première divergence du réacteur s’est produite le 23 décembre 1966.

L'arrêt définitif de production est intervenu le 31 juillet 1985. Les opérations de cessation définitive d'exploitation et de mise à l'arrêt définitif ont débuté en 1985 pour s'achever fin 1992. Elles ont consisté en l'évacuation de tous les combustibles irradiés, le retrait du tritium de l'eau lourde, la vidange et le séchage des circuits et le conditionnement des déchets.

Dans le cadre du décret n°96-978 du 31 octobre 1996, de première opérations de démantèlement ont été menées de 1997 à 2007 : des circuits ont été obturés, certains circuits d’eau lourde et de dioxyde de carbone ont été démantelés, ainsi que des composants électromécaniques ; plusieurs bâtiments non-nucléaires ont également été déconstruits.

Par décret n°2000-933 du 19 septembre 2000, le responsable de l’exploitation de la centrale de Brennilis est devenu EDF, en lieu et place du CEA.

Le décret n°2006-147 du 9 février 2006 autorisant EDF à procéder au démantèlement complet de l’installation a été annulé par le Conseil d’État le 6 juin 2007.

Aujourd’hui, le démantèlement de l’installation se poursuit dans le cadre du décret de démantèlement partiel n°2011-886 du 27 juillet 2011 ; l’ensemble des opérations autorisées par ce décret doivent être réalisées dans les cinq ans qui suivent sa publication. Les opérations conduites en 2015 ont concerné la fin du démantèlement des échangeurs dans l’enceinte du réacteur et la démolition de l’ancienne station de traitement des effluents.

EDF a transmis à l’ASN, le 20 octobre 2015, une demande de report, de juillet 2016 à janvier 2018, de l’échéance de réalisation des opérations de démantèlement partiel autorisées par le décret du 27 juillet 2011. Cette demande, en cours d’instruction, vise à permettre la réalisation, à l’issue des opérations autorisées de démolition de la station de traitement des effluents et d’assainissement des terres sous le radier, de contrôles finaux ainsi que des opérations de déclassement, d’assainissement complémentaire si nécessaire, de comblement de la zone, de retrait du confinement et de repli du chantier.

Il revient à EDF de déposer un nouveau dossier de demande d’autorisation pour le démantèlement complet de l’installation. Le dossier de demande d’autorisation de démantèlement complet déposé par EDF en décembre 2011 conformément aux exigences du décret du 27 juillet 2011 avait été jugé non recevable dans la mesure où la construction de l’installation d’entreposage ICEDA, destinée à recevoir des déchets issus du démantèlement de la centrale de Brennilis dans l’attente d’un stockage en couche géologique profonde, faisait l’objet de recours.

Date de la dernière mise à jour : 28/05/2020