Le transport des substances radioactives en France

Les transports de substances radioactives se distinguent par leur grande diversité. Les colis de substances radioactives peuvent peser de quelques centaines de grammes à plus d’une centaine de tonnes et l’activité radiologique de leur contenu peut s’étendre de quelques milliers de becquerels à des milliards de milliards de becquerels pour les colis de combustibles nucléaires irradiés.

Quels sont les risques associés à ces colis ?

Les risques induits par les transports de substances radioactives :

Inspection par l’ASN d’un transport d’UF6 enrichi
Inspection par l’ASN d’un transport d’UF6 enrichi
  • le risque d’exposition externe (irradiation) de personnes, notamment dans le cas de la détérioration des composants du colis assurant la protection radiologique (c’est-à-dire qui permettent de réduire le rayonnement au contact des colis contenant les substances radioactives) ;
  • le risque d’exposition interne (contamination par inhalation ou ingestion de particules radioactives) ou de contamination de la peau des personnes en cas de relâchement de substances radioactives hors de l’emballage ;
  • la contamination de l’environnement dans le cas de relâchement de substances radioactives ;
  • le démarrage d’une réaction nucléaire en chaîne non contrôlée (risque de criticité) pouvant occasionner une irradiation grave des personnes. Ce risque ne concerne que les substances fissiles ;
  • le dégagement de chaleur important de certaines substances (par exemple le combustible irradié), qui peuvent entraîner des blessures pour les personnes à proximité ou endommager les composants du colis.

Par nature, des transports de substances radioactives, tout comme le transport d’autres matières dangereuses, ont lieu sur l’ensemble du territoire national et sont soumis à de nombreux éléments difficiles à contrôler ou à anticiper, comme par exemple les conditions climatiques ou le comportement des autres véhicules à proximité. On ne peut donc pas exclure la possibilité qu’un accident de transport se produise en tout point du territoire national, éventuellement à proximité immédiate des populations. Contrairement aux événements se déroulant au sein des installations nucléaires de base, le personnel des industriels concernés n’est généralement pas en mesure d’intervenir immédiatement, voire de donner l’alerte si le conducteur est sévèrement blessé dans l’accident.

Plusieurs facteurs font varier l’existence et l’ampleur des risques :

  • la nature des substances radioactives transportées ;
  • leur forme (solide, liquide, gazeuse) et de leur conditionnement (sous forme de poudre,  de source radioactive scellée…) ;
  • les quantités transportées dans un colis ;
  • la conception de l’emballage et de la protection qu’il apporte ;
  • le nombre de colis transportés dans un même moyen de transport (véhicule, wagon…)

Ainsi, le risque radiologique est très faible pour un « colis excepté » qui peut être transporté sans précautions particulières au-delà des précautions classiques de transport d’un quelconque colis alors qu’il est plus important pour un « colis de type B » (voir robustesse des colis).

Et le risque chimique ?

Exercice de crise simulant un accident lors d'un transport de matières radioactives
Exercice de crise simulant un accident lors d'un transport de matières radioactives

Outre le risque radiologique, les substances radioactives peuvent par ailleurs présenter un risque chimique. C’est le cas, par exemple :

  • de l’uranium naturel, faiblement radioactif, et dont le risque prépondérant pour l’homme est lié à la nature chimique du composé, notamment en cas d’ingestion ;
  • de l’hexafluorure d’uranium, utilisé dans le cadre de la fabrication des combustibles pour les centrales nucléaires, qui peut conduire, en cas de relâchement et de contact avec l’eau, à la formation d’acide fluorhydrique qui est un puissant agent corrosif et toxique.

Une réglementation spécifique

Pour faire face à ces risques, une réglementation spécifique a été mise en place pour encadrer les transports de substances radioactives. La sûreté repose sur une approche de défense en profondeur qui implique en premier lieu la robustesse des colis contenant les substances radioactives. Le colis doit être conçu, fabriqué et utilisé de manière à :

  • assurer une protection contre les rayonnements ionisants émis par les substances, par exemple au moyen d’un blindage qui atténue suffisamment ces rayonnements ;
  • empêcher le relâchement de substances, grâce à une enveloppe extérieure et un système de fermeture assurant l’étanchéité du colis ;
  • empêcher l’occurrence d’une réaction nucléaire en chaîne si son contenu est constitué de matières fissiles, notamment en limitant le contenu et en restant étanche (car l’eau facilite le démarrage de ces réactions) ;
  • le cas échéant, assurer une dissipation suffisante de la chaleur du contenu, par exemple aux moyens d’ailettes de refroidissement ;
  • le cas échéant, assurer une protection contre les risques chimiques présentés par le contenu.

Ces fonctions de sûreté doivent être assurées y compris en cas d’incident ou d’accident, selon les enjeux présentés par le contenu du colis.

Date de la dernière mise à jour : 08/08/2019