L'ASN mène une inspection de grande ampleur sur le site du Tricastin (26, 84) sur la gestion des situations d'urgence

Publié le 16/02/2006 à 00:00

Note d'information

L'ASN a mené, du 30 janvier au 3 février 2006, une inspection de revue sur le site nucléaire du Tricastin sur le thème de la conduite accidentelle et des plans d'urgence interne. L'enjeu de l'inspection était de contrôler l'organisation mise en place par les exploitants nucléaires du site du Tricastin (COGEMA, EDF, EURODIF, COMURHEX, BCOT et SOCATRI) en cas d'accident survenant sur une installation et affectant d'autres installations du site. Les modalités d'interface et d'assistance entre les exploitants ont été plus particulièrement examinées. Elle fait suite à des constats d'insuffisance en terme de coordination lors des exercices nationaux de crise réalisés en 2004 et 2005.
 
Une inspection de revue permet de procéder, sur un thème particulier, à un examen approfondi d'un site nucléaire, afin de disposer d'une vision complète de la situation de l'exploitant concerné.
 
L'équipe d'inspection était composée de 20 inspecteurs et agents de l'ASN provenant de différentes entités (sous-directions de la DGSNR et divisions régionales de la sûreté nucléaire et de la radioprotection de Châlons-en-Champagne, Lyon, Orléans et Strasbourg) et de 10 experts de l'IRSN. Deux représentants du Service interministériel de défense et de la protection civile (SIDPC) de la Préfecture de la Drôme ont assisté à deux journées.
 
Cette inspection représente l'équivalent d'une dizaine d'inspections courantes.Les inspecteurs ont mené une inspection auprès de chaque exploitant et effectué deux exercices importants, dont un inopiné de nuit, conduisant à la mise en oeuvre des plans d'urgence interne des exploitants nucléaires :
 
- le scénario de l'exercice du 1er février 2006, établi par les inspecteurs, consistait en une simulation d'un dégagement d'acide fluorhydrique à la suite de la vidange d'un conteneur de 12,5 tonnes d'hexafluorure d'uranium en phase liquide sur le parc de stockage de l'annexe U de l'installation d'EURODIF. Il impliquait trois morts et trois blessés graves. Le panache d'acide fluorhydrique a atteint fictivement les installations de la centrale nucléaire d'EDF dans les 5 minutes suivant l'accident. Tous les exploitants ont déclenché leur plan d'urgence interne. L'exercice avait pour objectif d'observer la coordination entre les différents exploitants en cas d'accident à cinétique très rapide survenant sur le site du Tricastin;
 
- le scénario de l'exercice inopiné mené dans la nuit du 2 au 3 février 2006, consistait en une simulation d'un incendie dans le bâtiment des auxiliaires de conditionnement (BAC) de la centrale nucléaire d'EDF. Il a mobilisé les équipes de la centrale, son personnel d'astreinte ainsi que des moyens importants des services d'incendie et de secours de la Drôme.
 
L'ASN a ainsi pu évaluer les évolutions mises en oeuvre par les exploitants en termes de coordination et d'information mutuelle. Bien que des progrès certains aient été constatés, l'ASN considère que ceux-ci sont encore insuffisants en ce qui concerne la prise en compte des accidents à cinétique très rapide. Compte tenu de la rapidité des phénomènes mis en jeu en cas de rejet de gaz toxiques, les exploitants doivent mieux anticiper ce type d'accident. En ce sens, le dispositif d'alerte rapide et de gestion des atmosphères toxiques doit être revu de manière collective et individuelle.
 
L'ASN a également constaté des insuffisances dans la gestion du risque d'incendie par EDF. Les plus notables concernent l'absence de prise en compte des contraintes de radioprotection lors de l'intervention et le délai trop long d'attaque du feu par des moyens significatifs.
 
L'ensemble des constatations et demandes sera adressé aux exploitants sous forme de lettre de suite et sera publié sur le site Internet de l'ASN, www.asn.fr.
 

Date de la dernière mise à jour : 18/09/2017