L’ASN souhaite favoriser le développement des connaissances et des études sur le risque de leucémies lié aux rayonnements ionisants

Publié le 11/07/2016 à 11:00

Note d'information

L’ASN publie le compte-rendu et les présentations du séminaire « Risques de leucémies et exposition aux rayonnements ionisants » organisé à son initiative le 9 juin 2015. Ce séminaire avait pour objectif de faire le point des connaissances scientifiques sur le risque de leucémies lié aux rayonnements ionisants chez l’enfant et chez l’adulte tout en tenant compte des caractéristiques d’exposition (aigüe ou chronique, irradiation externe ou interne, âge lors de l’exposition…). En dehors des radiations, une synthèse des autres facteurs de risque, connus ou suspectés, a été abordée.

Organisé dans le cadre des Groupes permanents d’experts en radioprotection de l’ASN, ce séminaire a réuni des experts nationaux et internationaux des différents domaines de recherche (cliniciens, épidémiologistes, radiobiologistes…), les membres du comité scientifique de l’ASN, les membres des groupes permanents en radioprotection ainsi que des membres d’associations (ACRO, ANCCLI, ...).

Les présentations des intervenants et les échanges qui ont suivi ont permis de dégager plusieurs constats :

  • Les leucémies, bien que relativement peu nombreuses chez les adultes, présentent des types histologiques multiples ; en pédiatrie, elles constituent en revanche une part importante des cancers de l’enfant1. A ce stade des études, l’interaction de plusieurs facteurs de risque ne peut être exclue ;
  • il existe des arguments solides montrant que l'exposition aux rayonnements ionisants est un des facteurs de risque de leucémies, notamment chez les survivants d’Hiroshima et Nagasaki. Plusieurs études sur les travailleurs, exposés durant leur activité professionnelle aux radiations, montrent également une augmentation du risque de leucémies. Seules les leucémies lymphoïdes chroniques ne semblent pas induites par les radiations ;
  • pour ce qui concerne le risque éventuel de leucémies pour les populations vivant à proximité d’installations nucléaires, il a été rappelé la nécessité de poursuivre l’étude du taux d’incidence de la leucémie infantile autour des installations avec une meilleure description de la population locale (mode de vie et exposition) et de mener une recherche multidisciplinaire sur l'étiologie des leucémies. Une bonne surveillance grâce à des registres nationaux reste un outil indispensable pour la communication avec les populations résidant à proximité des centrales ;
  • la nécessité de renforcer l’interdisciplinarité (épidémiologie, médecine, dosimétrie, statistique) et le partage de compétences a été également soulignée. Le développement d’une couverture nationale par les registres de cancers de l’enfant a fait progresser la robustesse des études épidémiologiques ; il conviendrait désormais de compléter ces informations en étendant ces données aux jeunes adultes, et en caractérisant plus finement les différents types de leucémies.

D’autre part, pour obtenir de meilleures études concernant les faibles doses, il faudra continuer à privilégier celles permettant un recueil précis des données d’exposition individuelles, aussi bien pour les expositions aux radiations que pour d’autres facteurs cancérigènes suspectés. L’interaction de plusieurs facteurs (prédisposition génétique, exposition in utero, ou pendant la prime enfance), pouvant intervenir à des moments différents du développement de la maladie, est une des pistes à étudier.

L’harmonisation des protocoles des études aux niveaux national et international, en vue de lancer des études conjointes à grande échelle, sera déterminante et permettra de disposer de résultats statistiquement plus solides, que ce soit pour la gestion du risque en milieu professionnel, environnemental ou médical.

1. Les leucémies représentent 28 % de l’ensemble des nouveaux cas de cancers chez l’enfant contre 2,5 % chez l’adulte.

Date de la dernière mise à jour : 18/09/2017