Le séminaire international organisé par l’ASN les 5 et 6 mai 2011 marque une étape importante dans les travaux sur le post-accidentel nucléaire en France

Publié le 20/05/2011 à 11:07

Note d'information

Séminaire international sur le post-accidentel nucléaire en France

Le séminaire international post-accidentel nucléaire des 5 et 6 mai 2011, organisé par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) avec le soutien de l’OPECST[1], dans les locaux de l’Assemblée nationale, a rassemblé 300 acteurs nationaux (comprenant des représentants territoriaux et de la société civile) et internationaux (experts de 20 pays étrangers). Il a permis de rendre compte des avancées de la doctrine française de gestion des risques en situation post-accidentelle nucléaire, notamment sur les actions à réaliser lors de la sortie de la phase d’urgence.

Prévu de longue date, le séminaire s’est tenu huit semaines après l’accident nucléaire majeur de Fukushima et a été précédé d’une audition publique sur la gestion post-accidentelle des crises nucléaires de la mission parlementaire pilotée par l’OPECST.

Depuis avril 2005, le CODIRPA[2], présidé par André-Claude Lacoste, président de l’ASN, est chargé de préparer les dispositions post-accidentelles en France en cas d’accident nucléaire. La grande majorité des 200 personnes engagées dans cet ambitieux programme (voir encadré) étaient présentes lors du séminaire. Elles ont manifesté leur adhésion à la démarche de co-construction du guide de sortie de la phase d’urgence ainsi qu’à ses recommandations clefs, en particulier le zonage post-accidentel et les centres d’accueil et d’information de la population.

Dans son allocution conclusive, André-Claude Lacoste, saluant les avancées du CODIRPA depuis le 1er séminaire international organisé par l’ASN en décembre 2007, a indiqué que :

  1. Le guide des actions à réaliser dès la fin de la phase d’urgence (« guide de sortie de la phase d’urgence »)[3], en cours d’expérimentation locale dans les préfectures du Haut Rhin, de la Drôme et de la Vienne et dans plusieurs communes volontaires[4], devrait être publié fin 2011. La robustesse de ce guide, préparé sur un scénario de rejet de courte durée, sera ensuite évaluée en considérant un scénario de rejet de longue durée (plusieurs jours).
  2. Les lignes directrices destinées aux pouvoirs publics pour la gestion dans le temps des phases dites de transition (quelques mois après l’accident) et de long terme (quelques années après l’accident) devraient également être publiées dans les mêmes délais.

Le président de l’ASN a également souligné le besoin d’une meilleure coordination et d’une réelle harmonisation au niveau européen sur des sujets tels que le zonage post-accidentel, les exportations au départ d’un « pays européen accidenté », le potentiel de mutualisation de mesures de la radioactivité ou les indemnisations, souhaitant vivement des initiatives de la Commission européenne et d’HERCA (Heads of European Radiological protection Competent Authorities)[5].

Pour l’ASN, les travaux sur le post-accidentel nucléaire doivent être poursuivis en France. Ainsi :

  • le guide de sortie de la phase d’urgence doit être décliné localement, site par site ;
  • les principales actions à mettre en œuvre dans les premiers mois après un accident (phase de transition) doivent être préparées en dehors de tout contexte accidentel.

Passer de la réflexion et de l’expérimentation, menées par le CODIRPA depuis 2005, à la mise en place généralisée de plans et procédures sur le terrain, en associant les élus, les associations, telles que les CLI, et les citoyens, constitue l’enjeu du CODIRPA pour les années à venir.

[1] OPECST : Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques
[2] Comité directeur pour la gestion de la phase post-accidentelle d'un accident nucléaire ou d'une situation d'urgence radiologique (CODIRPA) dont l'objectif est d'élaborer la doctrine relative aux conséquences d'un accident nucléaire ou radiologique, créé par la directive interministérielle du 7 avril 2005
[3] Lire le guide de sortie de la phase d’urgence
[4] Communes de Fessenheim et Blodelsheim, de Civaux, d'Orsan et Pays de Montbéliard agglomération (PMA).
[5] Lire les rapports des GT du CODIRPA

Date de la dernière mise à jour : 18/09/2017