Région Grand Est - En 2020, le niveau de la sûreté nucléaire et de la radioprotection reste globalement satisfaisant

Publié le 07/07/2021 à 10:15

Communiqué de presse

A l’occasion de la parution du Rapport de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France, les divisions territoriales de Châlons-en-Champagne et de Strasbourg de l’ASN présentent les conclusions des actions de contrôle qu’elles ont menées tout au long de l’année 2020 en région Grand Est.

L’activité de contrôle de l’ASN en 2020 en région Grand Est

170 inspections

  • 79 dans les centrales nucléaires en exploitation ;
  • 4 dans les installations de stockage de déchets radioactifs et sur le site de la centrale nucléaire de Chooz A en démantèlement ;
  • 73 dans le domaine du nucléaire de proximité ;
  • 8 concernant le transport de substances radioactives ;
  • 6 concernant des organismes ou laboratoires agréés.

21 événements significatifs au niveau 1 sur l’échelle INES

  • 19 ont été déclarés par les exploitants des installations nucléaires de la région Grand Est ;
  • 2 ont été déclarés dans le domaine du nucléaire de proximité (1 dans le domaine industriel et 1 dans le domaine médical). 

14,5 journées d’inspection du travail dans les centrales nucléaires

Le contrôle des centrales nucléaires

Centrale nucléaire de Cattenom

L’ASN considère que la performance de la centrale de Cattenom est en progrès en matière de sûreté, et rejoint, malgré quelques fragilités persistantes, l’appréciation générale que l’ASN porte sur les centrales nucléaires d’EDF en matière de protection de l’environnement et de radioprotection.

Le plan d’amélioration de la rigueur d’exploitation mis en place par EDF à la suite du diagnostic d’une tendance négative en 2019 a ainsi apporté des premiers résultats globalement encourageants ; il conviendra d’en poursuivre la mise en œuvre.

En matière d’environnement, l’exposition du site aux enjeux climatiques, nécessitant notamment des besoins accrus de nettoyage des échangeurs du système de réfrigération intermédiaire, reste un sujet de vigilance. Quelques événements liés à des déversements accidentels de produits chimiques (hydrazine, ferrolin) rappellent la nécessité d’améliorer les pratiques du site en matière de gestion et de confinement des produits.

Centrale nucléaire de Chooz

Réacteurs B1 et B2 en fonctionnement

L’ASN considère que les performances en matière de sûreté nucléaire de la centrale nucléaire de Chooz B rejoignent globalement l’appréciation générale portée sur les centrales nucléaires d’EDF, mais qu’elles sont légèrement en retrait concernant la radioprotection. En matière de protection de l’environnement, les performances se distinguent favorablement et sont jugées satisfaisantes.

Sur le plan de la sûreté nucléaire, l’ASN constate que la dynamique de progrès installée depuis plusieurs années dans l’exploitation des réacteurs se poursuit, avec notamment une diminution du nombre d’événements significatifs.

Concernant la maintenance, des efforts doivent être poursuivis en matière de rigueur d’intervention.

Enfin, en matière de radioprotection, des manques de rigueur dans les comportements individuels et des lacunes en matière de propreté radiologique ont encore été trop souvent constatés à l’occasion de l’arrêt pour visite décennale du réacteur 1.

Réacteur A en démantèlement

En 2020, les travaux de démantèlement des équipements à l’intérieur de la cuve se sont poursuivis, malgré une longue période d’arrêt de toutes les activités en raison de la crise sanitaire. Après le transfert du couvercle de cuve vers le centre de stockage de l’Aube (CSA) de l’Andra à la fin de l’année 2019, l’année a été marquée par l’envoi des premiers colis de déchets de faible et moyenne activité vers l’installation de conditionnement et d’entreposage de déchets activés (Iceda) exploitée par EDF sur le site du Bugey dans l’Ain.

D’une manière générale, l’ASN considère que l’exploitant doit maintenir sa vigilance dans les différents domaines que sont la radioprotection, l’environnement et la surveillance des prestataires. Le peu d’activité au cours de l’année 2020, en raison du contexte sanitaire, ne permet toutefois pas de mesurer l’efficacité des plans d’actions mis en place dans ces domaines à la demande de l’ASN.

Centrale nucléaire de Fessenheim

La fin de l’activité de production du site de Fessenheim s’est faite avec un niveau de performance très satisfaisant en matière de sûreté, en ligne avec les bons résultats obtenus par le site depuis plusieurs années. Le nombre d’événements significatifs déclarés au cours de la période de production des réacteurs a été en-dessous de la moyenne du parc et il a été constaté le maintien d’une très bonne qualité d’exploitation des réacteurs jusqu’à leur arrêt définitif.

MISE A L’ARRET DEFINITIF DU SITE DE FESSENHEIM ET PREPARATION AU DEMANTELEMENT

EDF a procédé en 2020 à l’arrêt définitif des deux réacteurs de la centrale nucléaire de Fessenheim, le 22 février pour le premier réacteur, puis le 30 juin pour le second. En juin 2020, EDF a publié une nouvelle version du plan de démantèlement de la centrale nucléaire de Fessenheim, en réponse aux demandes de compléments de l’ASN sur la version du plan reçue avec la déclaration d’arrêt définitif.

En vue de l’obtention du décret de démantèlement, EDF a transmis en novembre 2020 à la ministre chargée de la sûreté nucléaire le dossier de démantèlement prévu à l’article L. 593‑27 du code de l’environnement. Si le ministère estime ce dossier recevable, il saisira ensuite l’ASN, qui l’instruira à compter de 2021. En parallèle de ce dossier de démantèlement, l’ASN instruira également le rapport de conclusion du réexamen transmis par EDF en septembre 2020 pour les deux réacteurs du site de Fessenheim. L’ASN évaluera ainsi les conditions de sûreté de l’installation durant les phases de préparation au démantèlement et de démantèlement. Les principales opérations préparatoires au démantèlement envisagées par EDF consistent à évacuer l’ensemble du combustible présent sur site, à décontaminer le circuit primaire de chacun des deux réacteurs, et à aménager les espaces nécessaires pour la gestion des déchets que produira le démantèlement des installations.

Centrale nucléaire de Nogent‑sur‑Seine

L’ASN considère que les performances du site de Nogent-sur-Seine dans le domaine de la sûreté nucléaire, et dans une moindre mesure dans celui de la radioprotection, sont en retrait par rapport à l’appréciation générale portée sur les centrales nucléaires d’EDF. En matière de protection de l’environnement, elles se distinguent favorablement et sont jugées satisfaisantes.

Sur le plan de la sûreté nucléaire, l’ASN considère que la rigueur d’exploitation n’est pas au niveau attendu. S’agissant de la maintenance, dans un contexte où l’activité a été soutenue compte tenu de la visite décennale du réacteur 2, l’ASN considère que la situation est globalement satisfaisante.  Concernant la radioprotection des travailleurs, le bilan à l’issue de la visite décennale du réacteur 2 est décevant, compte tenu d’un manque de maîtrise de la propreté radiologique de certains chantiers. Enfin, en matière de protection de l’environnement, l’ASN considère que les résultats du site pour l’année 2020 sont satisfaisants.

Autres installations nucléaires

Centre de stockage de l’Aube

L’année 2020 a été marquée par un arrêt prolongé des installations du centre, en raison du contexte sanitaire national. La construction de nouveaux ouvrages destinés au stockage futur de déchets s’est par ailleurs poursuivie. L’ASN considère que le CSA est exploité dans des conditions satisfaisantes dans les domaines de la sûreté, de la radioprotection et de la protection de l’environnement.

Projet de centre de stockage en couche géologique profonde

L’ASN considère que les expérimentations et travaux scientifiques menés par l’Andra dans le laboratoire souterrain de Bure se sont poursuivis en 2020 avec un bon niveau de qualité, comparable à celui des années précédentes.

Installations du domaine médical

L’année 2020 a été marquée par la pandémie de Covid-19, qui a considérablement perturbé le système de soins et nécessité, de la part des établissements de santé, une adaptation des modalités d’organisation de la prise en charge des patients. En conséquence, l’ASN a réduit le nombre de ses inspections dans le domaine médical et adapté ses modalités de contrôle, en déployant en particulier des inspections à distance. Aussi, le bilan de l’état de la radioprotection en 2020 est établi sur un nombre d’inspections nettement inférieur aux années précédentes (réduction de 28 %).

L’ASN considère que, sur la base de ces inspections conduites en 2020, l’état de la radioprotection dans le domaine médical est comparable à celui de 2019. Aucune défaillance majeure n’a été détectée dans les domaines de la radioprotection des professionnels, des patients, de la population et de l’environnement. Néanmoins, des progrès sont nécessaires pour mieux anticiper l’arrivée de nouveaux équipements, de nouvelles pratiques et de nouveaux médicaments radiopharmaceutiques, et pour améliorer l’optimisation des doses, en particulier dans le domaine des pratiques interventionnelles radioguidées. C’est dans cet objectif que l’ASN exerce un niveau de contrôle resserré pour vérifier la mise en œuvre des règles d’assurance de la qualité en imagerie médicale, portées par la décision de l’ASN n° 2019-DC-0660 du 15 janvier 2019.

L’ASN poursuivra en 2021 ses inspections, prioritairement dans les secteurs de la radiothérapie, de la médecine nucléaire à visée thérapeutique et des pratiques interventionnelles radioguidées, en tirant le retour d’expérience des nouvelles modalités d’inspection déployées dans le contexte de la crise sanitaire.

Un événement particulier a marqué l’année 2020, avec la découverte par les Hôpitaux universitaires de Strasbourg d’une contamination radiologique historique de l’ancien bâtiment d’oncologie, aujourd’hui inoccupé, et qui remonte à l’utilisation du radium et du césium dans les traitements de curiethérapie des années 1930 à 1970 par les équipes médicales des Hospices civils et du Centre Paul Strauss. Cette découverte a été suivie d’un important travail d’investigations et de caractérisation, et devra mener à un chantier d’assainissement dans les prochaines années, sous le contrôle de l’ASN.

En savoir plus :

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L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), autorité administrative indépendante, assure, au nom de l’Etat, le contrôle de la sûreté nucléaire et de la radioprotection pour protéger les personnes et l’environnement. Elle informe le public et contribue à des choix de sociétés éclairés. Le rapport de l’ASN sur l’état de sûreté nucléaire et de radioprotection en France en 2020 est téléchargeable en ligne.

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Contact presse :
Evangelia Petit, cheffe du service presse - 01 46 16 41 42 -  evangelia.petit@asn.fr

Date de la dernière mise à jour : 07/07/2021