Reclassement au niveau 2 de l'incident survenu le 02 avril 2001 sur la centrale de Dampierre - Mauvais positionnement d'assemblages combustibles dans la cuve du réacteur durant les opérations de chargement

Publié le 02/10/2001 à 00:00

Note d'information

Le 01 octobre 2001, l'Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) a reclassé au niveau 2 de l'échelle internationale de gravité des évènements nucléaires (échelle INES) qui en compte 7, un incident survenu le 02 avril 2001 sur le réacteur n° 4 de la centrale de Dampierre. Lors du rechargement du combustible nucléaire dans la cuve du réacteur, un décalage dans la séquence des opérations avait conduit au mauvais positionnement de 113 assemblages combustibles dans le coeur du réacteur.

Le plan de chargement, qui définit précisément la position de chaque assemblage combustible dans la cuve, est calculé avant l'engagement des opérations de rechargement. Il est défini de manière à homogénéiser la distribution de puissance du coeur du réacteur. L'opération de rechargement consiste alors à transférer chaque assemblage combustible stocké, pour le disposer dans la cuve du réacteur, à sa position. Cette opération implique une coordination parfaite et une communication soutenue entre l'équipe qui prélève les assemblages dans le bâtiment du combustible et celle dans le bâtiment du réacteur qui les positionne ensuite dans la cuve.

L'Autorité de sûreté nucléaire a procédé à une inspection sur la centrale de Dampierre le 13 juin 2001 afin de mieux identifier les causes profondes de cet incident. Cette inspection a mis en évidence une grande diversité de dysfonctionnements : une organisation insuffisante des activités, un manque de rigueur dans la réalisation et le contrôle des opérations, une ergonomie des matériels et des postes de travail inadaptée au caractère sensible de cette phase d'exploitation, la réalisation de certaines activités par des personnes non habilitées, ainsi que des dysfonctionnements récurrents de certains matériels. Ces conclusions rejoignent celles présentées par la centrale. Il apparaît de plus que l'organisation et les moyens mis en oeuvre étaient à la date de l'incident similaires sur les autres réacteurs nucléaires d'EDF.

Ces dysfonctionnements ont perturbé le bon déroulement du rechargement, et ont conduit à positionner une centaine d'assemblages combustible à un emplacement différent de celui du plan de chargement. Cet incident a réduit les marges de sécurité avant l'enclenchement d'une réaction nucléaire.

L'incident n'a eu aucune conséquence réelle sur les travailleurs et l'environnement.

EDF a lancé à la demande de l'ASN, une étude visant à déterminer les conséquences potentielles de ces mauvais positionnements sur la sûreté du réacteur. Les premiers résultats, transmis en juin 2001 à l'Autorité de sûreté nucléaire, montrent que, dans des conditions plus pénalisantes que celles présentes le 02 avril 2001 mais possibles, la position inadéquate des assemblages combustibles aurait initié un début de réaction nucléaire dans la cuve du réacteur. L'analyse d'EDF concluait que les conséquences dosimétriques seraient restées limitées pour les opérateurs situés à proximité.

Une nouvelle étude a néanmoins montré que les instruments de mesure existants (système RPN) n'auraient pas permis d'alerter les opérateurs avant la divergence. EDF a proposé en conséquence que cet incident, provisoirement classé au niveau 1 de l'échelle INES, soit reclassé au niveau 2.

L'Autorité de sûreté nucléaire a demandé à EDF de tirer tous les enseignements de cet incident et de renforcer l'organisation et la surveillance de cette phase délicate de l'exploitation d'un réacteur nucléaire afin d'en assurer une parfaite maîtrise. Pour cela, des premières mesures compensatoires ont été mises en place sur l'ensemble des réacteurs et l'ASN imposera au besoin à d'EDF des moyens de protection supplémentaires vis-à-vis de ce risque après avoir reçu l'avis de son appui technique l'IPSN.

Date de la dernière mise à jour : 18/09/2017