L’ASN rappelle leurs obligations réglementaires aux entreprises qui introduisent des céramiques techniques dans les biens de consommation

Publié le 24/05/2011 à 15:16

Note d'information

Les autorités belges ont prévenu l’ASN en avril 2011 du déclenchement d’un portique de détection de la radioactivité à l’occasion du passage d’un conteneur dans le port d’Anvers. Le conteneur, en provenance d’Asie, transportait de la poudre de tourmaline contenant 25 Becquerels par gramme de thorium (radio-élément naturellement radioactif). Cette poudre avait été expédiée en Europe pour être transformée en une céramique, qui devait elle-même être ré-expédiée vers l’Asie pour être utilisée dans des imprégnations de textiles.

Les céramiques sont des matériaux obtenus par l’action de fortes températures. Si à l’origine l’argile constituait la matière première fondamentale, l’emploi de nouvelles matières premières naturelles permet de produire des céramiques techniques utilisées dans des applications diverses (application sur des textiles, boules de lavage utilisées en remplacement des détergents ménagers, bracelet « énergétique », etc.). Ces matières premières peuvent, dans certains cas, contenir des traces de minerais naturellement radioactifs.

Une première enquête, réalisée après la découverte du caractère radioactif du conteneur de tourmaline en Belgique, a montré que des entreprises, qui importent des produits contenant des céramiques techniques, développent un argument commercial mettant en exergue des propriétés potentiellement liée à la radioactivité, comme la faculté de « produire des ions ». Cela concerne notamment des applications textiles, des produits sportifs et des boules de lavage.

L’ASN rappelle aux entreprises important des composants ou des produits à base de céramiques techniques, notamment en provenance d’Asie, que toute utilisation de la radioactivité doit être justifiée par les avantages qu’elle procure et que toute publicité relative à l’emploi de radionucléides ou de produits en contenant est interdite par le Code de la santé publique. En matière de biens de consommation, l’addition intentionnelle de radionucléides pour leurs propriétés radioactives, y compris d’origine naturelle, est strictement interdite.

Les premières expertises réalisées par l’ASN sur des cas isolés de céramiques naturellement radioactives utilisées dans des biens de consommation en France montrent que le niveau d’exposition pour le public reste très faible et ne présente pas d’enjeu sanitaire[1]. Les produits concernés ont cependant été retirés de la vente sur la base de l’interdiction du Code de la santé publique.

L’ASN va poursuivre ses investigations dans les prochaines semaines sous la forme d’une opération de surveillance radiologique du marché des céramiques techniques utilisées dans les biens de consommation, en concertation avec la Direction générale de la consommation, de la concurrence et de la répression des fraudes (DGCCRF) et avec le concours de son expert technique l’IRSN. Cette opération portera à la fois sur la qualité radiologique des produits contrôlés et sur l’examen de la légalité de leur publicité.

Par ailleurs, l’ASN se rapproche de ses homologues européennes pour identifier si des cas similaires ont été identifiés dans d’autres pays.

[1] Dans les vêtements examinés, qui contenaient des empiècements de tissus en céramique, le niveau d’exposition mesuré est de l’ordre de 0,0002 millisievert par heure. Avec ce niveau d’exposition, aucun scénario réaliste d’utilisation du produit ne conduit à une exposition significative : à titre d’exemple le port d’un tel vêtement 7 heures par jour pendant 4 mois conduirait à une exposition de 0,17 millisievert, soit l’équivalent de la dose reçue lors d’un vol aller-retour entre Paris et New-York.

Date de la dernière mise à jour : 18/09/2017