L'ASN demande à EDF de nouvelles actions de prévention de la légionellose

Publié le 17/01/2008 à 00:00

Note d'information

L' ASN a adressé le 15 janvier 2008 un courrier à EDF lui demandant de renforcer les dispositions prises en matière de prévention des risques liés à la présence de légionelles dans les circuits de refroidissement des centrales nucléaires.
 
Des légionelles sont susceptibles de se développer dans les grandes tours aéroréfrigérantes1 de onze des dix-huit centrales nucléaires d'EDF (Belleville, Bugey, Cattenom, Chinon, Chooz, Civaux, Cruas, Dampierre, Golfech, Nogent et Saint-Laurent). Voir la note d'information publiée par l'ASN le 21 juin 2006.
 
A la demande de l'ASN, EDF avait mis à jour son plan d'actions à la fin de l'année 2006. L'ASN considère que les traitements biocides2 déjà mis en oeuvre par EDF sur certaines centrales nucléaires sont utiles mais doivent encore être complétés par des actions alternatives, afin de mieux stabiliser les niveaux de colonisation en légionelles et de maîtriser rapidement tout pic de colonisation. Ces dispositions doivent à l'évidence tenir compte des particularités de chaque centrale nucléaire et de son environnement.
 
L'ASN a demandé qu'EDF poursuive toutes les démarches permettant de limiter les colonisations en légionelles au niveau le plus bas raisonnablement possible, en particulier pour les tours des centrales nucléaires ne faisant pas l'objet à ce jour de traitement biocide. En parallèle, l'ASN poursuit ses réflexions sur l'évolution de l'encadrement réglementaire.
 
 
 I - La démarche d'EDF Depuis plusieurs années, EDF conduit des études et actions pour maîtriser les risques liés aux légionelles dans les centrales nucléaires. A la demande de l'ASN, EDF a revu son plan d'actions en la matière.
 
Ce nouveau plan d'actions, défini en décembre 2006, repose dorénavant sur :

  • une évaluation :
    • de la vulnérabilité de chaque site vis-à-vis du risque de légionellose ;
    • des solutions envisageables pour réduire les concentrations en légionelle et de leur  faisabilité technique ;
    • des impacts, des contraintes et des enjeux environnementaux liés à ces solutions ;
     

 

  • la recherche du meilleur équilibre possible, en s'appuyant sur une surveillance renforcée des installations, entre des dispositions préventives ou curatives impliquant :
    • des moyens générant peu ou pas de rejets chimiques (propreté et entretien des circuits, limitation de la formation de tartre et du biofilm, traitement de l'eau d'appoint) ;
    • des moyens complémentaires entraînant des rejets chimiques, qu'ils soient préventifs (vaccination acide contre la formation de tartre) ou curatifs (traitements biocides contre les légionelles).
     

 
Dans ce cadre, EDF a lancé plusieurs études et certaines expérimentations dont les conclusions sont pour la plupart attendues fin 2008. Elles doivent permettre à EDF de décider courant 2009 des actions concrètes complémentaires à mettre en oeuvre sur ses centrales nucléaires.
 
 
 II – Les demandes de l'ASN à la suite de l'expertise de l'AFSSET En liaison avec les ministères chargés de la santé (Direction générale de la santé – DGS) et de l'environnement (Direction de la prévention des pollutions et des risques – DPPR), l'ASN a saisi en 2004 l'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail (AFSSET) afin de recueillir son avis sur l'évaluation des risques sanitaires et environnementaux liés à la présence de légionelles dans les circuits de refroidissement des centrales nucléaires et sur les actions engagées ou envisagées par EDF pour réduire les concentrations en légionelles, notamment les traitements biocides déjà utilisés par EDF.
Après un premier avis rendu au printemps 2006, l'AFSSET a remis à l'ASN en octobre 2007 un deuxième avis (consultable sur www.afsset.fr) sur l'impact sanitaire et environnemental des traitements biocides supplémentaires qui pourraient être mis en oeuvre sur les centrales nucléaires implantées en bord de Loire ainsi que sur le nouveau plan d'actions d'EDF.
 
Sur la base de l'avis de l'AFSSET, l'ASN a demandé à EDF par lettre du 15 janvier 2008 :
 

  • d'améliorer le suivi de l'état des installations, notamment en mettant sous assurance qualité l'ensemble du processus allant de la prise d'échantillon à la vérification de l'efficacité du traitement biocide ainsi qu'en augmentant le nombre et la fréquence des prélèvements ;
     
  • de mettre en place un système permettant de constater l'efficacité des actions destinées à maîtriser le biofilm (substrat nécessaire à la prolifération des légionelles) ;
     
  • de justifier les dispositions relatives au suivi et à la limitation de la formation du tartre dans les tours aéroréfrigérantes car le tartre favorise la prolifération des légionelles ;
  • d'évaluer l'efficacité de l'injection séquentielle de biocide, expérimentée au Bugey, qui permet de réduire les rejets dans l'environnement, et de statuer sur les gains éventuels de sa généralisation aux autres centrales nucléaires ;
     
  • de poursuivre ses investigations sur les possibilités de limiter ou compléter l'utilisation de biocides par d'une part un traitement de l'eau d'appoint des tours aéroréfrigérantes et d'autre part une amélioration de la qualité organique de l'eau ;
     
  • d'approfondir l'étude d'impact d'un traitement biocide généralisé à l'ensemble des centrales nucléaires en bord de Loire.

 
L'ASN demeurera attentive aux résultats des études et expérimentations lancées par EDF ainsi qu'au respect des délais prévus pour la mise en oeuvre des actions.
 
Consulter l'avis de l'AFSSET
 
 
 

1 Ces tours permettent d'évacuer dans l'atmosphère, sous forme de vapeur d'eau, une partie de la chaleur produite par les réacteurs et de limiter ainsi l'impact des rejets thermiques sur les rivières.

2 Traitements biocides à base de chlore, destinés à réduire les concentrations en légionelles

Date de la dernière mise à jour : 18/09/2017