Nouvelle-Aquitaine et ex-Midi-Pyrénées : en 2019, le niveau de la sûreté nucléaire et de la radioprotection reste globalement satisfaisant

Publié le 15/06/2020 à 11:00

Communiqué de presse

A l’occasion de la parution du rapport de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) sur l’état de sûreté nucléaire et de la radioprotection en France, la division territoriale de Bordeaux de l’ASN présente les conclusions des actions de contrôle qu’elle a menées tout au long de l’année 2019 dans la région Nouvelle-Aquitaine et dans 8 départements de la région Occitanie (ex-Midi-Pyrénées).

Le contrôle des installations nucléaires

Centrale nucléaire du Blayais

Les performances de la centrale nucléaire du Blayais rejoignent l’appréciation générale que l’ASN porte sur EDF en matière de sûreté nucléaire, mais elles sont en retrait en matière de radioprotection. Les performances en matière de protection de l’environnement, bien que comparables à la moyenne du parc nucléaire, doivent être améliorées.

En matière de sûreté nucléaire, l’ASN estime que la centrale est en progression dans le domaine de la maintenance, et fait preuve d’une bonne maîtrise dans la réalisation des travaux pendant les arrêts de réacteur. Cependant, l’ASN constate encore des défauts dans la qualité de la documentation opérationnelle. Des défauts de surveillance en salle de commande, notamment dus aux sollicitations multiples des opérateurs, ont été relevés dans plusieurs événements significatifs

Dans le domaine de la radioprotection des travailleurs, la situation s’est dégradée sur différents aspects liés à la maîtrise de la propreté radiologique, au comportement des intervenants, ainsi qu’à l’organisation des chantiers.

Concernant la protection de l’environnement, l’ASN considère que l’exploitant tarde à apporter des solutions correctives pérennes aux pollutions historiques des sols et nappes souterraines détectées ces dernières années. Elle note toutefois que les investigations menées par le site progressent.

Centrale nucléaire de Civaux

Les performances de la centrale nucléaire de Civaux en matière de sûreté nucléaire, de radioprotection et de protection de l’environnement rejoignent globalement l’appréciation générale que l’ASN porte sur EDF.

Dans le domaine de la sûreté nucléaire, l’ASN considère que les opérations de conduite des réacteurs sont globalement menées avec rigueur.

Concernant la radioprotection des travailleurs, l’ASN estime que l’exploitant a fait des progrès dans la mise en œuvre des mesures de prévention. Néanmoins, le site doit améliorer la gestion de l’accès des intervenants à certaines zones présentant un niveau élevé d’exposition aux rayonnements ionisants.

Dans le domaine de la protection de l’environnement, l’exploitant doit améliorer sa stratégie de gestion d’un déversement accidentel de produits dangereux, afin d’éviter son transfert dans l’environnement. Les attentes de l’ASN ont été prescrites et les dispositions matérielles et organisationnelles mises en place par l’exploitant dans ce cadre seront contrôlées en 2020.

Les années à venir, beaucoup plus exigeantes en activités de maintenance, seront déterminantes pour s’assurer des progrès réalisés par la centrale nucléaire de Civaux.

Centrale nucléaire de Golfech

Les performances de la centrale nucléaire de Golfech en matière de protection de l’environnement rejoignent l’appréciation générale que l’ASN porte sur EDF mais ses performances en radioprotection sont en retrait par rapport à cette appréciation générale. Les performances en matière de sûreté nucléaire sont, quant à elles, nettement en retrait de l’appréciation générale que l’ASN porte sur le parc nucléaire. L’ASN considère qu’elles doivent faire l’objet d’une priorité pour l’exploitant ; elle en assurera un suivi rapproché en 2020.

Dans le domaine de la sûreté nucléaire, la qualité des opérations d’exploitation a continué à se détériorer en 2019. L’année 2019 a été marquée par la déclaration de nombreux événements significatifs pour la sûreté. Huit événements sont survenus pendant l’arrêt programmé du réacteur 2, dont un classé au niveau 2 de l’échelle INES.

L’ASN a conduit en octobre 2019 une inspection de revue à la centrale de Golfech, d’une durée d’une semaine, qui a impliqué 13 inspecteurs. Cette inspection a mis en exergue un manque de rigueur systémique dans la traçabilité, des insuffisances dans les analyses de risque et dans la maîtrise des fondamentaux de la conduite.

L’ASN a auditionné la direction de la centrale nucléaire de Golfech en janvier 2020, en présence de ses services centraux, pour qu’elle présente son diagnostic et le plan d’action mis en place pour remédier aux constats faits en 2019. L’ASN a attiré l’attention du directeur de la centrale sur la nécessité de mieux identifier, afin d’y remédier, les causes organisationnelles des dysfonctionnements et de veiller à la qualité des éléments transmis à l’ASN.

Domaine médical, industriel et recherche

En 2019, l’état de la radioprotection dans le domaine médicale est resté stable, aucune défaillance majeure n’a été détectée dans les domaines de la radioprotection des professionnels, des patients, de la population et de l’environnement. Néanmoins, des progrès sont encore nécessaires, par exemple, pour mieux anticiper l’arrivée de nouveaux équipements, de nouvelles pratiques et de nouveaux médicaments radiopharmaceutiques, mais aussi pour améliorer le niveau de culture de radioprotection chez des utilisateurs non spécialistes des rayonnements ionisants. Tel est le cas des chirurgiens, appelés de plus en plus à réaliser des actes radioguidés dans les blocs opératoires.

Un événement de niveau 2 sur l’échelle ASN-SFRO a été déclaré en septembre 2019 par le CHU de Bordeaux. Une erreur de latéralité lors du traitement d’un cancer de la cavité buccale, a été détectée à la 17ème séance. Cet évènement a donné lieu à une inspection réactive de l’ASN pour s’assurer de la complétude de l’analyse des causes profondes et constater la bonne mise en œuvre des actions correctives pour éviter le renouvellement d’un tel événement.

Dans le domaine de la radiographie industrielle, lors d’inspections, l’ASN a constaté des dysfonctionnements sur les systèmes de sécurité verrouillant les accès de certaines installations fixes. Des saisines de l’IRSN ont eu lieu sur la conformité de casemates anciennes.

Dans le domaine de la recherche, les inspecteurs de l’ASN ont mis en demeure en avril 2019 l’université Paul Sabatier de Toulouse d’évacuer ses sources périmées et ses déchets contaminés qui présentent les enjeux radiologiques les plus importants. A la suite de cette mise en demeure, l’université a accéléré ses démarches d’évacuation des sources et des déchets auprès de ses différents fournisseurs. Une inspection de recollement pour s’assurer de cette évacuation aura lieu en 2020.

La crise sanitaire de Covid-19 a soulevé de nouveaux enjeux

À la suite de la décision de confinement, l’ASN avait décidé de suspendre ses inspections sur site, sauf en cas de nécessité, pour privilégier les contrôles documentaires à distance. Les inspections de terrain ont progressivement repris, pour s’assurer notamment des dispositions de préventions face au risque covid-19, et vérifier que l’organisation des centrales n’était pas susceptible d’altérer le niveau de sûreté et de radioprotection. Entre le 15 mars et le 31 mai 2020, 4 inspections sur site et 7 inspections à distance ont été réalisées en régions Nouvelle-Aquitaine et ex-Midi-Pyrénées.

Les contrôles n’ont pas mis en évidence, à ce stade, de dégradation de la sûreté ou de la radioprotection des travailleurs. Tant les contrôles à distance que les inspections sur site ont confirmé qu’EDF a su mettre en place des organisations appropriées pour faire face au risque sanitaire (mesures barrières, plans de prévention) tout en maintenant le niveau de sûreté attendu. Les risques liés aux facteurs organisationnels et humains, susceptibles de survenir notamment du fait des changements dans le fonctionnement et l’organisation du travail, ont fait l’objet d’un examen particulier lors des inspections réalisées sur cette période.

L’ASN a suspendu ses inspections dans les établissements médicaux qui pratiquent des activités nucléaires, sauf exception. En revanche, elle a traité de manière prioritaire les demandes d’utilisation de matériels ou de locaux nécessaires à la gestion de l’épidémie (utilisation à des fins diagnostiques des scanners de médecine nucléaire par exemple). Les inspections vont désormais reprendre, sur un rythme adapté aux enjeux et aux capacités des établissements inspectés.

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), autorité administrative indépendante, assure, au nom de l’Etat, le contrôle de la sûreté nucléaire et de la radioprotection pour protéger les personnes et l’environnement. Elle informe le public et contribue à des choix de sociétés éclairés. Le rapport de l’ASN sur l’état de sûreté nucléaire et de radioprotection en France en 2019 est téléchargeable en ligne

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Evangelia PETIT, chef du service presse : evangelia.petit@asn.fr / 06 84 63 35 47
Marinette VALIERGUE, agence Equancy&Co : mvaliergue@equancy.com / 06 15 61 10 19

Date de la dernière mise à jour : 15/06/2020