L’ASN fait le point sur les contrôles qu’elle impose sur les cuves des réacteurs nucléaires en France

Publié le 17/08/2012 à 16:52

Communiqué de presse

En France, l’ASN assure le contrôle de la fabrication et du suivi en fonctionnement des principaux équipements sous pression des réacteurs nucléaires, et notamment la cuve. Un suivi spécifique de la construction de ces équipements est mis en place depuis 1974. Pour l’ensemble des composants des cuves des réacteurs français, des contrôles visant à détecter les défauts dans les pièces forgées ont été réalisés en cours de fabrication.

En outre, des contrôles par ultrasons des zones fortement irradiées des cuves des réacteurs français en service sont réalisés tous les dix ans.

Lors de contrôles réalisés en juillet 2012 sur la cuve du réacteur nucléaire de Doel 3 en Belgique, de nombreuses indications qui « pourraient s'assimiler à de potentielles fissures » ont été détectées.

Les contrôles effectués en France montrent qu’aucune cuve française ne présente de défauts de la nature de ceux en cause à Doel 3.

En France, deux types de défauts de nature différente ont été détectés. Ils sont identifiés, surveillés et ont fait l’objet d’information de la part de l’ASN :

  •  Les défauts sous le revêtement des cuves

Les cuves sont revêtues sur leur face interne d’une couche d’acier inoxydable destinée à les protéger de l’eau du circuit primaire. Un contrôle destiné à détecter spécifiquement des défauts sous le revêtement en acier inoxydable de la cuve est réalisé depuis 1991. Ce contrôle concerne toute la zone fortement irradiée de la cuve et s’étend largement au-delà du contrôle des seules soudures. 37 défauts ont été détectés sur les viroles[1] des cuves de réacteurs français, dont 20 sur la cuve du réacteur n°1 de Tricastin. Il s’agit de défauts de fabrication qui sont contrôlés périodiquement et n’évoluent pas en service.

Les défauts sous revêtement des cuves font l’objet d’une justification particulière qui démontre leur absence de nocivité. Cette justification est réexaminée périodiquement par l’ASN pour tenir compte du vieillissement des cuves et de l’évolution des connaissances et des informations disponibles. Le dernier réexamen de cette justification a fait l’objet d’une prise de position de l’ASN en septembre 2010, publiée sur son site Internet.

Les défauts sous revêtement sont des défauts isolés, bien identifiés, qui ne remettent pas en cause la qualité du métal sur une large zone et les raisons de leur apparition sont connues. A ce titre, ils ne sont pas comparables aux défauts détectés sur la cuve de Doel 3 sur laquelle plusieurs milliers de défauts regroupés ont été observés.

  •  Le défaut détecté dans une soudure de pénétration de fond de cuve[2] à Gravelines 1

En septembre 2011, un défaut a été observé sur une pénétration de fond de cuve du réacteur n°1 de Gravelines, ce qui a conduit l’ASN à demander une extension des contrôles réalisés dans cette zone des cuves.

Le défaut détecté était situé dans la soudure de la pénétration, constituée d’un alliage qui peut être sensible à la corrosion sous contrainte dans certaines conditions. EDF a pu démontrer l’absence de nocivité de ce défaut à court terme et a mis hors service la pénétration concernée en mettant en place parallèlement un dispositif de surveillance particulier du fond de la cuve.

L’ASN a également demandé à EDF de lui proposer une solution de réparation permettant l’élimination définitive du défaut.

Le défaut détecté à Gravelines, de par sa localisation, sa nature, et son caractère isolé, n’est pas comparable aux défauts en cause à Doel 3.

L’ASN rappelle que les actions à mener en cas de détection de défauts obéissent, en France, à des règles strictes précisées notamment dans l’arrêté ministériel du 10 novembre 1999 relatif à la surveillance de l'exploitation du circuit primaire principal et des circuits secondaires principaux des réacteurs nucléaires à eau sous pression.

Les défauts de type « fissure » doivent en particulier être réparés s’ils ne font pas l’objet d’une justification adaptée. Cette justification démontre l’absence d’évolution du défaut en toute situation, y compris accidentelle, en prenant en compte des marges imposées par la réglementation et en garantissant à chaque étape des calculs la prise en compte d’hypothèses pénalisantes.

L’ASN s’assure du respect de ces règles avant le redémarrage des réacteurs concernés.

Pour en savoir plus :

Contact presse : Evangelia Petit, chef du service presse, tél. : 01.40.19.86.61 - evangelia.petit@asn.fr

1. Les viroles de cœur, au nombre de 2 ou 3 sur les cuves françaises, sont des anneaux forgés d’environ 4 mètres de diamètre et 20cm d’épaisseur qui sont soudés entre eux et constituent le corps de la cuve, dans sa partie où elle abrite le cœur du réacteur.

2. Une pénétration de fond de cuve est un tube traversant le fond de la cuve du réacteur pour permettre l’introduction de sondes d’instrumentation dans le cœur du réacteur.

Date de la dernière mise à jour : 18/09/2017