Le fonctionnement des réacteurs nucléaires en période de canicule

Publié le 12/08/2020 à 14:35

Note d'information

Le fonctionnement des réacteurs nucléaires pendant les périodes de canicule est pris en compte dans leur démonstration de sûreté. Les températures considérées sont régulièrement réévaluées, notamment à l’occasion des réexamens périodiques (tous les dix ans), pour prendre en compte les évolutions climatiques.

Une période de canicule a trois conséquences principales sur le fonctionnement des réacteurs nucléaires.

Centrale de Golfech (crédits : EDF – Didier Marc / PWP).

Le fonctionnement des systèmes de sûreté en période de canicule

Le bon fonctionnement des équipements contribuant à la sûreté des réacteurs nucléaires est validé jusqu’à une certaine température ambiante. Des équipements de ventilation et de climatisation sont nécessaires pour que cette température ne soit pas dépassée.

Depuis les canicules de 2003 et 2006, EDF a renforcé les capacités des dispositifs de ventilation et de climatisation des locaux dans lesquels sont situés les systèmes de sûreté. Ces dispositifs font l’objet d’actions préventives d’entretien, de contrôle et de maintenance, de façon à ce qu’ils soient opérationnels en cas de canicule. Les règles générales d’exploitation des réacteurs prévoient les conduites à tenir en cas de défaillance de ces équipements. Ces conduites requièrent, en cas de besoin, la mise en œuvre de mesures spécifiques, voire l’arrêt du réacteur.

En complément, EDF adapte, entre avril et octobre de chaque année, le suivi de la situation et le niveau de mobilisation de ses équipes sur le sujet en fonction des prévisions météorologiques.

Le refroidissement du réacteur et la gestion des effluents en cas de sécheresse et d’étiage

Les réacteurs nucléaires doivent être refroidis en permanence pour assurer leur sûreté. À cette fin, de l’eau est prélevée dans un cours d’eau ou dans la mer.

Une période de sécheresse peut conduire à une baisse du niveau du cours d’eau et de son débit. L’exploitant doit s’assurer en permanence que les paramètres correspondants restent suffisants pour refroidir les systèmes de sûreté. Ces paramètres sont spécifiques à chaque centrale nucléaire.

Le débit du cours d’eau affecte également la dispersion des effluents liquides issus des réacteurs nucléaires. L’ASN a fixé, pour chaque centrale, une valeur minimale du débit du cours d’eau pour laquelle les rejets d’effluents peuvent être réalisés. En deçà de ce débit (situation d’étiage), les opérations de rejet d’effluents sont interdites et l’exploitant doit entreposer les effluents produits.

La maîtrise des rejets thermiques

L’eau prélevée dans les cours d’eau ou dans la mer pour refroidir le réacteur est, de manière générale, rejetée à une température plus élevée, soit directement, soit après refroidissement dans des tours aéroréfrigérantes permettant une évacuation partielle de la chaleur dans l’atmosphère.

Dans le cas des centrales nucléaires utilisant un cours d’eau, l’ASN a défini, pour chaque site, les conditions de rejet de l’eau utilisée pour le refroidissement. Afin de préserver l’environnement, notamment l’écosystème, l’échauffement du cours d’eau dû au fonctionnement de la centrale nucléaire, ainsi que la température de l’eau à son aval sont encadrés par des valeurs limites. En cas de dépassement des valeurs limites, l’exploitant doit réduire la puissance du réacteur ou l’arrêter. C’est pour cette raison que le réacteur 2 de la centrale de Golfech a été arrêté le 31 juillet dernier.

Depuis 2006, l’ASN a intégré dans les décisions encadrant les rejets des centrales nucléaires des dispositions visant à définir à l’avance les modalités de fonctionnement des centrales nucléaires dans des conditions climatiques exceptionnelles conduisant à un échauffement significatif des cours d’eau. Ces dispositions particulières ne sont néanmoins applicables que si la sécurité du réseau électrique est en jeu. Un assouplissement temporaire des valeurs limites des rejets thermiques peut aussi être autorisé par l’ASN, à la demande d’EDF, en cas de besoin du réseau électrique, comme cela a été le cas durant les épisodes caniculaires des étés 2003 et 2006. Dans ce cas, la surveillance de l’environnement est renforcée.

Point de situation au 12 août 2020

À ce jour, EDF a adapté le fonctionnement de certains réacteurs afin de respecter les valeurs limites définies par la réglementation. C’est notamment le cas des centrales du Blayais et de Golfech.

L’ASN n’a pas été sollicitée pour instruire une demande d’assouplissement temporaire. L’ASN suit avec attention l’évolution de la situation.

Date de la dernière mise à jour : 12/08/2020