Non-respect d’une exigence de sûreté-criticité lors de la réception d’un échantillon de matière fissile à l’installation Melox d’Areva NC (Marcoule)

Publié le 19/03/2009 à 17:06

Communiqué de presse

L’ASN classe l’incident au niveau 2 de l’échelle INES

L'ASN a décidé de classer au niveau 2 de l'échelle INES l'incident survenu le 3 mars 2009 sur l'installation nucléaire MELOX d’AREVA NC à Marcoule (Gard).
 
Le 3 mars 2009, à l’occasion d’une opération exceptionnelle de réception d’échantillons à base d’oxyde de plutonium et d’uranium en provenance d’une entité extérieure à l’installation, l’introduction d’une masse de matière fissile dans un poste de travail a conduit au dépassement de la limite de sûreté-criticité (1) applicable. Ce dépassement est dû à l’application d’une procédure inadéquate et non formalisée. Il n’est pas dû à une erreur humaine.
 
De plus, le logiciel de comptabilité des matières fissiles, qui permet la vérification du respect des limites autorisées lors de chaque entrée-sortie de matière, n’a pas généré d’alarme, car il ne prenait pas en compte ces opérations exceptionnelles. Ce sont les contrôles manuels, réalisés par les opérateurs lors de la prise de poste du lendemain matin 4 mars, qui ont révélé cette situation anormale et conduit l'exploitant à engager des actions correctives.
 
La limite définie dans le référentiel de sûreté de l’installation n’a été dépassée que de 1 %. Ce type de limite, qui fait l’objet de prescriptions de l’ASN, est établi à la conception de l’installation afin de conserver pendant l’exploitation une marge de sûreté-criticité très importante (à aucun moment, la masse présente ne doit excéder la moitié de la masse critique).
 
Du fait de cette marge, l’événement n’a pas eu de conséquence sur le plan de la criticité.
 
L’ASN a réalisé le 6 mars 2009 une inspection réactive afin d’évaluer les causes de cet incident et son impact sur la sûreté de l’installation.
 
L’ASN considère que les limites prescrites pour prévenir les accidents de criticité doivent faire l’objet d’un respect strict de la part des exploitants. Elle s’assurera que l’exploitant a tiré le retour d’expérience nécessaire concernant cet événement. L’exploitant devra notamment compléter son référentiel documentaire, modifier le logiciel de suivi de la matière fissile et améliorer la traçabilité des actions des opérateurs.
 
L’ASN met en place un suivi renforcé de l’installation concernant la prévention du risque de criticité. Elle sera amenée à réaliser une inspection renforcée sur ce thème dans les prochaines semaines.
 
Le non-respect de plusieurs exigences de sûreté de l’installation, considéré comme un facteur aggravant, a conduit l’ASN à classer cet événement du niveau 1 (proposé par Areva) au niveau 2 de l’échelle INES, qui en compte 7.

 
L’usine MELOX, située sur le site de Marcoule dans le Gard, fabrique des assemblages de combustibles MOX (mélange d’oxyde d’uranium et de plutonium) destinés aux réacteurs électronucléaires à eau légère.
 
(1) Un accident de criticité correspond au démarrage d’une réaction nucléaire non contrôlée lorsque la masse de matière nucléaire dépasse un certain seuil, appelé « masse critique ».

Date de la dernière mise à jour : 18/09/2017