Hauts-de-France : en 2019, le niveau de la sûreté nucléaire et de la radioprotection reste globalement satisfaisant

Publié le 03/06/2020 à 10:00

Communiqué de presse

A l’occasion de la parution du rapport de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) sur l’état de sûreté nucléaire et de la radioprotection en France, la division territoriale de Lille de l’ASN présente les conclusions des actions de contrôle qu’elle a menées tout au long de l’année 2019 en région Hauts-de-France.

Le contrôle des installations nucléaires

Centrale de Gravelines

L’ASN considère que les performances de la centrale nucléaire de Gravelines en matière de radioprotection et de protection de l’environnement rejoignent globalement l’appréciation générale portée sur EDF, mais que ses résultats en matière de sûreté nucléaire la placent en retrait par rapport à cette appréciation générale. L’amélioration des performances en matière de sûreté nucléaire perçue en 2018, notamment lors de l’inspection de revue menée du 14 au 18 mai 2018, ne s’est pas poursuivie en 2019. L’ASN constate notamment une dégradation des résultats en matière de fiabilisation des pratiques. L’exploitant doit également rester vigilant sur la disponibilité des systèmes attachés à la fonction de refroidissement.

En matière de protection de l’environnement, l’ASN considère que la centrale nucléaire de Gravelines doit mieux maîtriser la maintenance de ses installations de traitement des effluents radioactifs produits par l’exploitation des réacteurs.

Sur le plan de la radioprotection, l’ASN continue de noter des faiblesses dans la maîtrise des accès à certaines zones présentant des risques d’exposition radiologique.

Les sites et sols pollués et les sites miniers

L’ASN a poursuivi son action et a apporté son appui à la Dreal en matière de préconisations de sécurité relatives à la radioprotection dans le cadre d’un projet d’aménagement de la friche industrielle PCUK (Produits chimiques Ugine- Kuhlmann), sur laquelle sont entreposés des résidus de phosphogypse.

Domaine médical

En 2019, l’ASN considère que l’état de la radioprotection dans le domaine médical est resté stable, aucune défaillance majeure n’a été détectée dans les domaines de la radioprotection des professionnels, des patients, de la population et de l’environnement. Néanmoins, des progrès sont encore nécessaires, par exemple, pour mieux anticiper l’arrivée de nouveaux équipements, de nouvelles pratiques et de nouveaux médicaments radiopharmaceutiques, mais aussi pour améliorer le niveau de culture de radioprotection chez des utilisateurs non spécialistes des rayonnements ionisants. Tel est le cas des chirurgiens, appelés de plus en plus à réaliser des actes radioguidés dans les blocs opératoires.

Domaine industriel

Accélérateur du tunnel sous la Manche

Premier accélérateur destiné a contrôler des trains de fret en France installé à l’entrée du tunnel sous la Manche

L’ASN a autorisé en 2019 la détention et l’utilisation d’un accélérateur de particules sur le site SNCF de Fréthun (62), à l’entrée du tunnel sous la Manche, pour le contrôle des trains de marchandises circulant à destination de la Grande-Bretagne. Il s’agit du premier équipement de ce type installé sur le territoire français.

Un point sur les grands sujets pour 2020

La crise sanitaire de Covid-19 a soulevé de nouveaux enjeux

À la suite de la décision de confinement, l’ASN avait décidé de suspendre ses inspections sur site. Elle a néanmoins maintenu la possibilité de réaliser de telles inspections en cas de nécessité. Entre le 15 mars et le 15 mai 2020, 2 inspections sur site et 13 inspections à distance ont été réalisées en Hauts-de-France.

Les contrôles n’ont pas mis en évidence, à ce stade, de dégradation de la sûreté ou de la radioprotection des travailleurs. En particulier, tant les contrôles à distance que les inspections sur site ont confirmé qu’EDF a su mettre en place des organisations appropriées pour faire face au risque sanitaire (mesures barrières, plans de prévention) tout en maintenant le niveau de sûreté attendu. Les risques liés aux facteurs organisationnels et humains, susceptibles de survenir notamment du fait des changements dans le fonctionnement et l’organisation du travail, ont fait l’objet d’un examen particulier lors des inspections réalisées sur cette période.

L’ASN a suspendu ses inspections dans les établissements médicaux qui pratiquent des activités nucléaires, sauf exception. En revanche, elle a traité de manière prioritaire les demandes d’autorisation d’utilisation de matériels ou de locaux nécessaires à la gestion de l’épidémie (utilisation à des fins diagnostiques des scanners de médecine nucléaire par exemple). Les inspections vont désormais reprendre, sur un rythme adapté aux enjeux et aux capacités des établissements inspectés.

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), autorité administrative indépendante, assure, au nom de l’Etat, le contrôle de la sûreté nucléaire et de la radioprotection pour protéger les personnes et l’environnement. Elle informe le public et contribue à des choix de sociétés éclairés. Le rapport de l’ASN sur l’état de sûreté nucléaire et de radioprotection en France en 2019 est téléchargeable en ligne

En savoir plus :

Lire la partie consacrée à la région Hauts-de-France dans le rapport de l'ASN sur l'état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2019

     

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Contacts :
Evangelia PETIT, chef du service presse : evangelia.petit@asn.fr / 06 84 63 35 47
Marinette VALIERGUE, agence Equancy&Co : mvaliergue@equancy.com / 06 15 61 10 19

Date de la dernière mise à jour : 04/06/2020