Fonctionnement des réacteurs nucléaires en période de canicule

Publié le 23/07/2019 à 16:35

Note d'information

Le fonctionnement des réacteurs nucléaires pendant les périodes de canicule est pris en compte dans leur démonstration de sûreté. Les températures considérées sont régulièrement réévaluées, notamment à l’occasion des réexamens périodiques, pour prendre en compte les évolutions climatiques.

Une période de canicule a trois principales conséquences sur le fonctionnement des réacteurs nucléaires.

Fonctionnement des systèmes de sûreté en période de canicule

En cas d’épisode caniculaire, des équipements de ventilation et de climatisation sont nécessaires pour garantir le fonctionnement des systèmes de sûreté des réacteurs nucléaires.

Depuis les canicules de 2003 et 2006, EDF a renforcé les capacités de ventilation et de climatisation des locaux dans lesquels sont situés les systèmes de sûreté. Ces dispositifs requis en cas de canicule font l’objet d’actions préventives d’entretien, de contrôle et de maintenance. Les règles générales d’exploitation des réacteurs prévoient les conduites à tenir en cas de défaillance de ces équipements. Ces conduites requièrent, en cas de besoin, la mise en œuvre de mesures spécifiques, voire l’arrêt du réacteur.

En complément, EDF déploie entre avril et octobre de chaque année des règles particulières de conduite qui adaptent le niveau de mobilisation des organisations internes en fonction des prévisions météorologiques.

Refroidissement du réacteur et gestion des effluents en cas de sécheresse et d’étiage

Les réacteurs nucléaires doivent être refroidis en permanence pour assurer leur sûreté. A cette fin, de l’eau est prélevée dans un cours d’eau ou dans la mer.

Une période de sécheresse peut conduire à une baisse du niveau du cours d’eau et de son débit. L’exploitant doit s’assurer en permanence que ceux-ci restent suffisants pour refroidir les systèmes de sûreté. Ces paramètres sont spécifiques à chaque réacteur nucléaire.

Le débit du cours d’eau affecte également la dispersion des effluents liquides issus des réacteurs nucléaires. L’ASN a fixé, pour chaque centrale, une valeur minimale du débit du cours d’eau pour laquelle les rejets d’effluents peuvent être réalisés. En deçà de ce débit (situation d’étiage), les opérations de rejet d’effluents sont interdites et l’exploitant doit entreposer ses effluents.

Maîtrise des rejets thermiques

L’eau prélevée dans les cours d’eau ou dans la mer pour refroidir le réacteur est, de manière générale, rejetée à une température plus élevée, soit directement, soit après refroidissement dans des tours aéroréfrigérantes permettant une évacuation partielle de la chaleur dans l’atmosphère.

Dans le cas des centrales nucléaires utilisant un cours d’eau, l’ASN a défini pour chaque site les conditions de rejet de l’eau utilisée pour le refroidissement. Afin de préserver l’environnement, notamment l’écosystème, l’échauffement du cours d’eau dû au fonctionnement de la centrale nucléaire ainsi que la température de l’eau à son aval sont encadrés par des valeurs limites.

En cas de dépassement de ces valeurs limites, l’exploitant doit réduire la puissance du réacteur ou l’arrêter. Un assouplissement temporaire des valeurs limites des rejets thermiques peut être autorisé par l’ASN en cas de besoin du réseau électrique, comme cela a été le cas durant les épisodes caniculaires des étés 2003 et 2006. Dans ce cas, la surveillance de l’environnement est renforcée.

Point de situation au 23 juillet 2019

A ce jour, EDF a adapté le fonctionnement de certains réacteurs afin de respecter les valeurs limites définies par la réglementation. L’ASN n’a pas été sollicitée pour instruire une demande d’assouplissement. L’ASN suit avec attention l’évolution de la situation.

Date de la dernière mise à jour : 23/07/2019