Exercice de crise nucléaire à Chooz

Publié le 23/06/2000 à 00:00

Note d'information

Un exercice de crise nucléaire a eu lieu le 23 juin à la centrale nucléaire de Chooz. Cet exercice a permis de tester l'organisation que mettraient en place EDF et les pouvoirs publics afin de faire face à un accident nucléaire.

L'exercice, qui s'est déroulé de 6h30 à 16h environ, a mobilisé principalement les équipes de crise :

 

- de la préfecture du département des Ardennes. Le poste de commandement fixe (PCF) a été mis en place à la préfecture de Charleville-Mézières et a regroupé les principaux services de l'Etat (pompiers, gendarmerie, DRIRE, DDE, DDASS, ...) ainsi que des représentants de la Mission d'appui à la gestion du risque nucléaire (MARN) du ministère de l'Intérieur,

 

- de la Direction de la sûreté des installations nucléaires (DSIN), de son appui technique l'Institut de protection et de sûreté nucléaire (IPSN), et de la Direction régionale de l'industrie, de la recherche et de l'environnement (DRIRE) de la région Champagne-Ardenne,

 

- d'EDF, au niveau national et sur le site de Chooz,

 

- de l'Office de protection contre les rayonnements ionisants (OPRI), qui a mis en place un centre de crise dans ses locaux du Vésinet.

 

Les autorités belges ont été associées à l'exercice. Celui-ci a notamment permis de tester la coordination entre les pouvoirs publics français et belges en cas de crise nucléaire.

 

Lors de l'exercice a aussi été testée l'évacuation de deux blessés depuis le site nucléaire vers deux hôpitaux français et belges.

 

La situation accidentelle retenue dans le scénario de l'exercice comprenait plusieurs défaillances successives sur le réacteur nucléaire fictif numéro 3 de la centrale de Chooz. Le scénario a débuté par la perte de moyens électriques internes au réacteur numéro 3, entraînant l'arrêt automatique du réacteur. De nouvelles défaillances sont survenues ensuite : en particulier, une brèche est apparue sur le circuit primaire du réacteur, alors que les systèmes de sauvegarde destinés à assurer le refroidissement de secours du réacteur étaient indisponibles. Cette situation pouvant conduire à une fusion du coeur du réacteur, le préfet des Ardennes, sur le conseil conjoint de l'Autorité de sûreté et de l'OPRI, a décidé, vers 10h45, à titre de protection, la mise à l'abri des populations résidant dans un rayon de 5 km autour du site. Le début de fusion du coeur étant prévu vers 15h, le préfet a demandé à 13h40 aux populations dans un rayon de 5 km autour du site d'ingérer les comprimés d'iode stable.

 

A la fin de l'exercice, la situation était provisoirement classée au niveau 3 de l'échelle internationale des événements nucléaires (INES) qui compte 7 niveaux.

 

Une réunion d'évaluation générale de l'exercice réunissant l'ensemble des représentants des différents acteurs de l'exercice aura lieu le 20 juillet 2000 dans les locaux de la DSIN à Paris.

Date de la dernière mise à jour : 18/09/2017