Exercice de crise nucléaire à Cruas

Publié le 05/12/2000 à 00:00

Note d'information

Un exercice de crise nucléaire a eu lieu le 5 décembre 2000 sur la centrale nucléaire de Cruas. Cet exercice a permis de tester l'organisation que mettraient en place EDF et les pouvoirs publics afin de faire face à un accident nucléaire.
 
L'exercice a mobilisé principalement les équipes de crise :
 
- de la préfecture du département de l'Ardèche. Le poste de commandement fixe (PCF) a été mis en place à la préfecture de Privas et a regroupé les principaux services de l'Etat (pompiers, gendarmerie, DRIRE, DDE, DDASS ...) ainsi que des représentants de la Mission d'appui à la gestion du risque nucléaire (MARN) du ministère de l'intérieur ;
 
- de la Direction de la sûreté des installations nucléaires (DSIN), de son appui technique l'Institut de protection et de sûreté nucléaire (IPSN), et de la Direction régionale de l'industrie, de la recherche et de l'environnement (DRIRE) de la région Rhône-Alpes;
 
- d'EDF, au niveau national et sur le site de Cruas ;
 
- de l'Office de protection contre les rayonnements ionisants (OPRI), qui a mis en place un centre de crise dans ses locaux du Vésinet.
 
Cet exercice était à dominante "sûreté nucléaire", c'est-à-dire sans action de sécurité civile sur le terrain, afin de tester complètement les processus de décision.
 
La situation accidentelle retenue dans le scénario de l'exercice comprenait plusieurs défaillances successives sur le réacteur nucléaire fictif numéro 5 de la centrale de Cruas. Le scénario a débuté le 5 décembre vers 7h00 par une perte du circuit de réfrigération intermédiaire (RRI), puis a conduit à des défaillances supplémentaires, dont une fuite sur le circuit primaire entraînant un début de fusion du coeur vers 14h00.
 
Au vu de l'évolution de la situation l'Autorité de sûreté nucléaire, a tout d'abord conseillé au préfet de mettre à l'écoute la population résidant à moins de 5 km de la centrale. Puis, en raison de l'aggravation de la situation et constatant que seule une faible partie de la population résidant à proximité de la centrale disposait de comprimés d'iode stable à son domicile, malgré la récente campagne de distribution, l'Autorité de sûreté nucléaire a recommandé au préfet d'évacuer la population dans un rayon de 5 km.
 
L'exercice a été arrêté à 15h00, par convention d'exercice, sans que l'installation soit revenue dans un état sûr.
 
La situation aurait conduit à classer cet incident au niveau 4 de l'échelle internationale des événements nucléaires (INES) qui compte 7 niveaux.
 
Une réunion d'évaluation générale de l'exercice réunissant l'ensemble des représentants des différents acteurs de l'exercice aura lieu le 26 janvier 2001 dans les locaux de la DSIN à Paris.

Date de la dernière mise à jour : 18/09/2017