Dépassement de la limite de dose efficace annuelle réglementaire d’un travailleur en radiologie interventionnelle – Institut mutualiste Montsouris (75)

Publié le 04/07/2013 à 15:59

Communiqué de presse

Le 6 mai 2013, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a été informée par le chef d’établissement de l’Institut Mutualiste Montsouris qu’un radiologue salarié réalisant des actes radioguidés[1] avait reçu une dose efficace excédant la limite de dose maximale réglementaire de 20 mSv (milliSievert) au cours de douze mois consécutifs.

L’ASN a mené une inspection le 17 mai 2013 afin d’examiner les circonstances ayant conduit à ce dépassement de limite de dose efficace.

L’événement a été déclaré à la suite d’un signalement du médecin du travail à la direction de l’établissement en date du 29 avril 2013, consécutif à des dépassements répétés de dose efficace annuelle, depuis juillet 2012 (dose efficace de 22 mSv reçue sur janvier-juin 2012, puis de 35 mSv sur janvier –septembre 2012 et enfin de 48 mSv sur la totalité de l’année 2012).

A la suite de ces dépassements, le médecin du travail a prononcé un avis d’inaptitude à l’exposition aux rayonnements ionisants, une première fois le 29 janvier 2013, sans que cet avis ne soit suivi d’effet, puis une seconde fois le 22 mai 2013.

Cette défaillance dans le suivi médical du travailleur a été signalée par l’ASN au Médecin inspecteur régional du travail et de la main d’œuvre (MIRTMO), en date du 7 juin 2013.

A la suite de cette inspection, l’ASN a demandé à l’établissement de retirer le travailleur de toute activité l’exposant aux rayonnements ionisants, conformément aux avis d’inaptitude prononcés par le médecin du travail.

Par ailleurs, les inspecteurs ont constaté que le praticien, pourtant exclu de toute activité exposant aux rayonnements ionisants depuis le 29 janvier 2013, exerçait toujours en zone réglementée et qu’il ne portait pas le dosimètre opérationnel mis à sa disposition par l’employeur. Le praticien a également indiqué ne pas porter systématiquement les équipements de protection individuelle (tablier et protège-thyroïde) mis à sa disposition.

L’ASN rappelle d’une part l’importance du port des équipements de protection individuelle et considère qu’un travail d’optimisation des pratiques doit être mené afin de réduire l’exposition aux rayonnements ionisants. En outre, l’ASN a constaté qu’aucune dosimétrie complémentaire n’était mise à disposition et a demandé à l’employeur de revoir les études de postes et de mettre en place un suivi dosimétrique adapté, le cas échéant.

Enfin, l’ASN rappelle que la déclaration de tout événement significatif doit intervenir sans délai.

En raison du dépassement de la limite annuelle réglementaire d’exposition aux rayonnements ionisants corps entier pour un travailleur et du manque de culture de radioprotection constaté, l’ASN classe cet événement au niveau 2 de l’échelle INES, qui en compte 8.

Contact presse : Evangelia Petit, chef du service de presse, tél 01 46 16 41 42 evangelia.petit@asn.fr

 

1. Lors de la réalisation d’actes médicaux (infiltrations ostéoarticulaires par exemple), les radiologues utilisent des appareils émettant des rayons X qui permettent de visualiser le trajet de l’aiguille et de guider leur pratique. La réalisation de ces actes induit une exposition aux rayonnements ionisants, notamment au niveau des mains du praticien, qui peut être importante et qui varie selon la pratique individuelle, les paramètres d’acquisition de l’image radiologique et l’utilisation d’équipements de protection individuelle.

Date de la dernière mise à jour : 18/09/2017