L’ASN consulte sur un projet de décision encadrant le démantèlement des réacteurs UNGG d’EDF

Publié le 11/07/2019 à 09:00

Note d'information

Les réacteurs nucléaires de « première génération » d’EDF de type « uranium naturel-graphite gaz [1] » (UNGG) ont été arrêtés entre 1973 et 1994. Le combustible, qui représentait la quasi-totalité du risque, a été évacué. Les installations n’ont été que partiellement démantelées.

Les réacteurs de Chinon A1 et A2 ne disposent pas à ce jour des autorisations nécessaires pour réaliser la suite du démantèlement. La réglementation prévoit[2] que l’ASN fixe à EDF le délai de dépôt de leur dossier de démantèlement.

Les deux caissons des réacteurs graphite-gaz de la centrale nucléaire de Saint-Laurent-des-Eaux (Loir-et-Cher)
Les deux caissons des réacteurs graphite-gaz de la centrale nucléaire de Saint-Laurent-des-Eaux (Loir-et-Cher)

Les autres réacteurs UNGG (Bugey 1, Chinon A3, Saint-Laurent A1 et A2) disposent d’une autorisation de démantèlement suivant un scénario prévu par EDF au début des années 2000. Ce scénario consistait à remplir le cœur du réacteur en eau pour réaliser les opérations de démantèlement. EDF prévoyait de finir le démantèlement de ces réacteurs respectivement en 2024, 2027 et 2031. 

EDF a annoncé en 2016 que le scénario de démantèlement en eau posait des difficultés techniques majeures et qu’elle retenait finalement un scénario de démantèlement en air. Ce changement s’accompagne d’un report important des opérations de démantèlement des caissons[3] pour ces réacteurs, EDF estimant nécessaire de valider avec un démonstrateur industriel la faisabilité des opérations, puis de réaliser le démantèlement complet d’un caisson avant d’entamer le démantèlement des cinq autres caissons.

L’ASN prend acte des difficultés rencontrées pour la poursuite du démantèlement sous eau, et considère acceptable, vis-à-vis des risques, le changement de scénario pour un démantèlement en air. L’ASN estime que la réalisation d’un démonstrateur industriel est une étape pertinente. Néanmoins, l’ASN estime qu’attendre la fin du démantèlement du caisson d’un premier réacteur et son retour d’expérience, qui n’interviendrait qu’à l’horizon 2070, pour commencer le démantèlement des caissons des autres réacteurs n’est pas acceptable vis-à-vis de l’obligation d’un démantèlement dans un délai aussi court que possible. L’ASN estime toutefois que, compte tenu de la complexité de ces opérations encore jamais réalisées, il est acceptable d’attendre un retour d’expérience partiel du démantèlement du premier réacteur avant d’entamer le démantèlement des autres réacteurs.   

L’ASN envisage de prescrire à EDF de réaliser les opérations de démantèlement qui peuvent d’ores et déjà l’être et de déposer, au plus tard en 2022, les dossiers de modification de démantèlement qui s’imposent. Elle précise le contenu des scénarios qui devront être étudiés dans ces dossiers pour le premier réacteur et les cinq autres. Les opérations de démantèlement des caissons des cinq autres réacteurs doivent débuter au plus tard en 2055, délai laissant à EDF la possibilité de prendre en compte en partie le retour d’expérience du démantèlement du caisson de Chinon A2.

Par ailleurs, les filières de gestion des déchets, nécessitant potentiellement des entreposages, doivent être précisées dans ce cadre.

 
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[1] Chinon A1, A2 et A3, Saint-Laurent A1 et A2, Bugey 1

[2] Article 14 du décret n° 2019-190 du 14 mars 2019 codifiant les dispositions applicables aux installations nucléaires de base, au transport de substances radioactives et à la transparence en matière nucléaire

[3] Le caisson d’un réacteur UNGG renferme la partie ayant accueilli le cœur du réacteur

Date de la dernière mise à jour : 18/07/2019