L’ASN dresse le bilan de la première conférence internationale sur la radioprotection des patients dans le domaine de la radiothérapie

Publié le 10/12/2009 à 12:01

Note d'information

L’ASN a organisé à Versailles, du 2 au 4 décembre 2009, avec l’appui de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), de l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique (AIEA) et de la Commission Européenne et la participation des nombreux organismes et associations professionnelles et associations de patients, une première conférence internationale sur la radioprotection des patients dans le domaine de la radiothérapie.

Ont été présentés :

- les principales avancées dans le domaine des nouvelles technologies utilisées en radiothérapie externe et en curiethérapie ;

- un état des connaissances scientifiques et médicales disponibles sur les effets secondaires et les complications éventuelles liées à la radiothérapie et sur la radiosensibilité individuelle des patients ;

- les principaux enseignements du retour d’expérience des accidents et des actions préventives pour diminuer les risques.

Sous forme de tables rondes, des échanges sur l’acceptabilité du risque et sur l’information des patients ont été menés avec la participation et le témoignage de plusieurs associations de patients.

La conférence a réuni plus de 330 congressistes représentant 34 pays différents, fait appel à 50 orateurs choisis parmi les spécialistes mondiaux et permis d’exposer près de 70 posters. Elle a regroupé tous les professionnels ou organisations impliqués dans le domaine de la sécurité en radiothérapie, en particulier les professionnels de la santé, les associations de patients, les autorités représentatives et les constructeurs de matériel.

André-Claude Lacoste, président de l’ASN et le Professeur Jean-Marc Cosset, radiothérapeute de l’Institut Curie, membre de la commission internationale de protection radiologique (CIPR) et président du comité scientifique de la conférence ont conclu cette conférence en insistant sur les éléments suivants :

  • la place primordiale occupée par la radiothérapie dans le traitement et la guérison des cancers a été réaffirmée ;
  • les évolutions techniques dans ce domaine, bien qu’apportant des nouveaux bénéfices, génèrent aussi de nouveaux risques. La formation des opérateurs doit donc être renforcée et les premières utilisations de ces nouvelles techniques devraient faire l’objet d’une évaluation indépendante par les professionnels, selon des modalités à définir internationalement ;
  • les efforts aux niveaux local et international doivent être intensifiés dans le domaine de l’enregistrement et de l’analyse des effets indésirables et des complications des traitements. Des systèmes de déclaration des événements significatifs doivent être développés dans un but d’analyse et de retour d’expérience ;
  • la culture de sûreté dans les centres de radiothérapie doit continuer à progresser, via la mise en œuvre de l’assurance de la qualité et l’analyse des risques, par des professionnels formés et en nombre suffisant ;
  • une implication plus grande des autorités est nécessaire afin de promouvoir les actions dans les domaines de l’assurance qualité, de l’analyse de risque des bonnes pratiques cliniques et des audits cliniques ;
  • une coordination des programmes de recherche est indispensable afin de pouvoir disposer à terme de tests de radiosensibilité à la fois simples et rapides ;
  • une implication des patients et de leurs associations est souhaitable dans les domaines de l’évaluation de la qualité et de la sécurité des traitements et dans celui de la gestion du risque et de la communication.

Afin de permettre leur large diffusion, les présentations, les posters et la synthèse de la conférence, seront disponibles début 2010 sur le site internet de l’ASN.

L’ASN présentera prochainement les conclusions de la conférence devant le comité national, piloté par le Président de l’INCa, en charge du suivi du plan national d’actions pour la radiothérapie arrêté par la ministre de la santé. Cela permettra d’identifier les éventuelles actions complémentaires nécessaires. L’ASN poursuivra les consultations internationales avec l’AIEA, l’OMS et la commission européenne pour dégager de nouvelles initiatives ou recherches afin d’améliorer les connaissances et renforcer la sûreté des soins en radiothérapie.

Lors de la conclusion de la conférence, le président de l’ASN a souligné l’intérêt que présenterait l’organisation d’une nouvelle conférence internationale sur la radioprotection des patients d’ici deux ans. A l’évidence, l’ASN est prête à y contribuer.

  • Pour en savoir plus : consultez la revue Contrôle n°185 « La sécurité des traitements en radiothérapie externe: le point de vue des acteurs français. »

Date de la dernière mise à jour : 18/09/2017