Anomalie concernant certaines pompes de sûreté des réacteurs de 900 MWe d'EDF

Publié le 14/12/2005 à 00:00

Note d'information

Le 9 décembre 2005, EDF a informé l'ASN de la découverte d'une anomalie, classée au niveau 2 de l'échelle INES (échelle internationale des événements nucléaires), concernant les pompes des circuits d'injection d'eau de sécurité à basse pression (RIS BP) et d'aspersion d'eau dans l'enceinte (EAS) des réacteurs de 900 MWe.

Origine de l'anomalie

Lors de la mise en service des réacteurs de 900 MWe, des vibrations des pompes RIS BP et EAS avaient été observées. Des modifications permettant de les réduire et de les maintenir à un niveau acceptable ont été réalisées entre 1983 et 1987.

Toutefois, EDF a approfondi ses investigations afin de mieux comprendre les phénomènes et a réalisé des tests en grandeur nature sur banc d'essais avec, pour la première fois, de l'eau à la même température que celle susceptible de circuler dans ces pompes en cas d'accident. Ces essais ont révélé des vibrations anormales des moteurs des pompes, liées à la température de l'eau. Plus précisément, les vibrations sont provoquées par le soulèvement de l'arbre de transmission du moteur des pompes en raison de sa dilatation sous l'effet de la température de l'eau circulant dans les tuyauteries.

L'expertise des pompes ayant subi les essais n'a pas permis de déceler de signe de détérioration. Cependant, en raison d'un niveau de vibrations élevé, la fiabilité de ces pompes ne peut pas être démontrée, d'après EDF, au delà d'une trentaine d'heures dans certaines situations accidentelles.

Selon EDF, seules les pompes des circuits RIS BP et EAS des réacteurs de 900 MWe sont affectées par cette anomalie, les pompes des réacteurs de 1300 MWe étant équipées d'un dispositif permettant de compenser les dilatations thermiques de l'arbre de transmission et celles des réacteurs de 1450 MWe étant de technologie différente.

Conséquences sur la sûreté des réacteurs

En cas de fuite importante sur le circuit primaire du réacteur (accident dénommé « accident de perte de réfrigérant primaire »), l'eau qui s'échappe est collectée dans les puisards situés au fond du bâtiment du réacteur. Cette eau chaude est, d'une part réinjectée dans le circuit primaire grâce aux pompes RIS BP et, d'autre part dispersée dans l'enceinte de confinement par l'intermédiaire des pompes du circuit EAS, ce qui permet d'y diminuer la pression et la température.

Cette réinjection d'eau dans le circuit primaire a notamment pour but de permettre de continuer à refroidir le coeur du réacteur (constitué de combustible) et d'éviter l'accident grave de fusion du coeur.

Ce dispositif est dénommé fonction de recirculation et constitue une « ligne de défense » fondamentale de la prévention de l'accident de fusion du coeur sur les réacteurs à eau sous pression.

 En situation accidentelle, en cas de fuite sur le circuit primaire, en raison de la température élevée de l'eau circulant dans les circuits RIS et EAS, l'anomalie est susceptible de provoquer des dysfonctionnements des pompes RIS BP et EAS et donc la perte, à terme, de la fonction de recirculation.

L'anomalie n'a pas d'incidence sur le fonctionnement normal des réacteurs.

Actions engagées et perspectives

EDF a indiqué à l'ASN que l'anomalie pouvait être corrigée grâce notamment au remplacement du roulement supérieur du moteur des pompes par un roulement à double butée qui empêchera le soulèvement du rotor du moteur sous l'effet de la dilatation. EDF prévoit de réaliser ces remplacements sur l'ensemble des réacteurs de 900 MWe avant le 31 mars 2006.

L'ASN examine actuellement, avec son appui technique l'IRSN, le caractère suffisant de ces propositions et décidera si EDF doit mettre en oeuvre des actions complémentaires.

Date de la dernière mise à jour : 18/09/2017