Rapport de l'ASN 2020

Ces appareils peuvent aussi être utilisés pour des emplois plus spécifiques et donc plus rares, tels que la réalisation de radiographies en vue de la restauration d’instruments de musique ou de tableaux, l’étude de momies en archéologie ou l’analyse de fossiles. 3.1.2 L’évaluation de la radioprotection dans les activités de radiographie industrielle Les activités de radiologie industrielle sont des activités à forts enjeux et constituent depuis plusieurs années une priorité d’inspection pour l’ASN. En 2020, l’ASN a mené 147 inspections sur ce thème, ce qui est stable par rapport à l’année 2019 (150). En effet, malgré les conséquences de la crise sanitaire, l’ASN a maintenu un effort d’inspection significatif sur ce domaine d’activité. Même si les modalités de certaines inspections ont été adaptées afin d’effectuer tout ou partie des contrôles à distance, les inspecteurs de l’ASN ont continué à être présents sur le terrain. Ainsi, les 59 inspections de chantier, qui se déroulent généralement de nuit, ont été menées de manière inopinée. De plus, lorsque les contrôles ont été réalisés à distance, ils ont majoritairement été complétés par des contrôles ciblés sur place, dans le respect des consignes sanitaires. Le système de télédéclaration des plannings de chantier pour les entreprises prestataires en radiographie industrielle, mis en place par l’ASN en 2014, permet de faciliter l’organisation de ces contrôles. L’ASN constate que la quasi‑totalité des exploi­ tants concernés utilise couramment ce système pour déclarer les chantiers. Cependant, la fiabilité des informations trans­ mises est encore hétérogène. Les points d’amélioration portent notamment sur : ∙ la mise à jour des plannings lorsque ceux‑ci sont modifiés ; ∙ l’exactitude des informations de localisation du chantier (à ne pas confondre avec l’adresse de l’entreprise donneur d’ordre) ; ∙ l’exhaustivité de déclaration des chantiers. Au travers de ses inspections, l’ASN juge que la prise en compte des risques est globalement maîtrisée – de manière cependant contrastée entre les entreprises – à l’exception de la signalisation de la zone d’opération lors des chantiers. L’ASN constate que les entreprises ont, dans leur grande majorité, maintenu la rigueur nécessaire pour respecter les obligations réglementaires relatives à la désignation d’un conseiller en radioprotection (aucun écart relevé) et au suivi dosimétrique des travailleurs (moins de 10% d’écarts constatés). Par ailleurs, les inspecteurs ont constaté que la fréquence réglementaire de la maintenance des appareils de gammagraphie est respectée. La gammagraphie au sélénium-75 L’emploi de sélénium-75 en gammagraphie est autorisé en France depuis 2006. Mis en œuvre dans les mêmes appareils que ceux fonctionnant à l’iridium-192, l’emploi de sélénium-75 en gammagraphie présente des avantages notables en termes de radioprotection. En effet, les débits d’équivalent de dose sont d’environ 55 millisieverts (mSv) par heure et par térabecquerel (TBq) à 1 mètre de la source en sélénium-75, contre 130 millisieverts par heure par térabecquerel (mSv/h/TBq) pour l’iridium-192. Son utilisation est possible en remplacement de l’iridium-192 dans de nombreux domaines industriels, notamment en pétrochimie ou en chaudronnerie et permet de réduire considérablement les périmètres de sécurité mis en place et de faciliter les interventions en cas d’incident. En France, moins de 20% des appareils portables sont équipés avec une source de sélénium-75. Le déploiement du sélénium-75 a stagné au cours des derniers exercices. En effet, des difficultés rencontrées par les usines de fabrication en Russie ont provoqué une rupture d’approvisionnement dans toute l’Europe. Toutefois, l’ASN encourage toujours son utilisation, les difficultés actuelles n’étant que temporaires. De plus, les fabricants de sources scellées aux États‑Unis, qui ont longtemps délaissé cette technologie, proposent à présent ce type de sources. Un nouveau fabricant a ainsi été autorisé en 2019. Rapport de l’ASN sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2020 255 08 – LES SOURCES DE RAYONNEMENTS IONISANTS ET LES UTILISATIONS INDUSTRIELLES, VÉTÉRINAIRES ET EN RECHERCHE DE CES SOURCES 08 Schéma de principe de fonctionnement d’un gammagraphe

RkJQdWJsaXNoZXIy NjQ0NzU=