Rapport de l'ASN 2020

Ces données restent cependant trop imprécises pour identifier, pour chaque catégorie de sources d’exposition, les catégories ou groupes de personnes les plus exposés à l’exception du risque radon. 3.1  Les doses reçues par les travailleurs 3.1.1 La surveillance de l’exposition des personnes travaillant dans les installations nucléaires Le système de surveillance des expositions des personnes sus­ ceptibles d’être exposées aux rayonnements ionisants, travaillant notamment dans les INB ou dans les installations relevant du nucléaire de proximité, est en place depuis plusieurs décennies. Fondé principalement sur le port obligatoire du dosimètre à lecture différée pour les travailleurs susceptibles d’être expo­ sés, il permet de vérifier le respect des limites réglementaires applicables aux travailleurs.Ces limites visent l’exposition totale (depuis 2003, la limite annuelle, exprimée en termes de dose effi­ cace, est de 20 mSv sur 12 mois consécutifs), obtenue en ajoutant la dose due à l’exposition externe et celle résultant d’une éven­ tuelle contamination interne ; d’autres limites, appelées limites de dose équivalente, sont définies pour l’exposition externe de certaines parties du corps telles que les mains et le cristallin (voir rubrique « Réglementer » sur asn.fr ) . Les données enregistrées permettent de connaître, pour chaque travailleur, y compris ceux des entreprises extérieures, la dose d’exposition cumulée sur une période déterminée (mensuelle ou trimestrielle). Elles sont rassemblées dans le système d’informa­ tion de la surveillance de l’exposition aux rayonnements ionisants ( Siseri ) géré par l’IRSN et font l’objet d’une publication annuelle. Les résultats de l’exposition des travailleurs aux rayonnements ionisants présentés ci-après sont issus du bilan IRSN 2019 – La radioprotection des travailleurs – exposition professionnelle aux rayonnements ionisants en France . Sur le plan méthodologique, comme pour les deux années précédentes, le bilan IRSN 2019 a été exclusivement réalisé à partir des données de la surveillance individuelle de l’exposition externe des travailleurs enregistrées dans la base Siseri. Le bilan des années précédentes était, quant à lui, exclusivement élaboré par agrégation des synthèses annuelles demandées aux organismes de dosimétrie. En conséquence, les résultats de 2019 ne sont directement comparables à ceux de 2018 et 2017. Afin de pouvoir néanmoins établir des tendances, les résultats des années 2015 et 2016 ont été réévalués rétroactivement avec la nouvelle approche méthodologique (voir tableau 3). Les tableaux 1 et 2 présentent, par domaine d’activité et pour l’année 2019, la répartition des effectifs surveillés, de la dose collective (la dose collective est la somme des doses individuelles reçues par un groupe de personnes donné) et du nombre de dépassements de la limite annuelle de 20 mSv. Ils témoignent d’une grande disparité de la répartition des doses selon les secteurs. Par exemple, le secteur des activités médicales et vétérinaires, qui regroupe une part importante des effectifs surveillés (58%), ne représente que 8% de la dose collective ; par contre, le secteur de l’industrie du nucléaire civil qui ne représente que 22% des effectifs, comptabilise 40% de la dose collective et le secteur concerné par une exposition à la radioactivité naturelle qui ne représente que 6,4% de l’effectif total, comptabilise 47,7% de la dose collective. Le secteur industriel, quant à lui, représente 4% des effectifs et comptabilise 2,3% de la dose collective. Le tableau 3 montre que le nombre total de travailleurs suivis par dosimétrie externe à lecture différée est en augmentation d’environ 1% par an depuis 2015. En 2019, la dose collective (tous domaines confondus) atteint 112,31 homme.Sv, valeur en hausse de près de 8% par rapport à 2018 alors que la dose individuelle moyenne augmente de 7%. Ces augmentations sont principalement liées à l’augmentation du volume de travaux de maintenance dans le domaine nucléaire et à l’augmentation des doses reçues par le personnel navigant. En 2019, cinq dépassements de la limite réglementaire de 20 mSv pour la dose efficace ont été enregistrés (voir diagramme 2). Quatre dépassements concernent des professionnels du domaine médical et un dépassement concerne un travailleur du domaine « autres : secteur des organismes privés d’inspection et de contrôle ». Il convient de noter toutefois que, sur ces cinq cas de dépassements de la limite de dose efficace, trois ont été retenus par défaut en l’absence de retour du médecin du travail sur les conclusions de l’enquête. Concernant la dosimétrie des extrémités (doigts et poignets), le nombre de travailleurs suivis en 2019 est de 28 623 (soit 7% de l’effectif suivi). Sur l’ensemble des effectifs suivis, il y a eu un cas Sources et voies d’exposition aux rayonnements ionisants Inhalation Irradiation externe Contamination cutanée Irradiation externe Contamination interne par inhalation de substances radioactives Contamination cutanée Ingestion Irradiation externe Contamination cutanée et ingestion involontaire Irradiation externe Contamination interne par ingestion de denrées contaminées Contamination cutanée et ingestion involontaire 110 Rapport de l’ASN sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2020 01 – LES ACTIVITÉS NUCLÉAIRES : RAYONNEMENTS IONISANTS ET RISQUES POUR LA SANTÉ ET L’ENVIRONNEMENT

RkJQdWJsaXNoZXIy NjQ0NzU=