Livre blanc du Tritium

66 Le tritium dans l’environnement 5 1 Concentrations caractéristiques en milieu marin 5 2 1 Niveaux actuels et évolutions de la concentration de tritium dans les océans La concentration naturelle de tritium dans les eaux océaniques de surface devait être d’environ 0,1 Bq/L (ou 100 Bq.m-3) avant 1945. Elle a été plus que doublée du fait des retombées des essais nucléaires atmosphériques. Les apports industriels, en particulier ceux des usines de traitement des combustibles usés, sont actuellement les principales sources de tritium dans les écosystèmes marins. Plusieurs campagnes océanographiques menées par l’IRSN ont permis de cartographier les marquages en tritium dissous dans le proche Atlantique en 1994, 1998 et 2000 (Mer Celtique, Mer d’Irlande, Manche, Fig. 5.4). Les mesures ont été réalisées par enrichissement électrolytique et par décroissance de l’hélium-3 (CEA/DAM et Tritium Laboratory à Miami). Les résultats montrent clairement l’influence des rejets des usines de traitement de combustibles usés de La Hague en Manche et de Sellafield en Mer d’Irlande. Les activités volumiques mesurées varient de 0,3 à 10 Bq/L (soit 300 à 10 000 Bq.m-3) dans ces mers. En dehors de l’influence de ces usines, les contributions des autres installations nucléaires sont difficiles à déceler par les mesures de surveillance. La mise en évidence de l’influence des rejets de tritiumdes centrales nucléaires nécessiteraient la mesure de concentrations inférieures à 1 Bq.L-1 ce qui n’est pas pratiqué de manière usuelle. A proximité de l’émissaire de rejet de l’usine de La Hague, qui est la principale source de tritium en Manche, l’activité volumique moyenne de tritium mesurée dans l’eau de mer à la côte est d’environ 10 Bq.L-1. Parmi les 14 000 mesures effectuées au large, dans le panache de rejet de l’émissaire, l’activité mesurée la plus élevée est de 3600 Bq.L-1, correspondant à un rejet effectué une heure plus tôt. Depuis 1998, le nombre des campagnes de mesure des radionucléides dans les mers et les océans a fortement diminué. L’IRSN a pu obtenir des prélèvements lors de campagnes réalisées par des scientifiques français et étrangers (campagnes ARCANE, CIROLANA, OVIDE). Elles ont permis de préciser le bruit de fond des eaux de surface de l’Atlantique Nord (Fig. 5.5). Celui-ci est en baisse régulière du fait de la diminution des retombées atmosphériques des essais nucléaires. Les eaux de surface de l’Atlantique Nord ont présenté des activités volumiques de 131 à 164 Bq.m-3 en 2002, et de 101 à 125 Bq.m-3 en 2004. Ces mesures ont mis en évidence le retour des eaux marquées par les rejets industriels européens dans les eaux arctiques, le long des côtes du Groenland (215 – 377 Bq.m-3). Figure 5.4 - Activités du tritium dans les eaux de surface de l’Atlantique nord-est, a : septembre 1994, b : juillet 1998, c : mars 2000 (Bailly du Bois et al., 1999, 2002)

RkJQdWJsaXNoZXIy NjQ0NzU=