Livre blanc du Tritium

54 Le tritium dans l’environnement 3 2 10 Institut Laue-Langevin (ILL) de Grenoble Origine et activités rejetées. Le réacteur à haut flux (RHF) de l’ILL (INB 67) met en œuvre des flux de neutrons pour la recherche (neutronographie et structure de la matière). Il fonctionne par cycles de 56 jours. Les rejets principaux liés à l’exploitation de ce réacteur sont des effluents gazeux tritiés. Depuis une dizaine d’années, les activités de tritium dans les rejets gazeux sont comprises entre 5 et 30 TBq/an (Tab. 3.10). Tableau 3.10 - Bilans annuels des rejets de tritium du réacteur de l’ILL à Grenoble (rapport ILL, 2008) Type / année 2006 2007 2008 Rejets gazeux (TBq/an) 26,6 26,6 13,1 Rejets liquides (GqB/an) 36,7 53,4 24,2 3 2 11 Déchets nucléaires immergés en mer Du tritium est présent dans les déchets nucléaires immergés en mer de 1949 à 1982, principalement dans l’Atlantique du nord-est. L’inventaire est de l’ordre de 4.10 16 Bq de tritium (environ 112 g). 3 3 Synthèse Hors gaz rares, le tritium est aujourd’hui, avec le carbone 14, l’un des deux principaux radionucléides rejetés par les installations nucléaires françaises en fonctionnement normal, que ce soit dans les rejets gazeux ou dans les rejets liquides. Les rejets liquides actuels contiennent globa- lement plus de 90 %des rejets totaux de tritium. Ils sont essentiellement dus aux installations du cycle du combustible nucléaire (CNPE et trai- tement des combustibles irradiés) alors que les rejets gazeux sont prin- cipalement dus aux activités liées à des applications militaires (Fig. 3.6). Contrairement aux autres radionucléides produits par ces installations, pour lesquels les activités rejetées ont diminué d’un facteur 100 ou plus durant les 20 dernières années, les activités de tritium rejetées restent globalement constantes ; elles augmenteront même dans les années à venir, avec le passage à de nouveaux modes de gestion du combustible dans les CNPE puis avec le développement du projet ITER. En 2008, le fonctionnement des installations nucléaires, en France métropolitaine, a conduit au rejet dans l’atmosphère d’une masse totale de 1,7 g de tritium dans les effluents gazeux et d’une masse totale de 25,7 g dans les effluents liquides. Ces valeurs sont à comparer avec l’inventaire mondial de tritium ayant pour origine les anciens essais militaires aériens, estimé en 2007 à 35 kg présents essentiellement dans les océans. Les 3,5 kg de tritium d’origine naturelle présents dans la biosphère correspondent à une production de 201 g par an. Figure 3.6. - Bilans 2008 des activités de tritium rejetées par les principales installations nucléaires françaises

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