Livre blanc du Tritium

32 Sources de production et gestion du tritium produit par les installations nucléaires Concernant le centre CEA de Valduc, l’évolution des rejets de tritium dans les effluents gazeux pour la période 1969-2007 est reportée sur la figure ci-après. Les rejets gazeux sont liés principalement aux activités de production des composants nucléaires des armes (dont la purification du tritium) et au traitement et à l’entreposage des déchets tritiés produits. Les rejets en tritium gazeux du CEA/Valduc ont conduit à un marquage en tritiummesurable des eaux du sol, des nappes et des cours d’eau (l’activité volumique des eaux des sources a dépassé les 1000 Bq/L dans les années 1975-1980). Ces rejets ont considérablement décru et sont passés d’environ 35 000 TBq.an-1 (100 g.an-1) à un peumoins de 350 TBq.an-1 (1 g.an-1) actuellement (rejet de 251 TBq en 2007), correspondant à moins de 20%de la limite actuelle de l’autorisation de rejet annuel (1850 TBq). La diminutiondes rejets résulte principalement de l’améliorationde la conceptiondes installations manipulant du tritium (confinement du procédé, limitation des fuites…), de la mise en place d’un traitement de l’air (ajout de modules de détritiation sur les réseaux de ventilation des boîtes gants, entreposage en bidons de polyéthylène ou piégeage sur zéolithe des quantités d’eau tritiée récupérées…) et de la mise en oeuvre d’une politique de traitement des déchets tritiés [23][24]. Le traitement des déchets tritiés constitue actuellement la principale source de rejets (de l’ordre de 80 % des rejets totaux). Seuls les déchets solides de forte activité sont traités pour diminuer leur taux de dégazage et par conséquent diminuer les rejets de tritium. Les déchets métalliques issus de la première barrière de confinement en contact direct avec le tritium (circuits de procédé) sont triés, découpés et fondus sous vide, les déchets solides organiques fortement dégazants provenant de la deuxième barrière (gants et panneaux de boîtes à gants, emballages en vinyle…) étant déchiquetés, étuvés et compactés. L’air extrait des boîtes à gants dans lesquelles sont effectuées ces opérations, est détritié, produisant ainsi de l’eau tritiée piégée ensuite sur des zéolithes, elles-mêmes conditionnées en conteneurs étanches en attente de recyclage. Les déchets détritiés récupérés sous forme de lingots ou de colis compactés sont conditionnés puis dirigés vers les installations d’entreposage de « faible activité » (taux de dégazage des colis inférieur à 50 MBq.j-1.colis-1), les déchets non traitables, solides ou liquides, provenant notamment de la deuxième barrière de confinement (structures de boîtes à gants, gaines de ventilation, métaux divers…), étant dirigés vers les entreposages de « moyenne activité » (taux de dégazage des colis supérieur à 50 MBq.j-1.colis-1). Le taux de dégazage moyen de ces entreposages est de l’ordre de 1 %par an enmoyenne et dépend principalement de la température ambiante. Les déchets anciens les plus dégazants ont été, quant à eux, mis en surfûts dans l’attente de leur traitement. Enfin, il faut noter que le centre de Valduc ne dispose plus d’autorisation de rejets liquides depuis 1995 (rejet maximal de 3 mg (1 TBq) en 1975 puis de 30 à 300 µg (0,01 à 0,1 TBq) de 1975 à 1995). Concernant le centre CEA de Bruyères-le-Châtel, l’évolution des rejets de tritium dans les effluents gazeux durant la période 1972-2007 est reportée sur la figure ci-après. Les rejets gazeux actuels de tritium sont liés principalement aux activités d’assainissement et de démantèlement des installations « tritium » (ces activités ayant été progressivement transférées sur le centre de Valduc) et sont dus en particulier au dégazage des bâtiments et des colis de déchets conditionnés, les unités de détritiation ayant été par ailleurs démantelées. Il faut noter que la grande majorité des déchets tritiés produits seront traités dans les unités de traitement du centre de Valduc ou directement entreposés sur ce site. Les rejets ont considérablement Rejets atmosphériques de Tritium à Valduc en gramme par an de 1969 à 2007 Rejets atmosphériques de Tritium à Bruyères en gramme 1972 vs 1969

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