Livre blanc du Tritium & bilan des rejets de tritium pour les INB

191 Rejets marins de tritium  AVERTISSEMENT Utilisation de données environnementales acquises lors de la surveillance réglementaire des installations nucléaires dans une étude radio écologique. Dans certaines contributions au livre blanc de l’ASN sur le tritium, comme lors des dernières réunions des GT tritium, il nous est reproché de manière récurrente et appuyée par certains interlocuteurs institutionnels et les repré- sentants des exploitants, d’utiliser dans un article traitant de radio écologie des données essentiellement issues de la surveillance réglementaire des instal- lations nucléaires, et non des données destinées à des études scientifiques. L’utilisation des mesures de la surveillance réglementaire dans un article traitant de radio écologie n’est pas un procédé nouveau. Ces données ont été la base essentielle des travaux du Groupe Radioécologie Nord Cotentin 1 . Lors des travaux du GRNC, les exploitants ont pris toute leur place dans la collation des données et leur exploitation. Entre 1997 et 1999, les représen- tants d’AREVA NC et d’EDF notamment n’ont exprimé aucun désaccord sur la construction des travaux du GRNC, comme de sa conclusion. Le Groupe d’Étude Pluraliste (GEP), chargé de dresser un état des lieux autour des anciennes mines d’uranium, travaille actuellement lui aussi à partir de données majoritairement issues de la surveillance réglemen- taire. A notre connaissance, l’exploitant AREVA NC, partie prenante des GEP, n’a pas remis en cause ses propres mesures issues de la surveillan- ce réglementaire imposée par arrêtés préfectoraux. Les travaux du COMARE pour le site de Sellafield ont été menés à partir de données similaires. Sans les données de la surveillance réglementaire des organismes institutionnels au Royaume Uni et des exploitants nucléaires en France, il ne pouvait y avoir de travaux COMARE et GRNC. Les données anglaises que nous utilisons sont basées sur des déterminations effectuées par le CEFAS (Center for Environment and Aquaculture Science), agence exécutive du gouvernement britannique pour l’environnement, l’alimentation et les affaires rurales. Concernant la radioécologiemarine ce laboratoire est l’équivalent au laboratoirede radio écologie de laManche de l’IRSN ; il est doté d’un effectif de 500 personnes et d’un financement institutionnel. Les analyses environnementales du CEFAS sont publiées dans les rapports annuels RIFE. Dans les rapports RIFE, les données environnementales OBT et HTO sont publiées sous forme de moyennes annuelles, avec le nombre de déterminations annuelles pour chaque matrice. Nous avons exploité l’équivalent de 1 000 déterminations, recueillies de 1999 à 2008 : • 500 déterminations pour le site de Sellafield, données dans la faune marine, toutes supérieures à la limite de détection , et moyenne > 100 Bq/kg frais ) ; • 300 déterminations pour les sites des centrales nucléaires deWylfa, Heysham et Chapelcross, toutes ces déterminations < seuil de détection de 25 Bq/kg frais ) ; • 220 déterminations pour le site particulier de Cardiff, où les algues se révèlent être 100 fois moins contaminées en tritium total que la faune marine, toutes supérieures à la limite de détection . Nos contradicteurs nous opposent 182 (91 x 2) déterminations effec- tuées récemment dans l’environnement de la Hague, en omettant de préciser que ces déterminations ont été effectuées « de 2000 à 2008 », dans un espace géographique très large : « prélevés en Manche », et que 79 % de ces déterminations concernent les algues et les patelles ou les ormeaux, bio indicateurs peu susceptibles de concentrer le tritium si l’on veut bien prendre en compte le retour d’expérience de la sur- veillance réglementaire du site de Cardiff. Bilan des déterminations HTO et OBT dans la faune marine, période 2000 à 2008 • Site de Sellafield : nous avons 500 déterminations dans diver- ses espèces de la faune benthique, prélevées régulièrement sur le même site, bien localisées devant Sellafield. • Site de la Hague : nous avons 36 déterminations ponctuelles dans les mêmes matrices, avec une localisation totalement imprécise: « en Man- che », ce qui est un peu court pour conclure que la bioaccumulation est inexistante dans la faune marine devant l’émissaire marin de la Hague. 3 mars 2010 Signataires : Jean-Claude Amiard, Pierre Barbey, André Guillemette, Monique Sené et Jean-Claude Zerbib, membres du Groupe Radioécologie Nord-Cotentin Rejets marins de tritium : Etude comparative des sites de retraitement de La Hague et de Sellafield André Guillemette 1 , Jean-Claude Zerbib 2 1 Association pour le Contrôle de la Radioactivité dans l’Ouest (ACRO) 2 Groupe Radioécologie Nord-Cotentin 1 500 000 déterminations, laboratoires exploitants 75 %, laboratoires institutionnels 22 %, laboratoires ONG 3 %. Groupe Radioécologie Nord-Cotentin, Sous-groupe 2. Rapport final, avril 1999. 4 CHAPITRE

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