Un accident nucléaire décrédibiliserait les territoires, l'agriculture et l'alimentation au-delà des frontières des territoires contaminés

La méthode suivie fut celle de l'audit patrimonial, un processus de co-expertise très sécurisé qui permet de mobiliser l'expertise des acteurs publics et privés concernés par le même problème « complexe et multi-acteurs ».

Ils sont alors interrogés à double titre : en tant qu'expert de leur activité propre et du point de vue de leur connaissance du système global de prise en charge du problème dans lequel ils s'inscrivent.

Cet audit patrimonial a conduit à mettre en tension plusieurs dimensions : une dimension sociétale, celle de la gestion effective de la sécurité de l'approvisionnement en tant de crise par l'ensemble des acteurs de la société, une dimension étatique, interne, celle de l'action de l'Etat à travers les processus de sécurité et de défense, et une dimension plus spécifiquement nucléaire.

La question de la crise du vivant découlant d'un accident nucléaire a été posée, mais nous avions également d'autres préoccupations en matière de sécurité alimentaire ; la démarche était très large et très ouverte et à durée plusieurs années (près de 800 auditions et 17 auditeurs…).

Un enseignement, à la fois très fort et très simple, se dégage. Entre-temps, Tchernobyl est arrivé et nous avons bien évidemment suivi de très près cette situation. Un accident de référence beaucoup moins important que Tchernobyl pourrait d'ores et déjà avoir pour effet de décrédibiliser les territoires, l'agriculture et l'alimentation, d'opérer une disjonction entre l'alimentation et les territoires de production et donc de ruiner une bonne part des territoires ruraux français…

Date de la dernière mise à jour : 07/12/2009